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Interview


Le monde de demain selon Charles-Edouard Vincent


Fondateur de Lulu dans ma rue

Janvier 2016, à Paris

Le monde de demain selon eux

« À l’heure où les grandes villes souffrent d’anonymat et sont de plus en plus touchées par l’exclusion, il est nécessaire de construire de nouveaux modèles plus inclusifs.

Charles-Edouard Vincent est le fondateur d’Emmaüs Défi, un chantier d’insertion qui cherche à apporter des solutions innovantes pour lutter contre la grande exclusion. En 2015, il fonde LULU DANS MA RUE, une nouvelle initiative qui crée de l’activité pour tous ceux qui en ont besoin : personnes en recherche d’emploi, étudiants, jeunes retraités etc. Lulu dans ma rue est une initiative qui permet de mettre en relation des particuliers en quête de petits coups de main avec des "Lulus" qui ont du temps disponible pour rendre des services.

Qu’est-ce que Lulu dans ma rue ?

Lulu dans ma rue réinvente la conciergerie de quartier et a lancé son premier kiosque dans le centre de Paris en avril 2015. C'est un système simple et efficace de services de proximité : petites livraisons, bricolage, ménage, aide informatique, baby-sitting... qui propose de mettre en relation des particuliers à la recherche d’opportunités professionnelles, qu’on appelle les "Lulus", avec des citadins qui ont besoin d’un coup de main dans leur quotidien. Le projet pilote Lulu dans ma rue se structure autour de la création d’une plateforme internet, d’une infrastructure physique avec des kiosques et des concierges de quartier, ainsi que des micro-entrepreneurs qu’on appelle les Lulus et qui bénéficient de formations et d’un accompagnement adapté à leur profil permettant ainsi de professionnaliser et pérenniser leur activité. Lulu dans ma rue a lancé son offre de services aux habitants du Centre de Paris, avec le soutien de la Mairie du 4e arrondissement et de la Ville de Paris, dans une logique de proximité, de contribution à la vie de quartier et à la lutte contre le chômage des moins qualifiés. La première conciergerie de quartier a ouvert au métro Saint Paul.

Comment est née cette idée ?

Après une dizaine d’années dans le secteur privé (Netscape et SAP), je rencontre Martin Hirsch, alors Président d’Emmaüs France, et je décide de m’engager à ses côtés. Mon parcours professionnel prend alors la direction du secteur social. J’ai fondé Emmaüs Défi, laboratoire d’innovations sociales, afin de rechercher les meilleures solutions pour lutter contre la grande exclusion et la très grande précarité en mettant en œuvre des projets d’insertion par le travail, le logement, la santé et l’accès aux nouvelles technologies en partenariat avec de grandes entreprises. En 2015, je décide de m’attaquer à un autre chantier d’envergure, la création nette d’activités à l’échelle locale destinées à tous : étudiants, chômeurs, salariés, retraités… et je fonde Lulu dans ma rue. Le concept est donc né de la volonté de créer de l’activité économique innovante et durable et a pour vocation d’améliorer la qualité de vie des citadins.

Pourquoi « Les Lulus » ont décidé d’être dans la rue et pas derrière un bureau ?

À l’heure où les grandes villes souffrent d’anonymat et sont de plus en plus touchées par l’exclusion, il est nécessaire de construire de nouveaux modèles plus inclusifs. La re-création de liens sociaux à la maille des quartiers — via l’infrastructure du kiosque, notamment — semble donc pertinente aujourd’hui. Le kiosque Lulu dans ma rue s’est inscrit naturellement dans l’espace public et son appropriation par les habitants du Marais est totale. Tous les mois, des apéros de quartiers sont organisés au kiosque afin de permettre aux Lulus et aux habitants de se retrouver. Ces événements sont plébiscités et rencontrent toujours plus de succès, en contribuant sans aucun doute à développer le lien social à l’échelle locale. En 7 mois, plusieurs milliers de personnes sont passées au kiosque et tous les retours ont été extrêmement positifs et enthousiastes. Tous les clients saluent l’utilité pratique du projet.

Pourrait-on vous définir comme un nouveau service de conciergerie à destination des particuliers ?

Oui, tout à fait. Il y a les concierges dans les grands hôtels et dans les entreprises et maintenant nous proposons des concierges dans la rue, accessibles à tout un chacun. Lulu dans ma rue c’est un peu la conciergerie de quartier des temps modernes ! La simplicité d’accès à des services déclarés et assurés, la fiabilité et le gage de confiance pour les clients ainsi que les prix très abordables des services (entre 5 et 10 € les 20 minutes et 50 % de réduction/crédit d’impôt pour tous nos services hors devis) sont les éléments déterminants du succès de cette conciergerie.

Combien de membres avez-vous à ce jour ? Pour combien d’actions réalisées ?

50 Lulus sont aujourd’hui actifs chez Lulu dans ma rue et nous comptons en référencer 50 supplémentaires pour répondre à la demande des habitants du Centre de Paris. Près de 3 500 prestations ont été réalisées ou sont en cours de réalisation à ce jour. Lulu dans ma rue favorise ainsi la création nette d’activités en valorisant les compétences professionnelles ou extra professionnelles de toutes les personnes du quartier en quête de revenus complémentaires. Lulu dans ma rue accompagne les Lulus dans leurs démarches administratives pour acquérir un véritable statut de micro-entrepreneur puisque la structure s’assure que toute l’activité se passe dans un cadre légal.

Quels sont les développements à venir ?

L’équipe a reçu près de 120 demandes pour ouvrir « dès que possible » des conciergeries dans leur quartier, à Paris dans d’autres arrondissements, mais aussi en région (Marseille, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Brest, La Rochelle...) et même à l’étranger (Canada, Belgique, Suisse, Brésil, Italie...). En 2016, nous avons pour ambition d’ouvrir de nouvelles conciergeries de quartier à Paris et pourquoi pas de s’implanter en région ! Nous développons une application mobile pour les Lulus afin de fluidifier le traitement des demandes et c’est aussi un vaste chantier.

Quelles sont, selon vous, les 3 tendances sociétales d’aujourd’hui qui feront le monde de demain ?

La nécessité de recréer du lien, l’essor de l’économie collaborative, et l’avènement du digital. J’aimerais faire de Lulu dans ma rue une initiative citoyenne qui réconcilie ces trois tendances grâce à un ancrage physique dans l’espace urbain. Les outils informatiques et digitaux doivent être un moyen mis au service de la création nette d’activités pour les personnes en quête d’opportunités professionnelles et pas une fin en soi. C’est l’objectif qu'on se fixe à travers ce nouveau modèle de conciergerie de quartier.
Lulu dans ma rue, c’est aussi la conviction que notre société ira mieux si on remet de l’humain dans notre quotidien. Nous touchons les limites d’une société de service pilotée par le marketing et la productivité à outrance qui dépersonnalise les prestations réalisées : il est temps de refaire une place à la relation humaine authentique et à la confiance en mon quartier.

Quel a été votre dernier effet waouh ?

Ticket for Change ! Certainement mon effet waouh de 2015. Il s’agit d’une start-up en social business créée en 2014 avec la mission d’activer des talents pour changer la société par l’entrepreneuriat. Ticket for Change veut renforcer le dispositif d’accompagnement des premiers pas de ces «entrepreneurs du changement» via des événements et une plateforme numérique qui permettent de partager des bonnes pratiques, d’échanger avec des mentors et d’accélérer leurs projets. Ticket for Change a aussi lancé un MOOC pour augmenter considérablement son impact. Il faut diffuser ces messages qui incitent chaque jeune à devenir acteur du changement. Je suis extrêmement sensible au fait que de jeunes entrepreneurs se lancent des défis aussi fous afin de faire bouger les lignes de notre société !

Envie de devenir Lulu ? C'est par ici.





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