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Interview


Le monde de demain selon Behnaz Farahi


Architecte & Créatrice de Mode Interactive

Mars 2016, Austin, Texas

Le monde de demain selon eux

« Caress of The Gaze est une cape recouverte d’aspérités imprimées en 3D. Ces dernières réagissent au regard de la personne qui la fixe, et bougent en fonction du mouvement de ses yeux.

Behnaz Farahi est architecte et designer interactif. PhD en Media Arts, elle explore à la fois le potentiel des technologies interactives dans leur relation avec le corps humain et s’intéresse à l’utilisation des nouvelles en architecture. Sans compter sa passion pour la fabrication additive (l’impression 3D) et les technologies robotiques. Bref, elle est calée. Nous l’avons rencontrée en mars dernier à Austin aux Etats-Unis, au cours du festival South By South West.


Comment vous est venue cette passion pour le design interactif ?

Pendant mes études d’architecture, j’étais fascinée par la possibilité d’imaginer des œuvres qui ne soient plus seulement statiques mais qui deviennent vraiment vivantes, grâce à la technologie. J’ai commencé alors à prototyper des objets, créant toutes sortes de mécanismes mouvants. C’est comme ça que j’ai commencé à entrer dans la fabrication, en utilisant des systèmes mécaniques pour faire vivre mes créations.

Cela m’a poussée ensuite à utiliser différents capteurs pour créer des systèmes plus complets et autonomes. Et de fil en aiguille, je me suis retrouvée à l’intersection entre architecture et robotique... avant d’embrayer vers la mode interactive !

Je tiens à cette approche multi-disciplinaire du design : robotique, design interactif, informatique mais aussi human computer interface design. Pour moi, il s’agit vraiment de mettre un pied dans chaque discipline pour pouvoir ensuite les combiner et créer des objets ou des vêtements qui me passionnent.


Pourriez-vous nous expliquer votre process créatif, vos sources d’inspiration ?

Mon inspiration vient de la nature. Je peux rester des heures à regarder la surface de l’océan. Les plantes et les insectes sont également des sources d’inspiration : ils ont des comportements étonnants en réponse à certains stimuli extérieurs à l’image des feuilles du Mimosa qui se rétractent lentement lorsque vous les touchez, ou des seiches qui peuvent changer la texture de leur peau ou sa couleur. Je suis passionnée par l’étude des systèmes naturels.

Ce qui est intéressant aujourd’hui, est de repenser ces mécanismes à l’aune de l’impression 3D, qui nous permet de créer des matériaux capables de calquer les comportements de la nature.


Votre dernier projet, Caress of the Gaze, questionne le regard des autres en intègrant de l’interactivité et de l’impression 3d. Racontez-nous

Caress of The Gaze est une cape recouverte d’aspérités imprimées en 3D. Ces dernières réagissent au regard de la personne qui la fixe, et bougent en fonction du mouvement de ses yeux. Elle m’a été inspirée par les peaux d’animaux tels que les serpents ou les poissons. Ce vêtement utilise les différentes caractéristiques des matériaux selon les endroits, allant de la raideur à la douceur. L’idée était de créer une peau artificielle qui deviendrait une extension de notre peau naturelle, tout en offrant de nouvelles possibilités d’interactions entre notre corps et son environnement, et notamment avec le regard d’autres. Avec Caress of The Gaze on peut littéralement sentir le regard de l’autre sur le vêtement.

Le challenge a été de répondre à la question du comment. Nous avons donc exploré le potentiel des imprimantes 3D multi-matériaux, qui permettent la fabrication de matériaux composites dotés de flexibilités et de densités variables. Grâce à elles, on peut combiner des matériaux aux propriétés différentes en une seule impression.


Quelles sont pour vous les trois tendances à l’œuvre aujourd’hui et qui feront le monde de demain ?

L’impression 3D en premier lieu. Cela va changer énormément de choses, sans forcément s’exprimer sous la forme de la révolution industrielle qu’on annonce, mais cela va impacter tous les secteurs. Regardez déjà le mouvement des makers, qui démocratise le design : à la maison, les gens peuvent télécharger des fichiers imprimables et expérimenter, faire, créer de nouvelles choses. Cela bénéficie aussi beaucoup à la communauté du design, les créateurs peuvent partager leurs idées.

En seconde tendance, je citerai les les technologies interactives, et notamment toutes celles qui capturent de la donnée. C’est une industrie en plein boom.

Enfin, je suis vraiment très excitée par la tendance de la Fashion Tech. Je suis convaincue que cela va changer notre façon d’interagir les uns avec les autres. Les « wearable tech » placent déjà beaucoup de techno sur nos corps. Le prochain niveau serait de combiner la technologie avec la mode, de façon esthétique.


Quel a été votre dernier effet « wahou » ?

Je suis de très près les recherches du Self-Assembly Labs, MIT : leur projet Cube, réalisé en collaboration avec Harvard, est une structure capable de s’auto-reconfigurer, comme si elle était dotée de ses propres muscles. Toute sa structure peut se transformer en une toute petite pièce, puis retrouver sa forme initiale.

Et puis il y a bien sur l’impression 4D qui propose de penser de nouveaux matériaux capables de changer leurs propriétés…





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