Inscrivez-vous !

Prenez un temps d'avance
Inscrivez-vous et recevez chaque semaine les meilleures innovations du moment

Interview


Le monde de demain selon Maxime Lelong


Fondateur & rédacteur en chef de "8e étage"

Février 2017, à Paris

Le monde de demain selon eux

« Le principal atout du journalisme pour une démocratie éclairée, c’est le pluralisme d’idées. Il faut s’informer le plus possible et dans tous les médias imaginables.

Rappelez-vous, il y a quelques semaines, on vous a parlé "slow media". Vous vous en souvenez ? Ce sont ces nouveaux médias qui veulent redonner volontairement du temps à l'information traitée. À ce titre, on a rencontré Maxime Lelong - fondateur du 8e étage - un média en ligne qui choisit de parler uniquement de l'info non-traitée par les médias traditionnels. Le futur du journalisme ?


Qu’est-ce qui t’a amené à créer 8e étage ?

La volonté première de monter un site d’information différent parce qu’on n’était pas totalement d’accord avec la façon de travailler dans les rédactions dans lesquelles on avait précédemment travaillé.
On est également parti d’un autre constat, c’est de se dire qu’il est très difficile de concurrencer les médias traditionnels dans le traitement de l’actualité. Il faut énormément de moyens et on ne les a pas et on ne les aura peut-être jamais. Le journalisme, ce n’est pas uniquement de l’actualité. En tant que jeunes journalistes, nous avons tous connus des rédacteurs en chef auxquels on a présenté des sujets qui pouvaient les intéresser mais jugés non-adaptés pour les lecteurs. Nous sommes journalistes mais avant tout des lecteurs, nous cherchons des sujets que l’on ne voit nulle part. C’est pourquoi nous avons fait le choix de laisser l’actualité aux autres pour aller traiter l’information délaissée.

Comment peut-on faire pour encourager le journalisme de qualité aujourd’hui ?

Le principal atout du journalisme pour une démocratie éclairée, c’est le pluralisme d’idées. Il faut s’informer le plus possible et dans tous les médias imaginables. Il est également nécessaire de connaître la source de diffusion. Prenons l’exemple de Youtube où il y a de plus en plus de personnes qui traitent de l’actualité. Il faut savoir distinguer le militantisme du journalisme d’observation. Le problème, c’est que le lecteur reproche aux journaux qu’ils lisent d’être trop neutres et de ne pas les intéresser car ils ne partagent son opinion. Le rôle du journaliste n’est pas de donner son avis mais d’être un vecteur d’informations. C’est par exemple, très intéressant de voir le Vlog d’un végétarien sur l’abattage et la production de viande mais ce n’est pas du travail journalistique dans le sens où l’avis de ce vlogeur sur la question est biaisé…Je suis persuadé que le buzz a pratiquement fait son temps. Les gens en ont assez d’être dupés pour être amenés à cliquer et d’ouvrir des publicités. Quand on fait des titres racoleurs, on fait ce qu’on appelle vulgairement du contenu « pute à clics ». Effectivement, cela attire beaucoup de monde mais l’audience est de mauvaise qualité et repart frustrée par l’expérience. Ces gens finiront par blacklister ces sites. C’est donc une stratégie à très court terme. On ne peut pas monter un modèle économique pérenne en agissant ainsi !

Selon toi, est-ce que le journal tangible est voué à disparaître ?

Pour moi, la presse quotidienne nationale (PQN) est vouée à disparaître rapidement comme la presse quotidienne régionale (PQR) à moyen terme. Il existe de nombreuses possibilités pour que la presse quotidienne nationale puisse évoluer et s’adapter. Le seul endroit où l’AFP (Agence France Presse) a du mal à aller, c’est dans les petites campagnes. Pourtant, les gens veulent savoir ce qu’il s’y passe. Le journalisme de proximité est un travail que les agences de presse ont du mal à faire . Ouest France , avec La Montagne , est l’une des seules PQR à être rentable. Leur rédaction a décidé de recruter un youtubeur pour parler de l’actualité dans l’Ouest sur la plateforme. Je trouve ça génial ! Enfin un acteur de la PQR a compris que les réseaux sociaux n’étaient pas leurs ennemis. Beaucoup pensent encore que ces réseaux sont une bulle qui va éclater. Je suis persuadé que Facebook va durer des dizaines d’années et il y en aura d’autres. Il est temps pour la presse de venir investir les réseaux sociaux et de bien le faire.

Quels sont les apports du digital pour le journalisme hors l’absence de coût du papier ?

Pour moi, l’objectif du journalisme c’est faire du récit. En école de journalisme, on t’apprend à faire une ligne = une info. Nous, on souhaite raconter des histoires même si elle fait 6 000 ou 7 000 signes de plus. L’innovation n’est pas forcément dans le format, on peut écrire de très belles histoires de manière courte. L’important, c’est la force du récit. Cela correspond aussi à notre utilisation : les productions du divertissement qui explosent en ce moment, ce sont les séries télé. Je suis persuadé qu’il faudrait faire de même avec des reportages vidéo. Vice, par exemple, avait fait un reportage intitulé « Nous avons rencontré le vrai Walter White » : il avait été vraiment atteint d’un cancer, vécu de la drogue et tout donné à sa famille. On aime tous les histoires tout comme les anecdotes incroyables de nos amis.

Quelle innovation t’a le plus marqué dernièrement ?

J’ai une amie qui a monté une entreprise de vêtements pour des personnes en situation d’handicap. En lien, j’avais trouvé la cuillère LiftLabs qui dispose d’un auto-stabilisateur pour les gens atteints de tremblements de la main.


Envie de découvrir les articles de 8e étage ? C'est par ici !









Découvrez d'autres interviews :

LIRE LA SUITE

Susan Weinschenk Experte en sciences du comportement

Susan Weinschenk interviewé par Soon Soon Soon

« Ce que montre la recherche, c'est que les gens se rapprochent plus naturellement de robots sociaux qui ont un caractère similaire à un humain. »

à Paris
Juin 2017

LIRE LA SUITE

Jean Charles Samuelian Co-fondateur d'Alan

Jean Charles Samuelian interviewé par Soon Soon Soon

« On a donc décidé de changer la manière dont on vivait notre santé. Il faut que cela soit enfin clair et très simple. Et il nous a semblé que l'assurance santé était une brique très importante du système ! »

à Paris
Mai 2017

LIRE LA SUITE

Mathieu Potte-Bonneville Philosophe et responsable du pôle "idées et savoirs" à l'Institut français.

Mathieu Potte-Bonneville interviewé par Soon Soon Soon

« Que devient l’engagement dans un univers d’informations où la conscience est constamment exposée à de multiples sollicitations, avec des enjeux économiques importants ? »

à Paris
Mai 2017

LIRE LA SUITE

Liz Parrish Fondatrice de BioViva

Liz Parrish interviewé par Soon Soon Soon

« Aujourd'hui, nous pouvons rembobiner l'horloge vitale dans une certaine mesure avec diverses interventions scientifiques. »

à Paris (via Skype)
Avril 2017

<< Voir toutes les interviews

Vous aimez SoonSoonSoon ? Dites-le !

Actualités

Les meilleurs de -35 ans

Les meilleurs de -35 ans

« Rencontrez les 10 meilleurs "Innovators Under 35" sélectionnés par la MIT Technology Review. Ca se passe le 14 septembre, à la station F

»

lire plus

Rentrée littéraire

Rentrée littéraire

« En attendant de vous retrouver à la rentrée, on prépare quelques surprises pour vous. Notamment un nouveau livre Soon Soon Soon : "100 innovations qui vont changer le monde en mieux", que vous pourrez découvrir très vite en librairie... »

lire plus

Le changement #positif

Le changement #positif

« Le ChangeNOW Summit lance sa 1e édition à la Station F les 29 et 30 septembre 2017. Au programme ? Un événement qui célèbre les "changemakers" : celles et ceux qui s'activent pour sauver la planète et améliorer le monde.»

lire plus

1 2 3

Le futur, c'est par où ?

la carte des innovations SoonSoonSoon Voir la carte des innovations

Interview

Susan Weinschenk Experte en sciences du comportement

« Ce que montre la recherche, c'est que les gens se rapprochent plus naturellement de robots sociaux qui ont un caractère similaire à un humain. »

Jean Charles Samuelian Co-fondateur d'Alan

« On a donc décidé de changer la manière dont on vivait notre santé. Il faut que cela soit enfin clair et très simple. Et il nous a semblé que l'assurance santé était une brique très importante du système ! »

Mathieu Potte-Bonneville Philosophe et responsable du pôle "idées et savoirs" à l'Institut français.

« Que devient l’engagement dans un univers d’informations où la conscience est constamment exposée à de multiples sollicitations, avec des enjeux économiques importants ? »

1 2 3

Voir toutes les interviews