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Tilli, le couturier qui va vous faire aimer vos vieux habits

Nous essayons de remettre au goût du jour le métier de couturier qui n’a pas évolué depuis plus 50 ans donc forcément, nous rencontrons quelques challenges au quotidien, notamment avec l’éducation des consommateurs

Beryl de Labouchere est la co-fondatrice de Tilli, le premier service de couturiers à domicile. Lancée en 2017, la startup vous permet de rafistoler votre pull préféré mais aussi de transformer votre robe achetée il y a 5 ans en chemisier pour l’été. 

Pourquoi avez-vous décidé de lancer Tilli ? Et comment ?

Je n’étais pas du tout dans le secteur de la mode ni dans la couture. En effet, j’étais auparavant dans l’univers des startups et de la tech.  

À l’été 2016, alors que je testais plusieurs idées de boîtes, j’ai été invitée à 8 mariages… Je n’avais pas les moyens ni l’envie de dépenser de l’argent dans des robes que je n’allais porter qu’une ou deux fois. J’ai réfléchi à ce que je pouvais faire avec toutes les robes que j’avais déjà chez moi et j’ai finalement rencontré une étudiante en école de mode qui est venue chez moi pour m’aider à reprendre les vêtements qui dormaient au fond de mon placard. Nous avons transformé des robes, réparé plusieurs de mes vêtements et nous avons même co-créé ensemble de nouvelles pièces. J’ai découvert un métier manuel que je ne connaissais pas du tout. J’ai aimé l’échange humain et le côté à domicile beaucoup plus intime. Dans un monde où nous sommes ultra connectés, cela fait du bien de se poser quelques instants, d’avoir un échange humain et de se reconnecter à un métier manuel.

J’ai partagé cette expérience autour de moi et une amie m’a demandé si l’étudiante qui m’avait aidée accepterait de venir chez elle pour faire la même chose et redonner vie à certains de ses vêtements. Cette amie fut la première cliente de ce qui deviendra plus tard ma startup. Je l’ai d’ailleurs appelé du surnom de mon amie : Tilli.

Avez-vous dû faire face à des difficultés au lancement de Tilli ?

De nombreuses mais cela fait parti du jeu ! 

Nous essayons de remettre au goût du jour le métier de couturier qui n’a pas évolué depuis plus 50 ans donc forcément, nous rencontrons quelques challenges au quotidien, notamment l’éducation des consommateurs.

Notre challenge le plus récurrent : éduquer le client à un service de couturier disponible à la maison. Les gens recherchent habituellement un lieu physique pour réaliser ce type de service. Il y a quelques années, les premiers services de livraison de repas à domicile – aujourd’hui complètement ancrés dans les habitudes de consommation, ont aussi dû surmonter ce problème. Et notre deuxième challenge : éduquer le consommateur à réparer plutôt que de jeter ses vêtements. 

©Tilli

Vous avez fait de nombreuses collaborations, notamment avec Balzac, Swarovski… Avez-vous d’autres projets en cours ? 

Les collaborations sont assez récentes. Le principe est de proposer une expérience différenciante et sur-mesure au client. Comment ? Les marques offrent des stocks d’anciennes collections gracieusement aux clients de Tilli et le consommateur a la possibilité de le twister avec sa « Tilliste » et d’en faire une pièce unique. Ces collaborations permettent de rapprocher le consommateur et la marque et de créer une rencontre autour de la mode durable. 

Nous sommes par ailleurs en discussion avec des marques de haute couture en ce moment. À suivre… 

Où voyez-vous Tilli dans 2 à 5 ans ?

Dans 2 à 5 ans, j’espère que les services de remise à taille et de réparation pour les marques de prêt-à-porter en retail et en e-commerce sera devenu un vrai standard. Du point de vue du consommateur final, ce n’est plus un luxe de s’offrir un couturier à domicile. 

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