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Interview


Le monde de demain selon Pierre Alzingre


Fondateur de Visionari, agence de conseil en innovation

le 6 décembre 2014, à Paris

Le monde de demain selon eux

« La Génération Z est plus solidaire, plus entreprenante que les générations précédentes [...]. Je suis certain qu'elle va faire exploser les régimes en place, non par la révolution, mais par une simple clarté d’esprit associée à la force de l’action.

Pierre Alzingre est le fondateur de Visionari, une agence de conseil en innovation qui aide les marques et les entreprises autour de deux objectifs : développer la marque comme un symbole de qualité et de garantie, et concevoir l’'innovation comme un outil de management et de pérennité pour l’'entreprise. Visionari conçoit également des événements collaboratifs comme La Start-up est dans le pré, Start’up Lycées ou Start'up Game dans les universités ou les écoles de commerce.


Quelles sont d’'après vous les trois tendances à l’'oeuvre aujourd’hui et qui font le monde de demain?

La première est le pouvoir du « je » - dont le selfie est l'une des expressions. Tout est tourné vers « moi », car tout le monde peut me voir, m’'écouter, m’'entendre, me lire. « Je » n’'a jamais été aussi important, car comme une grande majorité d’'occidentaux, je peux prendre la parole et être entendu sur les réseaux sociaux. C'est une première dans l’'histoire de l’'humanité: une vraie démocratie participative dont on a vu assez rapidement les limites d'ailleurs, notamment en politique. La puissance du « je », c’'est une façon en marketing de remettre le client au coeœur, et pour le politique de remettre l’'action citoyenne en bonne place.

La deuxième tendance est celle du « nous ». Plus le « Je » s’'impose, plus des mouvements de fonds apparaissent pour dire qu’'une autre solution est possible. Nous vivons une lente évolution vers une concentration des richesses et un chômage de masse inouïs. La collision entre les deux provoque l'émergence d'une autre voie : celle de ceux qui fédèrent, qui partagent. Je suis stupéfait de voir du coup à quel point les grandes personnalités sont désormais accessibles : Twitter vous permet de parler directement avec un ministre, de rompre toutes les chaines de décision, d'apostropher un leader économique. Ces leaders, peuvent alors détecter et soutenir rapidement des initiatives isolées, les encourager : la puissance du « je » augmentée par celle du « nous ».

La troisième tendance est liée aux deux premières : c'est celle du potentiel des entrepreneurs. L'année 2017 [année des élections présidentielles, ndrl] risque d’'être encore celle d'une bataille de promesses impossibles à tenir. Car expliquer que l'on est en train de changer d'époque demande du courage, de l'’investissement. Ce n'est pas facile. Or on se trouve face à une France qui est encore tenue par des rouages d’'un autre temps... Heureusement, les entreprises sont là, et les français aiment leurs entreprises, ils y sont attachés, car elles sont des TPE/PME pour la plupart. Les entrepreneurs ont donc la responsabilité du monde de Demain : la responsabilité d'orienter, de fédérer, de donner l’'exemple surtout à travers la conception de produits et de services qui respectent la planète et ceux qui y habitent.

Vous avez créé le concours "La Start-up est dans le pré". Pensez-vous que l’'image des startups, assimilées à la Silicon Valley ou aux grandes capitales, est inexacte? Voit-on se dessiner une nouvelle géographie de l'’innovation?

On assiste aujourd'hui à une « start-upisation » de l’'économie. Les entreprises veulent se développer en mode start-up : rapidité, force de l’équipe, innover pour se différencier, capacité à fédérer, à gagner des médias plutôt qu’à les acheter, etc. Cela émane d'une vraie volonté d'innovation, de concevoir une innovation qui se diffuse, en partant de ce monde des startups et des laboratoires, pour envahir tout le reste de l'’économie. Cette marche en avant se caractérise également par la co-construction : on imagine, on construit avec les parties prenantes, pour augmenter l’acceptation des projets et des innovations. Avec la co-construction, une entreprise a la chance unique de voir son innovation diffusée et acceptée par le plus grand nombre très rapidement.

Avec l’'événement "Start-up Lycées", vous avez souhaité donner vie aux idées de lycéens. Quelle leçon en avez-vous tirée quant aux aspirations de la (très) jeune génération d’'entrepreneurs?

Ce concours a été créé avec des professeurs dans un lycée, ainsi qu'avec des entrepreneurs. C’'est un programme assez unique. Startup Lycée nous enseigne beaucoup sur la génération Z : cette génération est plus solidaire, plus entreprenante que les générations précédentes. Les lycéens actuels n’'ont pas la peur de vivre moins bien que leurs parents (caractéristique propre à la génération Y) ou la trouille de perdre ce qu’ils ont (génération X). Ils sont hyper-digitaux, ils croient dans le collaboratif, ils font bouger les lignes. Les entreprises qu'ils créent sont collectives, ils savent associer les disciplines entre elles, et surtout ils savent essayer, tenter, oser. Je suis certain qu'ils vont faire exploser les régimes en place, non par la révolution, mais par une simple clarté d’'esprit associée à la force de l’'action. Quand le député de la circonscription de Lunel est venu (ville où s'est tenu le premier "Start-up Lycée" ), aucun lycéen ne lui portait d'attention car c’était un politique. Quand il a commencé à parler de son action concrète, de son entreprise, leur regard a changé. Car les Z croient à l'action, pas aux promesses.

Le projet gagnant du premier Startup Lycée est très significatif : « Kipoura » est un site internet qui permet l’orientation des lycéens...par des lycéens : test de personnalité et de valeurs, liens avec les anciens, algorithme affinitaire, etc. Une innovation qui entraîne une évolution de la fonction de conseiller d’'orientation ! C'est un projet qui résume bien les lycéens : faire les choses ensemble, rapidement et avec des valeurs.

Vous écriviez récemment que "les entrepreneurs se devaient de développer des marques ou des concepts "vertueux", porteurs "d’'idéaux et de valeurs"". Les entrepreneurs seraient-ils donc les nouveaux garants d’un monde meilleur ?

On sent en effet désormais la présence forte du consommateur-citoyen. Et les entrepreneurs sont plus visionnaires que les politiques sur ce domaine. Les marques doivent donc devenir des repères de qualité et d’'engagement, et les entrepreneurs peuvent devenir des guides sur cette voie. Les politiques n’'ont jamais été aussi fiers de défendre ces démarches vertueuses, ces fonctionnements agiles, car ils sont incapables de les promouvoir dans leurs systèmes administratifs ou leurs grands groupes publics cadenassés de l'’intérieur.

Je crois au « marketing du bonheur », non pas pour promouvoir une consommation qui soit source d’équilibre, mais pour promouvoir une consommation provocatrice d’équilibre. C'est à dire promouvoir le bonheur, les petits bonheurs, amenés par la confiance, la tranquillité, l’assurance du bon produit et du bon service, qui est fabriqué en pensant au client, au salarié et à la planète.

Quel a été votre dernier effet "whaouh"?

Mon dernier effet "whaouh" a été pour les activités de l'entrepreneuse Aline Herbinet, qui aide les enfants hospitalisés à refaire du sport, un sport adapté qui participe à leur mieux vivre, à l’'estime de soi et à la guérison. Son entreprise v@si développe un système de visioconférence permettant à ces enfants de faire du sport dans leur chambre, entraînés par un professionnel à distance. Elle a d'ailleurs créé récemment les premiers jeux olympiques des enfants hospitalisés, par visio, permettant ainsi à un jeune français de concourir avec un jeune italien en direct de leurs chambres respectives. Innovation, valeurs et engagement, un exemple qui parle aujourd’'hui de ce que doit être le monde de demain.





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