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Interview


Le monde de demain selon Dries Depoorter


Artiste

Septembre 2018, au Web2Day (Nantes)

Le monde de demain selon eux

« J’ai fait un énorme travail sur le système non protégé de caméras de surveillance : beaucoup d’entre elles sont accessibles via internet sans aucun mot de passe. Grâce à cela, nous pouvons regarder en direct des rues, des halls…

Gratter des tickets pour gagner des followers, repérer où se trouve une star en live grâce aux caméras de surveillance ou encore chatter avec des inconnus qui ont moins de 5% de batterie, voici le terrain de jeu de Dries Depoorter.
Après 3 années d'études dans l'électronique, ce belge de 27 ans s’est fait connaître par des œuvres subversives mettant en scène les travers de la technologie. Données personnelles, sécurité, surveillance, réseaux sociaux, il s'attaque à ce qu'on préfère parfois faire semblant d'ignorer...
Nous l'avons rencontré au Web2Day à Nantes en juin dernier.


Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Dries Depoorter et je suis un artiste originaire de Belgique. Je développe des applications, des sites et créer des installations interactives pour des expositions qui ont toutes pour thème la surveillance, la vie privée ou les réseaux sociaux.


Quel est le dernier projet sur lequel vous avez travaillé ?

Ce n’est pas le dernier mais celui que j’ai en tête est l’application que j’ai créée avec David Surprenant. Cette application s’appelle Die with me et vous ne pouvez l’utiliser que quand vous avez moins de 5% de batterie sur votre téléphone portable. À ce moment là, vous pouvez ouvrir un chat et discuter avec toutes les autres personnes qui ont elles aussi moins de 5% de batterie et sont connectées à l’application. « Die with me » est sorti en janvier dernier et en seulement deux semaines est devenue l’application la plus téléchargée de l’App Store US. C’était incroyable de voir à quel point les gens ont aimé le concept et l’on partagé ; depuis il y a déjà eu plus de 5 copies !


Quels sont les autres projets qui vous tiennent à cœur ?

Il y a 3 ans j’ai travaillé sur le projet Tinder In, une série de photos de personnes où je mettais face à face une photo issue de leur profil Linkedin et une de leur profil Tinder. Ce projet est à l’époque devenu viral pendant plusieurs semaines.
Un autre projet dont j’aime parler est Scratch Tickets, ce sont des tickets à gratter pour tenter de gagner jusqu’à 25 000 followers sur Twitter ou Instagram. Ca fonctionne réellement, vous pouvez gagner ces followers ! Il y a aussi dans cette série des tickets pour gagner 2 000 faux followers. Pour vous donner une idée, pour 1 000 followers sur Instagram, il faut payer 17 dollars. Je n’ai pas d’entreprise qui « fabrique » de faux followers mais je les achète pour vous si vous gagnez. Vous n’avez qu’à renseigner votre nom d’utilisateur sur un formulaire et vous recevrez un e-mail vous informant que vous avez vos nouveaux followers. Vous pouvez acheter des tickets sur mon site, j’en vends également lors d’expositions ou dans des distributeurs automatiques.

Par ailleurs, j’ai fait un énorme travail sur le système non protégé de caméras de surveillance : beaucoup d’entre elles sont accessibles via internet sans aucun mot de passe. Grâce à cela, nous pouvons regarder en direct des rues, des halls… je ne place jamais aucune caméra. C’est comme cela qu’en 2016 j’ai créé Jaywalking, une œuvre interactive avec trois écrans diffusant en direct ce que filmaient trois caméras de trois pays différents, avec un bouton rouge associé à chaque écran. J’ai mis en place un système qui alertait lorsqu’un passant traversait la route au mauvais endroit, les visiteurs ont alors le choix : signaler l’infraction ou non. Si ils pressaient le bouton rouge, cela envoyait un e-mail à la police locale avec la position de la caméra. Plus récemment j’ai prolongé cette œuvre avec Jaywalking Frames où j’expose plus de 1 000 photos de passants traversant en dehors des passages piétons, partout dans le monde. Chaque photo peut être achetée (une seule fois) et le prix que vous payez est le même que le prix d’une amende pour cette infraction dans le pays où la photo a été prise, soit 50$ en moyenne.

Enfin, Surveillance Paparazzi, un de mes derniers projets est inspiré d’un API de Microsoft, permettant de détecter 200 000 célébrités avec la reconnaissance faciale. Je me suis servi de ce service en le croisant avec le système non protégé de caméras de surveillance, partout dans le monde. L’installation que j’ai créée prend et diffuse en direct des photos de célébrités, où qu’elles soient.


Est-ce que vous vous considérez comme un artiste, un hacker ou un data scientist ?

Je me considère vraiment comme un artiste, j’ai un background en électronique et j’ai travaillé pendant deux ans dans la publicité où j’étais en charge de trouver des concepts innovants. Ma passion c’est l’art, je fais cela depuis 6 ou 7 ans mais ce n’est que depuis deux ans que je fais cela à temps plein.


Pourquoi faites vous ce type d’art, quelle est votre approche ?

La plupart de mon inspiration vient de la documentation sur les logiciels. Bien que je travaille beaucoup sur la surveillance, le machine learning ou la vie privée, je n’ai pas vraiment de direction. À vrai dire je ne m’interdis rien, par exemple je travaillais récemment sur Reversed Flag, un drapeau qui, contrairement aux drapeaux qui l’entourent, flotte contre le vent. Cette œuvre faisait partie de l’exposition dédiée à mon travail qui s’est achevée il y a quelques jours à Eindhoven aux Pays-Bas au MU ArtSpace (plus d’infos ici).
En fait, je pense que je suis un artiste qui travaille avec la technologie en général. Pour moi, c’est très important que mon travail, bien qu’il soulève des questions, reste léger et puisse être facilement compréhensible. Je veux que mes amis et ma famille puissent comprendre mon travail sans avoir besoin d’être déjà sensibilisé à l’art ou la technologie.


Quelles sont selon vous les trois grandes tendances de demain concernant l’art et la technologie ?

L’intelligence artificielle, la surveillance et les réseaux sociaux. Bizarrement ce sont les sujets sur lesquels je travaille le plus !


Quel a été votre dernier « effet wahou » ?

Il y a quelques mois j’étais avec des chinois qui m’ont appris que dans leur pays mon œuvre Jaywalker (qui a deux ans) était une réalité : un système vous envoie directement une amende lorsque vous ne traversez pas la rue où et quand il faut. Je ne pensais pas que cela arriverait si rapidement !



Pour découvrir l’ensemble du travail de Dries Depoorter, rendez-vous sur son site ici.





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