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Interview


Le monde de demain selon Titouan Goenvec


Co-fondateur de Peligourmet

Juin 2018, au WAI (Paris)

Le monde de demain selon eux

« Le transport représente 40% du prix de vente des produits. Nous avons donc décidé de proposer aux producteurs et aux citadins de mutualiser leurs trajets pour faire venir les produits à des prix abordables.

Il y a quelques semaines nous sommes allés à la rencontre de Titouan à quelques pas du bureau au WAI de la BNP. Aux côtés de Laure et Jérémy, il a co-fondé Peligourmet : une plateforme pour faire ses courses en direct de producteurs et artisans.
Découvrez les coulisses de cette aventure dans notre interview.


Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Titouan, j’ai 24 et je suis ingénieur agronome spécialisé dans la distribution des produits alimentaires. J’ai monté Peligourmet à la sortie de mes études après des stages chez Bonduelle et Cdiscount mais surtout après avoir travaillé pour ShakeUp Factory, un accélérateur FoodTech. C’est à ce moment là que j’ai rencontré Laure, qui avait l’idée du projet Peligourmet. Elle a un profil très complémentaire au mien avec ses 6 années d’expérience dans le consulting.

D’où vient l’idée du projet Peligourmet ?

D’abord, l’alimentation est un sujet qui nous tient tous les deux à cœur.
70% des français veulent mieux manger ! Mieux manger, ça veut dire connaître l’origine des produits, leurs mode de production et manger local autant que possible… surtout pour les fruits et légumes. Pour autant, on est pas tous prêt à payer plus cher.
Nous étions frustrés de ne pas pouvoir mieux manger et révoltés par le revenu moyen des producteurs français ! Il y a quand même aujourd’hui un producteur sur trois qui gagne 350€ par mois, c’est inadmissible ! Comme le dit Laure, « c’est insensé d’être 4 fois mieux payé à faire des slides à la Défense qu’à nourrir les Français ! »
De l’autre côté, en tant que citadin il est difficile d’accéder à des produits de qualité à des prix intéressants.
C’est le pari que nous avons fait avec Péligourmet : faire venir des produits de qualité qui répondent à une charte stricte, à des prix intéressants pour les citadins et en rémunérant les producteurs au prix juste ! Nous nous sommes rendus compte que le transport représentait 40% du prix de vente des produits.
Nous avons donc décidé de proposer aux producteurs et aux citadins de mutualiser leurs trajets pour faire venir les produits à des prix abordables : jusqu’à 40% moins cher.
Cette idée nous est venue de nos expérience personnelles : les grands-parents de Laure lui rapportaient des galettes Bretonne lors de leurs voyages dans le Finistère, les miens des huîtres et des cannelés !

Comment vous êtes vous organisés ?

L’aventure a commencé avec un petit groupe Facebook où nous étions une centaine. En quelques mois nous sommes rapidement devenus un millier. Chaque personne qui faisait un trajet en informait les membres du groupe et les intéreressés n’avaient plus qu’à se manifester. Ensuite, chaque mois, nous faisions une « Péliparty » dans un bar ou ailleurs pour échanger les produits. À partir de là Peligourmet est devenu une véritable communauté qui nous a incité développer une plateforme dédiée qui a été lancée en Septembre 2016.

Comment fonctionne la plateforme ?

Côté gourmet, il suffit de commander les produits qui vous font envie avant le mardi soir !
Vous êtes livrés chaque vendredi en point relai ou à domicile.
Si vous êtes dénicheur de bons plans et gourmet, vous êtes plutôt Pélicab !
Dans ce cas, c’est très simple, vous publiez une annonce sur le site « ce week-end je vais en Auvergne, je peux rapporter du St-Nectaire à tomber par terre, qui veut ? ».
En tant que Pélicab, vous arrivez chez le producteur récupérer les commandes déjà payées et quand vous rentrez chez vous, vous faites une petite escale dans le point relai qui vous arrange.
L’équipe Péligourmet ensuite collecte tous les produits rapportés par les particuliers et les producteurs, réalise les paniers et livre les commandes !

De combien de « Pélicabs » et de gourmets est composée la communauté ?

20 mois après son lancement, Péligourmet c’est : une communauté de 3000 membres, 500 producteurs référencés, 60 producteurs qui livrent leurs produits eux-mêmes de façon récurrente, 200 pélicabs (transporteurs particuliers) et plus de 60 points relais répartis sur Paris et la petite couronne.

Comment garantissez vous que la chaîne du froid soit respectée ?

Chez Péligourmet, les Pélicabs rapportent en premier lieu des produits pour eux-mêmes, donc ils savent le faire et connaissent les produits. De notre côté nous leur rappelons toutes les règles relatives aux produits frais qui sont dans les CGV. La chaîne du froid est garantie et assurée par Aviva qui assure la responsabilité civile du transporteur ainsi que la casse et le vol.
Du côté des points relais, ils sont tous équipés en frigo et/ou chambre froide évidemment.

Qu’est-ce qui vous a marqué depuis le début de cette aventure ?

Nous nous sommes rendus compte que des producteurs faisaient aussi des trajets en ville. Certains utilisent aujourd’hui la plateforme qui leur permet d’avoir un outil clé en main pour gérer les commandes auprès de clients déjà existants mais aussi d’en trouver de nouveaux chez nos Peligourmets. C’est ainsi que nous avons accueilli entre autres le fromage végétal de Tomm’Pousse (interview à retrouver ici).

Quelles sont les prochaines étapes ?

Nous sommes une entreprise de l’économie sociale et solidaire, notre objectif est d’augmenter le revenu moyen des producteurs et de permettre à tous de mieux manger.
Nos prochains challenges : trouver un entrepôt car on commence à avoir trop de volume pour notre espace de stockage actuel et notre levée de fonds en crowdequity prévue pour septembre prochain ! Nous allons permettre aux producteurs, aux clients de la plateforme et à quelques investisseurs privés de devenir actionnaire et donc acteur de Péligourmet…en tout cas on l’espère !

Quel est votre business model ?

Nous fonctionnons uniquement à la commission : 18% HT sur les transactions effectuées sur la plateforme.
Un taux plutôt bas dans le domaine de la distribution alimentaire qui est plutôt autour de 40% !

Selon vous, quelles sont les trois grandes tendances du monde de demain ?

La première serait la quête de la performance grâce à la production hors sol, aux lumières LED, à l’agriculture urbaine, la robotisation, etc.
La deuxième tendance : retour aux circuits courts, aux petites exploitations agricoles à la permaculture, etc.
Ces deux premières tendances se complèteront puisque la technologie sera importante pour accompagner le retour aux sources de la même manière que l’écoute de la nature sera incontournable dans les progrès technologiques.
La troisième tendance : l’économie sociale et solidaire (ESS). Il y a de plus en plus de gens qui veulent créer des entreprises et beaucoup d’entre eux veulent avoir un impact et poursuivent un but dans l’ESS. Je crois que les grandes entreprises vont aussi devoir s’y mettre et rendre des comptes sur leur impact.

Quel a été votre dernier effet « wahou » ?

Une initiative me plaît en particulier : Fermes d’Avenir, qui accompagne les citadins qui veulent revenir vers les terres et créer leur exploitation agricole.
Il y a aussi « Terres de Liens », une association qui achète des terres et les loue sur des baux de 40 ans à des personnes qui souhaitent s’installer, hors cadre familial. C’est très important car aujourd’hui on perd plus de 60 000 hectares par an d’exploitations agricoles !


Pour en savoir plus, rendez-vous sur https://www.peligourmet.com





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