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Interview


Le monde de demain selon Amaelle Guiton


Journaliste spécialiste des Hackers

le 25 octobre 2013, dans un café (quelque part) à Paris

Le monde de demain selon eux

« Si on a une chance de se sortir de la surveillance généralisée, ce sera grâce aux Hackers. Leur credo, c’est "la transparence pour les pouvoirs, la vie privée pour les citoyens".

Wikileaks, Anonymous, Printemps Arabes, hacktivists : à tous ces mouvements, la journaliste Amaelle Guiton a consacré un livre-référence ("Hackers: Au cœoeur de la résistance numérique" – Editions Au Diable Vauvert). Ce qui la séduit dans ces mouvements ? "Ils mettent en avant un enjeu décisif : celui des libertés fondamentales" explique-t-elle...


Quelles sont d’après vous les tendances à l’œ'oeuvre aujourd’hui et qui feront le monde de demain ?

La première, c’'est l’'internet des objets. Le fait que demain tout soit potentiellement connecté, et notamment les choses très quotidiennes et jusque dans notre consommation alimentaire. Cela suppose de grandes avancées pratiques, mais également quelques craintes : qui contrôlera tout ça ?

La seconde tendance est soulevée par la crise économique et la crise environnementale : comment produire? On remet de plus en plus en cause la surconsommation pour favoriser une production individualisée, localisée, adaptée à ses propres besoins, et non plus fondée sur des modèles industriels de masse.

Le mot d’'ordre des hackers, dont vous êtes une spécialiste, c'’est la liberté sur Internet. En quoi consiste-t-elle ?

Tous n’'ont pas la même vision. Mais l’'idée de base –et que je partage - c’'est que quand on émet une idée sur le réseau, elle doit arriver à son destinataire sans être altérée ou bloquée. Tous veulent une neutralité absolue de l'Internet, d’'un Internet qui fonctionne comme un assemblage de tuyaux qui ne tolèrent aucune censure.

Admettent-ils tout de même certaines limites à la liberté ?

Eventuellement, mais uniquement si ce sont les citoyens qui les posent, en tant que collectif. L’'idée que Twitter ou Facebook décident de manière unilatérale de ce qui est licite ou non n’'est pas acceptable. On retrouve aussi des divergences de point de vue chez les hackers. Ceux qui se retrouvent autour de Telecomix, par exemple, sont les plus absolutistes en matière de liberté d’'expression. Le défacement [ndlr, détournement d’un site web par un hacker] d’'un site gouvernemental opéré par certains Anonymous (par exemple en Tunisie) est pour eux contraire à la liberté : toutes les idées et opinions, même les plus extrêmes, doivent pouvoir s’'exprimer sur le net, et c'’est par la discussion que l’'on doit convaincre les gens.

Le hacking nous permettra-t-il de vivre dans un monde plus libre, moins surveillé ?

Si on a une chance de sortir de la surveillance généralisée, ce sera grâce aux hackers. Leur crédo, c’'est "la transparence pour les pouvoirs, la vie privée pour les citoyens". J’'ai toutefois peur que l’'on aille vers un monde à deux vitesses : d’'un côté la grande majorité de la population, qui aura lâché l’'affaire sur ces questions de protection et continuera à dévoiler sa vie privée sur les réseaux sociaux ; et de l’'autre une petite frange de la population, plus vigilante, qui essayera de se protéger parce qu’'elle saura comment faire.

Vous suivez également le monde des makers. L’'avènement de l’'imprimante 3D pourrait-il engendrer une nouvelle géographie de la production industrielle ?

Potentiellement oui, mais pas à court terme. La production de masse n’'est à priori pas menacée, certaines choses nécessitent toujours de gros moyens et des structures imposantes. Mais l’'impression 3D et les FabLabs ouvrent la porte à un mode de production complémentaire, mieux adapté aux besoins.

Pensez-vous que demain, chacun aura chez lui son imprimante 3D ?

Le journaliste américain Chris Anderson, spécialiste de l’'Internet, pense effectivement que l’'imprimante 3D s’'imposera dans les foyers comme l’a fait l’'ordinateur au cours des dernières décennies : chacun en possédera une. De mon côté, je penche plus vers un scénario où des fablabs de quartier verront le jour un peu partout. On y viendra avec ses plans, fabriquer ses meubles en kit par exemple. La motivation première consiste à fabriquer soi-même. Et dans une société de plus en plus technicisée, on veut réapprendre à se servir des outils. L'’important, c’'est le plaisir d’'apprendre, de transmettre, de partager.

Il y a donc une motivation commune entre hackers et makers?

Ils partagent la même joie d’'apprendre. Le cœoeur de leur projet, c’'est de comprendre les objets avec lesquels ils interagissent. D’'ailleurs tous les hackers disent : "on fait cela pour s’'amuser. Si cela ne nous amusait plus, on arrêterait".

Comment les marques peuvent-elles se positionner par rapport aux FabLabs ?

L’'open source constitue à priori une menace pour les stratégies de marques, fondées sur des brevets et une production de masse. Mais les plus malines intégreront les fablabs dans leur stratégie, pour des produits davantage personnalisés.

D’'où est venu votre dernier effet Whaou ?

Je suis impressionnée par une société italienne, Arduino, qui développe des microcontrôleurs en open source. Entre idéologie et business, la société joint l’'utile à l’'agréable et cherche à démocratiser l’'accès à la production technique. Et d’'ailleurs dans le domaine de la robotique, les résultats sont impressionnants.



Crédit photo: (c) Pierre Le Bruchec





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