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Marlette, l’aventure culinaire de deux soeurs entrepreneures

Margot et moi venons d’une famille d’entrepreneurs donc nous n’avions pas peur de mettre la main à la pâte.

À l’occasion du Bold Women Award organisé par la maison Veuve Clicquot, qui distingue les femmes entrepreneures et audacieuses, nous avons pu échanger avec Scarlette Chavinier, l’une des deux soeurs co-fondatrices de Marlette, LA marque de préparations bio de gâteaux et biscuits à réaliser soi-même. Chez Marlette, Scarlette est en charge du marketing et du développement des Cafés Marlette.

 

Pourquoi et comment avez-vous lancé Marlette ?

Nous avancé lancé Marlette il y a 9 ans. À l’époque, j’avais 23 ans et j’ai décidé d’arrêter mes études pour me lancer avec Margot. Elle venait de terminer ses études en ingénierie agroalimentaire. On était toutes les deux fans de cuisine, de bons plats et bons ingrédients… et on a découvert que dans notre région (l’Île de Ré), il y avait de nombreuses fermes de céréales bio. On a été faire des visites, on a acheté plein de farines de différents types et on a commencé à concevoir des préparations pour faire du pain chez nous.

Nous avons remarqué que dans les rayons de préparation pour gâteaux, pains etc., il n’y avait que des marques industrielles, plutôt bas de gamme. Pour réaliser des gâteaux pas chers et rapidement. Et ces produits n’étaient pas destinés aux personnes qui avaient envie de bien manger, bien cuisiner et de se faire plaisir en un minimum de temps.

On s’est vite dit qu’il y avait peut être quelque chose à imaginer et on a décidé de se lancer dans les préparations pour gâteaux.

Margot et moi venons d’une famille d’entrepreneurs donc nous n’avions pas peur de mettre la main à la pâte. Comme nous n’avions pas les moyens d’acheter un mélangeur industriel, nous avons acheté une bétonnière de maçon et on a mis un revêtement alimentaire au fond pour pouvoir faire nos préparations de gâteaux. Nous avons fait ça pendant un an et demi environ et nous avons fabriqué 150 000 paquets à la main, avec une balance, un entonnoir et des charlottes sur la tête. Nous n’étions que toutes les deux, et notre grand-mère nous a aidées à coller les étiquettes. Beaucoup de copains nous ont aussi épaulées dès qu’ils étaient disponibles.

Le premier événement qui a permis de lancer la marque a été un salon de gastronomie à Paris. Notre père, qui est architecte naval, nous a construit un super stand. Notre identité visuelle a été très forte dès le début, et beaucoup d’acheteurs ont cru que Marlette était une marque déjà établie. Nous avons été référencées très rapidement ; les acheteurs des grands magasins étaient ravis qu’il y ait enfin une marque qui fasse bouger un peu ce rayon.

Au bout de 6 mois, on a réalisé qu’on avait eu plein de 1ère commandes mais zéro réassort. En fait, les magasins n’arrivaient pas à écouler leurs stocks. On a commencé à faire des dégustations, expliquer les produits et la marque. On vendait bien et dès qu’on arrêtait de faire ça, on ne vendait plus de produits. Du coup, on a décidé d’aller chercher nos consommateurs et on a commencé à faire beaucoup d’événements, des petit-déjeuners presse…

C’est à ce moment-là qu’on a compris qu’il fallait ouvrir un café pour continuer à faire vivre la marque. On voulait ouvrir le premier dans une rue emblématique de Paris, la rue des Martyrs et cuisiner nos gâteaux sur place, les faire goûter aux gens, expliquer la marque et s’installer dans un décor qui nous ressemble. Le café nous a vraiment permis de lancer Marlette. Il a répondu à nos attentes et nos clients ont enfin pu découvrir la marque et Marlette s’est installée dans leur quotidien. Depuis, nous avons ouvert quatre autres cafés et le cinquième va ouvrir dans quelques semaines rue de Bretagne à Paris.

Marlette est devenu le spécialiste du brunch, du petit-dej et du goûter avec un concept plutôt innovant : tout ce que nos clients mangent dans les cafés Marlette, ils peuvent repartir avec (à 90%) et refaire les recettes chez eux !

Comment s’est passée l’ouverture du premier café Marlette ?

Cela a été très dur au début car nous ne sommes pas restauratrices. Les premiers jours ont été intenses… On a eu la chance d’avoir beaucoup de presse dès l’ouverture du café mais dans les faits, cela veut dire qu’il y avait des dizaines de personnes qui faisaient la queue devant le café, tous les jours et pendant des mois. Au début, je me suis dit qu’on y arriverait pas ! Mais j’ai appris sur le tas, et maintenant l’équipe est rodée. Aujourd’hui, nous avons un responsable d’exploitation, des équipes formées, des process en place. Maintenant que nous avons ouvert quatre cafés à Paris, je peux dire que nous sommes des restauratrices.

On arrive aujourd’hui à développer la marque et les cafés. Cela a été compliqué au départ d’avancer sur les deux sujets en même temps car l’ouverture des cafés nous a pris beaucoup de temps et c’était notre priorité.

Maintenant que le concept des Cafés Marlette est bien installé à Paris, où en sont la marque et ses produits ?

Nous avons eu la chance de rencontrer Amaury Boisselet et Cédric Colliot, complètement par hasard, réciproquement ancien Directeur Commercial chez Michel et Augustin et Directeur Général chez Gü. Tous les deux ont une expérience commerciale que nous n’avons pas et nous apprenons énormément à leurs côtés. Nous avons eu un gros coup de coeur et venons tout juste de s’associer avec eux sur la partie Marlette Épicerie. Nous sommes actuellement en train de développer avec eux de nouvelles catégories de produits qui sortiront en 2020.

En 2020, nous avons décidé d’ouvrir le concept des cafés Marlette à la franchise pour se développer dans le reste de la France. On a réfléchi à le faire en propre mais on a réalisé que c’était trop dur de gérer des restaurants à distance. On a envie de continuer à faire évoluer la marque en étant à Paris et en restant à la tête de nos différents cafés parisiens.

Avez-vous prévu d’ouvrir un café Marlette à l’Île de Ré ?

On en rêve ! Mais c’est un peu compliqué d’ouvrir à l’Île de Ré car les prix sont très élevés. Il faut faire son chiffre d’affaires en 3 mois parce que durant l’hiver il n’y pas beaucoup de monde. Mais on continue de regarder les offres immobilières et on espère un jour pouvoir y ouvrir un café !

Et se lancer avec sa soeur, c’est mieux ?

En fait, notre collaboration s’est faite un peu par hasard. Nos parents nous ont poussées et nous ont dit qu’on devrait lancer Marlette ensemble. C’est vrai que nous sommes très complémentaires. Margot, c’est la R&D, le développement produit et moi le marketing, l’identité visuelle, la communication. Nous avons chacune une équipe, une à Paris et une à l’Île de Ré.

Je pense que travailler avec sa soeur est plus facile qu’avec un associé, un ami. On se connaît très bien et on a eu l’habitude de se chamailler lorsque nous étions petites. C’est plus simple de passer à autre chose lorsqu’on est soeurs et que l’on passe du temps ensemble avec nos familles, nos enfants.. Notre binôme fait que la marque fonctionne aujourd’hui. On a créé un produit qui nous ressemble à toutes les deux.

La semaine dernière a eu lieu le « Bold Women Award » organisé par Veuve Clicquot. Ce prix récompense les femmes entrepreneures qui osent. Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez su que vous étiez parmi les 3 finalistes ?

C’est très flatteur d’être dans la salle avec toutes ces femmes entrepreneures. Nous avions postulé pour le Bold Future Award qui récompense les start-uppeuses et non le Bold Women Award qui récompense les entreprises et leurs fondatrices accomplies. Nous n’aurions pas osé postuler à ce prix mais cela nous a vraiment touchées d’être aux côtés des deux autres finalistes. Marlette a bientôt 10 ans mais c’est vrai que nous ne nous sommes pas vues grandir ces dernières années !

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