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Interview


Le monde de demain selon Francis Pisani


Journaliste spécialiste des nouvelles technos

5 avril 2013, autour d'un café, au Zinc, à Paris

Le monde de demain selon eux

« L'’innovation est toujours une combinaison de plusieurs idées. [...] Même Steve Jobs a toujours fonctionné ainsi.

Francis Pisani est un journaliste français, consultant et conférencier, spécialiste des technologies de l’'information et de leur influence sur le fonctionnement des réseaux sociaux et culturels. Ancien correspondant du Monde, de Libération et du Nouvel Observateur en Amérique Latine, il a entrepris entre 2011 et 2012 un tour du monde des innovations et des médias sociaux. Il est l’'auteur des blogs Transnets et Winch5.



Quelles sont d’'après vous les trois tendances à l’œ'oeuvre aujourd’'hui et qui font le monde de demain ?
La première : mobile first. Il faut en effet arrêter de considérer le mobile comme une extension de l’'écran d’'ordinateur. Les Asiatiques l’'ont bien compris et leurs innovations sont pensées directement pour l’'usage mobile. Mais il n'y a pas de mobilité connectée sans ubiquité de l'infrastructure, c’'est pour cela que je parle de « mobiquité » : avec la mobilité intervient la notion d’'ubiquité.

Deuxième tendance : la montée de l’'entreprenariat social. Les préoccupations sont différentes partout dans le monde mais on rencontre de plus en plus d’entrepreneurs qui affirment : « n’'attendons rien du gouvernement pour changer le monde et faisons les choses nous-mêmes ».

Troisième : l’'émergence des petits réseaux sociaux faits pour échanger avec trois amis, ou rester connecté à son partenaire (comme le fait Between en Corée). De là on passe aux réseaux qui reposent sur la communication et non sur le nombre des membres. Je fais référence à WeTchat en Chine, Kakao Talk en Corée ou Line au Japon, qui ont tous dépassé Facebook dans leurs pays respectifs. Ils réduisent également la place des autres outils : en Corée, le nombre de SMS envoyés par an et par habitant est passé de 1800 à 400 entre 2010 et 2012.…

Les outils virtuels ont toujours facilité les relations sociales. Il y a eu les emails, puis les réseaux sociaux, et maintenant la nouvelle étape: le «mobile messaging system». C’est LA méta-tendance qui se dessine derrière toutes les autres.

Au cours de votre tour du monde, quelles différentes approches de l’'innovation avez-vous découvert ?
En entreprenant ce tour du monde, j’'avais deux questions en tête : « peut-on innover en-dehors de Silicon Valley ? », et « les technologies de l’'information sont-elles une source d’'homogénéisation ?», comme le suggère Thomas Friedman .
Le premier constat que je tire, c’'est qu’'on innove partout. Le second, c’'est que l’'innovation est toujours une combinaison de plusieurs idées - pas toujours nouvelles, glanées de part et d’'autre. Même Steve Jobs a toujours fonctionné ainsi. Le troisième, c’'est que le futur et la modernisation ne sont plus perçus comme d’'origine occidentale. Jusqu’'à très récemment, les chinois, les brésiliens, les kényans, etc. s’inspiraient des innovations occidentales et les adaptaient à leur marché, à leur culture. C’'était le cycle du copier-adapter. Mais nous vivons un changement majeur. Ces pays se disent désormais : « le futur va venir de chez nous ». La Chine a compris que si elle se contentait de copier-adapter, elle irait dans le mur. Pour créer son propre futur, elle innove donc. L’'innovation est d’'ailleurs un des quatre mots inscrits dans la devise de Pékin. Les nouvelles technos sont des multiplicateurs de forces, des créateurs d’'opportunités. Partout désormais, on les utilise pour créer en s’'affranchissant du cycle copier-adapter et passer à l'innovation.

Alors on peut donc innover ailleurs que dans la Silicon Valley !
Le modèle de l’'innovation tel que nous le connaissons aujourd’'hui en est issu. Mais désormais chaque pays l’'adapte à ses particularités. Un exemple : le concept d’'incubateur, qui vise à favoriser l’'entrepreneuriat, ne convient pas partout en Inde. A Mumbai, où l'’immobilier est trop cher et où une start-up n’'est rentable qu’'au bout de 5 à 10 ans, le business model de l’'incubateur n’'a aucun sens. On parle donc là-bas « d’'ex-cubateur » : les start-upeurs travaillent chacun de leur côté et se retrouvent une fois par semaine dans un bureau. Au niveau du financement, les logiques ne sont pas non plus les mêmes. En Asie, le recours à l'’argent issu des « Friends & Family » est beaucoup plus répandu qu’'ailleurs.

Quelle est la dernière innovation qui vous a vraiment marqué ?
J’'ai rencontré au Cap en Afrique du Sud un entrepreneur social étonnant : Marlon Parker. Celui-ci a commencé il y a quelques années à donner des cours « d’'expression digitale » à quelques enfants d’'un quartier pauvre, pour leur apprendre à exister sur un réseau social. Très vite, les parents sont venus s’'ajouter aux élèves et de fil en aiguille il a formé ou aidé à former 6000 personnes. C'est au cours de cette expérience qu'il a conçu JamiiX un système efficace de gestion des conversations SMS, et s’'est exporté dans plus de 15 pays.

Crédit photo : ©Laetitia Attali





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