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Interview


Le monde de demain selon Frédéric Agid


Tatoueur & graphiste

Décembre 2016, à Paris

Le monde de demain selon eux

« Le tatouage doit être assimilé à une pratique artistique en tant que tel et pas juste à de l’artisanat accessible qu’à un certain type de la population.

Frédéric Agid est l'un des résidents du Remix Coworking à Paris, le 16B. Profil atypique passant du graphisme au tatouage, il inaugure pour une première mondiale son salon de tatouage au sein d'un espace de coworking ce mois-ci. Il nous a parlé illustrations, futur et tatouage...

Quelles évolutions as-tu pu remarqué dans le milieu du graphisme ?

J’ai fait du graphisme pendant 20 ans. À mes débuts, internet n’existait pas où à peine. C’était vraiment balbutiant. Toute la dimension digitale est arrivé il y a une dizaine d’années.
Je fais partie de la génération " des graphistes directeurs artistiques " qui sont entrés dans la publicité et la communication parce qu’à la base on y prenait des dessinateurs. C’est ce que j'ai fait faute de mieux plutôt que de devenir artiste peintre... ce qui était mon souhait de départ. J’ai donc échoué dans la publicité. Quand j’ai démarré, je dessinais mes bandes-lettres. Aujourd’hui, je ne t’apprends rien, on ne travaille plus du tout de la même manière !

Et à travers ton parcours professionnel, ça donne quoi ?

In fine, ça rejoint mon parcours de jeunesse - ce que je fais aujourd’hui - car la moitié de mes commandes sont des illustrations et l'autre l'est en graphisme curieusement.
Le digital aidant, le métier de graphiste s’est perdu parce qu’aujourd’hui tout le monde peut faire un logo, un site, une plaquette facilement en ligne. La seule chose qui reste un peu onéreuse c’est l’acquisition de logiciels…tout est devenu très accessible aux particuliers. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la dimension stratégique qui vient en gros de gros commanditaires qui travaillent avec des grosses agences qui ne changera pas tout de suite. Le métier de graphiste changeait d’une telle façon dans la communication et la publicité que je me suis posé la question de comment je pouvais faire évoluer mon travail.

Comment t'es venu l'idée d'ouvrir un salon de tatouage parmi des coworkers ?

Lors d'une discussion sur l'évolution de mon travail avec les deux co-fondateurs du Remix, Anthony Gutman et Hanane El Jamali, je leur ai suggéré l’idée d’être le premier espace de co-working au monde à intégrer son salon de tatoo. Le lieu où mon studio est maintenant installé, rue de Bucarest dans le 8ème arrondissement de Paris, est une ancienne piscine d'une maison close ré-aménagée.

Concrètement, comment devient-on graphiste puis tatoueur ?

Il y a la façon traditionnelle de passer par un salon, c’est la voie la plus classique. De passage dans plusieurs salons en France ou à l’étranger, on devient l'assistant d’un ou des tatoueurs. La tâche principale est alors l’observation. Car évidemment pas d’aiguille dès le premier jour…pour comprendre les rouages et les fonctionnements. Lorsqu’on l’artiste le considère comme prêt, il le fait travailler sur des parties de tatouage puis progressivement il prend en charge le tatouage en entier.
Et il y a la manière individuelle où je me singularise car je me suis entrainé seul sur des oreilles de cochon, des oranges, des pommes. J’aurai pu devenir assistant sauf que c’est très long...

Est-ce que selon toi, le tatouage est une évolution logique du graphisme ?

Oui bien que chose assez curieuse - si l'on tient compte de mon histoire personnelle - je suis tatoué depuis pas longtemps. Mon premier, j’ai du le faire il y a 3-4 ans car jusqu'à alors je ne trouvais pas qu’il y avait grand-chose d'intéressant dans le tattoo. Lors de l’ouverture du centre de tatouage "Bleu Noir" pour lequel je connaissais le propriétaire, j’ai compris qu’il existait différentes formes de tatouages et que j’étais enfin prêt à le regarder de plus près.
En parallèle, le monde du graphisme s’essouffle c’est certain, ceux qui aiment dessiner ont le même problème. Paradoxalement, les dessins sur la peau sont plus chers, plus impliquant mais la clientèle afflue, mon carnet de commande est plein. Je n'explique pas le lien entre les deux, graphisme et tatouage, ce qui est certain, c'est que j’en suis très content car ça permet de développer mon activité. Ça prouve qu’il y a effectivement un phénomène de mode et de société qui durera ou pas.

Quel avenir vois-tu au tatouage ?

Ça ne va pas s’arrêter, ça va même s’amplifier. Ce que je crains c’est que les styles de tatouage vont s’uniformiser. Je n’arrive déjà parfois pas à reconnaitre lorsque c’est le travail d’une personne ou une copie de son travail. Quand on tatoue, on doit adapter son style de dessin puisqu’on ne l’on ne peut pas tout dessiner. On adopte ce que l’on appelle des systèmes graphiques pour représenter des éléments graphiques de tel ou telle manière, qui sont des codes entre nous...
Le problème qui risque d’arriver à nouveau, c’est que tout le monde est capable « de ».
Certains clients ne comprennent pas mon positionnement. Alors que ma vitrine ce sont mes dessins, ils sont appelés par cet univers et qu’ils veulent que je travaille pour eux !

Penses-tu que dans le futur, des artistes tatoueurs arriveront à toujours revendiquer cette singularité ?

J’ose espérer que oui. Après c’est comme tout. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps le tatoueur était l’exécutant à partir d’une image apportée par son client. Aujourd’hui ceux-là existent toujours et tant mieux pour ceux qui apprécient ça. On voit de plus en plus des artistes émergents qui imposent des styles dans lesquels ils travaillent. Par exemple pour un même projet de tatouage, on aura 10 résultats différents. C’est là où il n’y avait pas autant de diversité durant les 15 dernières années. Les meilleurs resteront des figures de proue en emmenant le reste du monde derrière eux. Pour moi, le tatouage doit être assimilé à une pratique artistique en tant que tel et pas juste à de l’artisanat accessible qu’à un certain type de la population.


Pour découvrir tout le travail de Frédéric Agid, c'est ici !





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