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Interview


Le monde de demain selon Solenn Thomas


Chasseuse de tête et fondatrice du mouvement Eklore

Avril 2018, à Paris

Le monde de demain selon eux

« Le bon manager c’est celui qui sait qu’il n’est pas un bon manager et qui fait tout pour s’améliorer au quotidien.

Depuis de nombreuses années, Solenn Thomas chasse les talents pour les plus grandes entreprises. Après un voyage au cours duquel elle a pu explorer son intériorité, elle crée l’association Eklore avec pour ambition de diffuser une culture humaniste dans les entreprises. Après une première édition à succès, l’association organise le 3 avril prochain le 2ème Festival Eklore.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je fais du recrutement de cadres dirigeants de haut potentiel dans un cabinet de chasse depuis plus de 12 ans. Parallèlement j’ai décidé de m’engager pour participer à la transformation humaine du monde du travail en créant le mouvement Eklore.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le mouvement Eklore ?

Eklore est né en 2015. Nous animons des communautés sur les réseaux sociaux et créons des événements exclusifs : ateliers philo, cabaret de femmes, un Festival. Nous avons organisé plus de 200 événements à Paris, Nantes et Lyon qui ont permis de rassembler plusieurs milliers de membres dans la vie réelle et sur les réseaux sociaux.
Eklore est un mouvement culturel pour fédérer ceux et celles qui croient qu’un monde du travail plus humain est possible. Nous sommes convaincus qu’aucune transformation sociétale n’est possible si nous ne commençons pas par changer nos représentations.
Notre message premier est le suivant : « face aux problèmes dans le rapport au travail, nous portons le germe des solutions » ou pour citer Gandhi « soit le changement que tu veux voir dans le monde ».
L’enjeu d’une existence épanouissante au travail, c’est d’arriver à se réalise soi-même avec les autres. Le développement personnel est important mais non-suffisant : il doit impliquer aussi un développement de l’inter-personnel. Notre développement humain au travail doit se traduire très concrètement par la transformation de nos relations au travail. Ne croyons pas que pour être heureux il faut quitter le parvis de la Défense pour aller élever des chèvres dans le Larzac. Le terreau des entreprises et la tyrannie du chiffre qui y règne est un terreau fertile pour apprendre à se connaître, à communiquer avec les autres et à faire évoluer le système.

Vous organisez pour la 2ème fois le Festival Eklore, pourquoi ?

La vocation d’Eklore est de diffuser une culture plus humaine au travail. Lorsque l’on agit au niveau de la culture, il n’y a pas de produit à offrir. Donc je me suis dit que la meilleure manière d’agir sur les mentalités était de faire vivre des expériences. Par exemple, pour expliquer à un enfant ce qu’est l’amour entre deux individus, même avec toutes les encyclopédies du monde il ne saura pas ce que c’est ; il devra attendre de l’expérimenter lui-même pour savoir ce qu’aimer signifie. Pour diffuser une culture plus humaniste au travail, c’est pareil, il faut faire vivre des temps d’expériences profondément humaines. C’est donc un festival, pas un salon, avec un foisonnement d’expériences. Il a lieu le 3 avril dans un lieu magique : l’Hôtel de Ville de Paris.
Nous avons identifié cinq grands défis humains au travail : donner du sens aux jeunes, innover par la reconnaissance de la neurodiversité, repenser notre rapport au pouvoir par le féminin, voir la performance au-delà des handicaps, apprendre à manager son égo autant de celui de ses collaborateurs. Ces thématiques ont été pensées à travers les tensions exercées par deux termes qui créent une problématique. En changeant notre regard sur les différents termes mis en tension, nous faisons « eklore » une solution. C’est le propos de la maïeutique en philosophie.

À qui s’adresse ce Festival ?

Nous donnons rendez-vous aux managers, entrepreneurs, dirigeants et plus globalement aux acteurs du changement au travail qui ont décidé de relever les défis humains en entreprise. Aujourd’hui, ceux qui œuvrent pour plus d’humain sont dispersés et souvent perçus comme des extraterrestres.
En octobre 2016, notre première édition avait réuni 1500 personnes et s’adressait aux personnes en quête de sens et d’emploi. Cette année nous nous adressons davantage aux personnes qui donnent du sens et exercent des responsabilités sur d’autres personnes.
En agissant auprès d’eux, nous nous sommes dit que nous allions parvenir plus rapidement et facilement à diffuser cette culture humaniste au travail. Evidemment, un collaborateur qui n’a pas de prise sur des équipes mais se sent en résonance avec notre initiative reste plus que bienvenu !

Quelles sont les spécificités de ce Festival ?

Il y a trois façons de changer positivement le monde : l’action directe, le verbe créateur et l’intention féconde. Beaucoup d’événements sur le changement au travail sont très bien faits sur le papier, mais il manque souvent un supplément d’âme, une belle intention ; ça devient de la communication. Dans ce festival, nous cherchons d’abord à distiller de l’humain.
Nous aurons plus de 100 bénévoles le jour J qui viendront écouter et accompagner : l’énergie de l’événement est très différente d’ailleurs. Nous avons prévu un rythme « doux », il y aura trois espaces en parallèle : s’inspirer (tables rondes et interludes artistiques), s’intérioriser (méditation, yoga, etc.) et partager (vivre des ateliers de co-développement…et se nourrir !). Cela permet à chaque personne, à chaque instant, d’aller là où elle a envie d’être.
Une dimension très importante aussi, avec ce festival nous faisons du militantisme ! Nous voulons donner rendez-vous à tous ces colibris (NDLR : écho au mouvement citoyen « colibris » initié par Pierre Rabhi) qui peuvent participer à la création d’une nouvelle conscience collective.
Enfin, ce qui fait aussi la singularité du Festival Eklore, c’est la qualité des intervenant(e)s. Nous ne sommes pas allés chercher des « têtes d’affiches », nous sommes allés chercher des belles personnes, dans des univers très hétérogènes.

Qu’est-ce qu’un bon manager et qu’est-ce que le « leadership authentique » ?

Le bon manager c’est celui qui sait qu’il n’est pas un bon manager et qui fait tout pour s’améliorer au quotidien.
Concernant le leadership authentique, il faut d’abord définir la notion souvent floue de leadership. Le leadership, c’est une capacité de vision, d’entraînement des équipes et de réalisation sur le terrain. L’authenticité c’est, à chaque instant, reconnaître la tension exercée entre le monde extérieur et son monde intérieur et assumer cette tension dans toutes les dimensions de notre être : émotionnelle, intellectuelle, relationnelle…
Aussi, un leader authentique, c’est quelqu’un qui donne une vision, mais une vision personnelle. Une impulsion aux équipes, mais sans se monter autoritaire et singer le pouvoir. Et qui réalise sur le terrain, mais en cherchant l’exemplarité et la justesse.

Vous avez une baguette magique dans la main, qu’est-ce que vous changez là maintenant, dans le monde du travail ?

J’aimerais que le monde professionnel ne s’oppose plus au monde personnel. Que chacun puisse vivre dignement et exprimer en même temps ses talents. Nous avons tous des talents, des sensibilités et des formes d’intelligence, quelles qu’elles soient ; mon rêve c’est que chacun puisse les reconnaître en lui et chez les autres pour créer un monde riche de nos complémentarités. Un monde du travail riche de notre humanité.

Quelles sont les 3 grandes tendances du monde de demain selon vous ?

La première, c’est la réintégration des pratiques d’intériorité comme la méditation, la prière, le yoga… Dans tous les champs de la vie : travail, école, foyer.
La deuxième, le déploiement d’organisations plus libérées, horizontales, coopératives, il y a plein de termes pour le dire. Nous ferons tomber des cloisons et ouvrirons les écosystèmes.
La troisième tendance, c’est l’intelligence artificielle. Elle va nous mettre en responsabilité d’aller chercher et conquérir l’intelligence humaine. Il est aujourd’hui urgent d’exprimer nos potentialités et vertus proprement humaines.
La quatrième tendance (bonus !), c’est la reconnaissance et la valorisation du « travail invisible », celui des relations humaines ou même celui que l’on fait à l’intérieur de soi, pour apprendre à se connaître.

Quel a été votre dernier effet « wahou » ?

J’ai rencontré samedi un entrepreneur à qui j’ai parlé du projet Eklore et qui m’a proposé de nous accompagner pour amplifier notre événement. Il m’a proposé que l’on se revoie le lendemain. Il a réuni quatre personnes de son entreprise, nous étions également quatre de chez Eklore et nous avons passé l’après-midi ensemble, un dimanche après-midi précisément, sans avoir eu l’impression de travailler. Nous étions tous au service d’une même cause avec une même vision, il n’y avait plus de travail ou de loisir : nous étions juste au service d’une même vision !


Pour adhérer à l’association Eklore, c’est là.





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