Le pari de l’intelligence artificielle collective

Chez Microsoft, nous voulons offrir aux championnes de l’intelligence artificielle des workshops techniques, communautaires et liés à la recherche

Anthony Virapin, directeur de la business unit « Start-up » chez Microsoft, nous explique sa mission, son ambition et les grandes lignes de son fonctionnement.

Pouvez-vous nous préciser votre mission au sein de Microsoft ?

Notre approche est double, fondée sur une combinaison tech et business. L’approche tech : on aide les startups à utiliser les technologies de Microsoft, comme des outils cloud, des outils de productivité et des logiciels Microsoft. L’approche business consiste à se demander comment nous pouvons aider les startups à se connecter à notre écosystème de clients et de partenaires.  

Avec quel type de startups travaillez-vous ?

Notre BU est en charge de l’accompagnement de l’ensemble des startups, avec un focus particulier sur l’intelligence artificielle. Lorsque nous traitons de l’IA, nous parlons de technologie. 

Ce qui nous intéresse tout particulièrement, ce sont les startups qui ont un profil d’éditeur de logiciels – des startups qui commercialisent un logiciel à une autre entreprise et qui sont déjà “matures”. 

Globalement, nous collaborons avec des startups qui sont déjà à un stade avancé de leur développement. Elles possèdent une technologie qui existe et un produit qui est déjà commercialisé ou en phase de commercialisation – que nous essayons d’accélérer.

Quels types de partenariats nouez vous ?

L’accompagnement des startups s’appuie sur un programme qui s’appelle « Microsoft for Start-ups » : il encadre les relations et les partenariats avec ces startups et leur permet d’accéder à plusieurs bénéfices liés à la plateforme Microsoft. 

Parmi ces bénéfices, nous pouvons citer le credit cloud ou le fait que nous offrons des logiciels Microsoft pendant une durée limitée (de 1 à 2 ans). 

Il y a aussi tout un suivi avec des collaborateurs Microsoft qui sont dédiés à l’accompagnement business et tech des startups. 

La partie « prise de participation » ne fait pas partie de cet accompagnement partenarial. Mais nous disposons par ailleurs d’une filiale de « capital-risque », totalement détachée des partenariats, « Microsoft 12 » (anciennement “Microsoft Ventures”). Elle exerce aujourd’hui essentiellement aux Etats-Unis même si elle a réalisé plusieurs investissements en Europe. 

Comment fonctionnez-vous ?

Sur le programme « Microsoft for Start-ups », les promotions vont de 1 à 2 ans. Chez Microsoft, plutôt que parler de promotions nous parlons de programmes. Pourquoi ? Car dès leur création, les startups peuvent miser sur ce programme. Elles intègrent celui-ci et accèdent à certains bénéfices en fonction de leur type d’activité et en fonction du dossier qu’elles ont déposé au préalable.

Nous leur octroyons l’accès au programme pendant un an avec les crédits et les bénéfices associés. Nous pouvons renouveler ce programme pour une année supplémentaire en fonction de leurs besoins. 

Quels sont les critères de sélection ?

La sélection se fait en continu. Il y a des appels à candidature tous les jours – à n’importe quel moment, une startup peut postuler au programme « Microsoft for Startups ». Pour cela, il suffit de déposer un dossier de candidature sur le site internet dédié ou de passer directement par nos équipes. 

Pour postuler au programme, il faut être une startup avec un profil et une solution B2B déjà commercialisée, avoir déjà levé des fonds et avoir moins de 5 ans d’existence. Les startups peuvent ensuite échanger avec les équipes de Microsoft pour finaliser leurs dossiers. La réponse est rapide : quelques semaines pour avoir un premier retour de la part de nos équipes. Dès validation du dossier, nous procédons à la phase d’onboarding pour intégrer la startup au programme.

Pouvez-vous nous parler plus spécifiquement de l’« AI Factory » ? 

Il y a deux ans, nous avons lancé la communauté « AI Factory » qui complète le dispositif « Microsoft for Startups ». Cette communauté vise à fédérer les meilleures startups de l’intelligence artificielle en France. Nous souhaitions créer cette communauté pour nous aider à faire rayonner l’intelligence artificielle en France, en Europe et à l’international. 

Notre ambition est le passage à l’échelle et évidemment d’aider les startups à être plus visibles. La communauté « AI Factory » a été lancée en même temps que Station F. Au départ, la communauté était composée de 7 startups et notre activité principale était de l’animer. Au fil des mois, nous avons décidé de la faire évoluer grâce à l’arrivée de nouvelles startups choisies, à celles du début et grâce à l’aide de l’INRIA qui fait aussi partie du dispositif. 

Nous voulons offrir aux championnes de l’intelligence artificielle des workshops techniques, communautaires et liés à la recherche. Ensemble, nous savons que nous pouvons être plus forts pour faire grandir notre communauté. 

Nous avons désormais une trentaine de startups au sein de la communauté qui travaillent toutes sur des verticales et des objectifs différents mais ont l’IA au cœur de leur réseau. En tant que membres de l’AI Factory, elles animent avec nous le réseau, des workshops, des meet-ups et des activités en ligne. « Communauté » et « intelligence artificielle » sont vraiment les mots-clés pour décrire l’AI Factory.

L’AI Factory à Station F

Aujourd’hui, la formule d’accompagnement est modifiée et s’étend sur 5 secteurs à commencer par celui de l’énergie, pourquoi ?

La formule d’accompagnement change, mais la communauté reste : elle va continuer à grandir et nous allons garder ce focus sur l’IA. Ces deux dernières années nous ont permis de comprendre que travailler en écosystème avec les startups, les partenaires et l’INRIA a un impact positif sur toutes les parties prenantes. 

Nous avons recensé 5 grands enjeux économiques et sociétaux que sont la santé, l’environnement et l’énergie, les transports, les services financiers et l’agro-alimentaire – enjeux mis en avant dans le rapport de Cédric Villani. Avec les startups du programme, nous voulons mettre en place une approche plus verticale et efficace avec elles. 

Notre première promotion est centrée sur l’énergie. Notre but est d’accélérer ensemble l’évolution du secteur grâce à l’IA. Nous souhaitons réunir le plus de forces autour de nous. C’est pour cette raison que Schneider Electric, leader du secteur de l’énergie a rejoint et participe au programme. Nous travaillons aussi avec des fonds de capital-risque : « ELAIA » et « Energize », ainsi que l’INRIA et d’autres acteurs technologiques comme « SigFox ». Ce qui est intéressant, c’est de réunir tous ces acteurs autour d’une table pour aider les startups à avancer et à accélérer leur développement ainsi que celui du secteur de l’énergie.

Dans votre communauté actuelle, les startups sont-elles toutes françaises ?

La majorité le sont mais 11 nouvelles nous ont rejoint récemment et certaines d’entre elles viennent du Royaume-Uni et d’Asie. Nous avons bien amorcé la phase d’intégration de startups étrangères : c’est quelque chose que nous souhaitons vraiment amplifier avec les nouvelles promotions qui sont à l’échelle européenne.

Est-ce qu’il existe des liens entre l’école IA de Microsoft et vous ?

Effectivement. Quand on parle d’IA chez Microsoft, nous faisons le lien entre les différentes entités qui peuvent travailler sur le sujet, dont l’école IA de Microsoft. Il existe différentes initiatives qui permettent de nous fédérer entre les services concernés par l’IA. 

Le collectif Impact AI nous aide en ce sens : il nous permet de réunir autour d’une table tous les acteurs qui peuvent partager ou être référents sur le sujet. Les assemblées de l’Impact IA intègrent des startups de l’AI Factory, des grands comptes, des développeurs, des chercheurs et chercheuses, l’INRIA, etc. Ce sont des moments de partage, mais aussi des moments de réflexion sur l’éducation, et donc sur la formation des apprenantes et apprenants de l’école IA. Nous fédérons toutes ces équipes au sein de ce collectif.

Quels sont les grands enjeux à venir ?

Aujourd’hui, le monde va de plus en plus vite. À travers nos activités et notre cœur de métier (l’édition de logiciels), le rôle de Microsoft est d’accompagner un maximum d’entreprises à utiliser ses technologies pour répondre à leurs enjeux business. Nous pensons que la contribution des startups et des éditeurs de logiciels va aider tout le monde à avancer plus vite ! Lorsque nous parlons de partenariats avec les startups, l’enjeu est de se demander comment Microsoft peut aider, contribuer, accélérer la transformation de l’industrie et de ses clients. 

Aujourd’hui, du côté des technologies, nous parlons beaucoup d’IA : il n’y a plus de débat sur le fait que c’est une évolution majeure de notre société. Seulement, il existe d’autres évolutions comme le quantum computing (NDLR : l’informatique quantique) par exemple, dans lequel les startups auront un rôle extrêmement important. 

Lorsque nous parlons de partenariats avec les startups, nous les pensons dans la durée. Nous pensons que ces changements doivent être pensés en écosystème. Pour nous, tout l’enjeu est là ! Comment ces partenariats d’aujourd’hui peuvent être les partenaires de nos clients demain ?

Nous aurions peut-être dû commencer par ça mais… c’est quoi pour vous une « startup » ?

Rires. J’aime bien poser cette question aussi parce que les réponses sont toujours différentes.

Chez Microsoft, une startup est une entreprise qui prend beaucoup de risque mais qui a beaucoup de potentiel. C’est une définition quelque peu triviale. Cependant, elle prend tout son sens lorsqu’une entreprise lève des fonds par exemple : elle prend des risques pour commercialiser son produit, s’internationaliser et passer un cap !


Vous avez jusqu’au 31 août pour déposer votre dossier de candidature à AI Factory for Green Energy.

Vous devez avoir développé une solution de Green Energy fondée sur une technologie d’IA et destinée aux entreprises et organisations et avoir déjà réalisé une levée de fonds.