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Interview


Le monde de demain selon Laetitia Gazel Anthoine


Fondatrice de Connecthings

Juillet 2018, à Paris

Le monde de demain selon eux

« Alors que jusqu’ici la localisation dans une application mobile servait à l’affichage de carte, aujourd’hui la « localisation augmentée » offre aux utilisateurs une bien meilleure expérience de leur application.

En 2007, alors que le tout premier iPhone voyait le jour, Laetitia Gazel Anthoine créait Connecthings. Cette entreprise met à disposition des applications mobiles un système leur permettant de comprendre le « moment » de leurs utilisateurs pour s’adresser à eux à la meilleure occasion. Nous sommes allés la rencontrer dans les locaux parisiens de cette société désormais internationale…


Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Avant la création de Connecthings à Paris en 2007, j’ai travaillé dans l’écosystème des opérateurs mobiles et notamment à la mise en place de l’internet mobile chez Orange.
J’ai créé Connecthings car je pensais que le téléphone portable pouvait être un moyen intéressant de créer des interactions dans la ville. En fonction du lieu où je me trouve et de ce que je suis en train de faire, je peux recevoir des informations pertinentes en échange de mes propres données de localisation.


Pouvez-vous nous en dire plus sur Connecthings ?

Au départ, nous avons mis en place une solution pour augmenter la ville : à un arrêt de bus, nous donnions à l’usager de l’information sur les prochains passages ou sur les perturbations éventuelles.
Nous avons commencé à faire cela en signant des contrats avec les villes et les opérateurs de transports. Jusqu’en 2010, nous proposions notre plateforme logicielle avec des technologies comme le QR code [1] ou le NFC [2]. Nous nous sommes développés en France puis avons fait notre première levée de fonds d’un million d’euros en 2012 pour nous étendre à l’international.
En 2015, un nouvel investisseur nous a rejoint et nous a permis de lever 11 millions d’euros. Entre ces deux levées de fonds, en plus du développement à l’international, nous avons intégré de nouvelles technologies comme le beacon [3].
Depuis deux ans, nous intégrons de nouvelles technologies et notamment le géo-fencing et les capteurs de mouvement. En utilisant la géolocalisation des smartphones, nous savons où se trouvent les gens et sommes capables d’associer cette information à un arrêt de bus, une entrée de métro, un centre touristique, un aéroport…
Nous sommes un intermédiaire entre les applications mobile de transport (Keolis, filiale de la SNCF par exemple), des jeux… et leurs utilisateurs. Il ne s’agit pas de push ni d’incitation au téléchargement puisque ce sont des applications déjà installées dans les téléphones des utilisateurs. L’enjeu est d’augmenter l’utilisation des applications mobiles en les « réveillant » à un moment qui fait sens pour l’utilisateur.


Qu’est-ce qui a changé depuis vos débuts ?

Notre modèle économique a suivi l’évolution technologique et nous permet désormais de nous adresser à l’ensemble des applications mobiles en plus de celles des municipalités.
De leur côté les villes ont évidemment été secouées par de nouveaux modèles comme Uber ou Airbnb.
Elles ont compris que ces nouveaux services peuvent être bénéfiques pour elles et leurs citoyens en créant un cadre légal. Auparavant les villes organisaient et fournissaient les services, aujourd’hui elles ont de plus en plus un rôle de « facilitateur » pour créer les cadres pour accueillir ces nouveaux services. En revanche, il y a un « gap » temporel entre l’innovation qui va beaucoup plus vite que les appels d’offre des villes. Beaucoup de startups qui créent des solutions de « location intelligence » avec une vraie valeur pour les villes et leurs citoyens, proposent leur solution aux sociétés de l’Adtech, car c’est plus rémunérateur et permet un accès au marché plus rapide.


Quels usages les citoyens peuvent avoir de Connecthings ?

Nous travaillons sur le moment : ce n’est pas parce que je suis à 50m d’un magasin que j’ai envie d’y aller. Par contre, le fait que je sois à l’aéroport, à la gare ou dans les transports en commun, c’est une information intéressante. On peut me proposer de jouer à mon jeu préféré ou d’oser un mode de transport alternatif. Nous sommes encore dans un système où nous prenons toujours le même moyen de transport, mais il y a de plus en plus d’options : partager un véhicule, prendre un vélo parce qu’il fait beau… auxquelles nous ne pensons pas forcément quand nous sommes dans une routine.
À Milan par exemple, l’application Visit Milano se « réveille » en des lieux précis de la ville pour proposer une expérience inédite aux visiteurs. Nous avons aussi parmi nos clients des applications de concerts : en fonction des goûts et salles de concert, l’application envoie une notification pour donner l’information d’un concert qui va commencer.
Une flotte de partage de scooters utilise également Connecthings pour inciter les clients à ramener les scooters en centre-ville.
Alors que jusqu’ici la localisation dans une application mobile servait à l’affichage de carte, aujourd’hui la « localisation augmentée » offre aux utilisateurs une bien meilleure expérience de leur application


Avec la data que vous collectez, qu’est-ce que la RGPD change pour vous ?

Nous ne partageons pas de data avec des tiers donc il n’y a pas eu tellement de changement pour nous comme nous ne sommes pas dans le domaine de la publicité. Nous travaillons depuis toujours en opt-in, donc avec le consentement des utilisateurs (NDLR : qui doivent activer leur géolocalisation).
Nous voyons cela plutôt comme une opportunité puisque nous proposons aux utilisateurs des applications intégrant notre solution, de consulter ou effacer leurs données de localisation. Nous aidons nos clients d’applications mobiles à se mettre en conformité.


Est-il possible d’imaginer un dialogue du citoyen vers la ville ou de deux utilisateurs d’une application entre eux avec Connecthings ?

Le dialogue inversé est possible puisque l’interaction se fait dans les deux sens via les applications. Du côté des utilisateurs entre eux, il y a des usages très prometteurs, par exemple, deux utilisateurs d’une même application pourraient se retrouver grâce à Connecthings.


Quelles sont les étapes du 1er contact avec un client jusqu’au déploiement de la solution ?

L’intégration de notre solution dans une application mobile est très rapide de quelques heures à quelques jours en fonction du cas d’usage. En terme de cycle de vente, entre le 1er contact et la signature, nous sommes sur des périodes de 18 mois dans le secteur public contre quelques semaines dans le secteur privé.


Dans combien de pays êtes vous présent ?

Connecthings est présent dans 7 pays. En Europe, nous sommes en France, Italie, Espagne et Portugal et nous commençons à nous développer au Royaume-Uni. En Amérique, nous sommes présents au Brésil et aux USA avec des bureaux à New York et un cas d’usage à Austin où nous nous adressons aux malvoyants via une application de guidage.


Quelles sont les grandes tendances du monde de demain selon vous ?

Le monde du transport est en train de se redessiner. Avec l’auto-partage qui crée une nouvelle option pour le transport de personnes, la voiture électrique qui permet de limiter la pollution et la voiture autonome qui va révolutionner le modèle économique de l’industrie automobile, les villes doivent prendre le sujet à bras le corps pour favoriser au plus vite leur adoption pour le bienfait de ses habitants et visiteurs.
Ces évolutions couplées à ce qui se passe avec des acteurs comme WeWork, vont nous conduire à travailler de plus en plus proche de chez nous, sans forcément opter pour le télétravail. Une entreprise pourra s’appuyer sur des espaces de coworking pour proposer à ses salariés de travailler ensemble, près de chez eux, plutôt que de centraliser l’activité au siège. Cela va décongestionner les villes et réduire la pollution…


Quel a été votre dernier effet « wahou » ?

J’ai regardé récemment une vidéo réalisée par Google qui comparait notre ADN - notre patrimoine génétique, avec la data que nous générons sur internet - notre patrimoine numérique. En analysant cette data, nous sommes capables d’améliorer nos comportements et ceux des générations futures. Nous n’imaginons pas et nous ne contrôlons pas ce que l’industrie pourra produire à partir de notre patrimoine numérique… A nous, entrepreneurs, de mettre l’éthique au cœur de nos business.



[1] QR Code : code en 2D dont le contenu peut être décodé après avoir été lu par un téléphone mobile par exemple
[2] Near Field Communication : puce permettant d’échanger des informations entre des périphériques jusqu’à 10cm environ
[3] Beacon : balise permettant de notifier des périphériques proches de sa présence et d’y activer des actions

Pour en savoir plus sur Connecthings, cliquez ici.





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