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Le monde de demain selon Emmanuel Joubert

L’alimentation […] est un sujet qui nous concerne tous et à travers lequel nous avons un réel pouvoir !

Après plus de 10 années passées à travailler en tant que salarié dans le privé, Emmanuel Joubert a eu envie de donner du sens à son travail. Ses convictions écologiques fortes l’amènent à créer sa startup pour fabriquer des fromages à base de matières végétales. Il est d’ailleurs le premier français à avoir commercialisé un camembert végétal en France et a été fraîchement élu lauréat du Concours National de la Création Agroalimentaire Bio !

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Emmanuel Joubert et j’ai 39 ans. Le projet que je porte aujourd’hui fait suite à une reconversion car à la base je sors d’une école de commerce et j’ai travaillé 11 ans dans le marketing au sein d’un laboratoire pharmaceutique.
Je ne m’y suis jamais trop senti à ma place et ai plutôt subit mes études qu’autre chose. Ca a été sympa quelques temps mais ca ne me correspondait pas. Je suis donc arrivé à un moment où le besoin de faire quelque chose qui me corresponde plus et soit en ligne avec mes convictions – écologiques entre autres – était indispensable.

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de Tomm’ Pousse ?

Tomm’ Pousse, ce sont des fromages faits à partir de matières végétales : le point de départ de tout ça, c’était mes convictions écologiques et la volonté de les mettre en acte. L’idéal étant de conjuguer cette ambition avec un centre d’intérêt, je me suis naturellement orienté vers l’alimentation. C’est d’autant plus important que c’est un sujet qui nous concerne tous et à travers lequel nous avons un réel pouvoir, même si trop souvent nous restons passifs.
J’ai eu l’idée du projet il y a deux ans et ai créé l’entreprise il y a un an et demi. J’ai ensuite commercialisé les premiers produits il y a quelques mois au salon Veggie World. C’est assez récent mais tout ce qu’il s’est passé avant était dédié aux tests et à la R&D, surtout pour une personne comme moi qui n’avait pas d’expérience dans le milieu !

Votre projet dépasse l’envie de créer et commercialiser des produits, n’est-ce pas ?

Sans même parler des problèmes de santé ou du bien être animal, l’alimentation est aujourd’hui une des causes majeures des problèmes environnementaux. Il s’agit de la première cause de réchauffement climatique, de déforestation, de pollution des sols, … L’élevage intensif et la surconsommation de produits d’origine animale nécessite des quantités de ressources énormes, forcément, ça a un coût écologique. Il faut observer ce qu’il se passe à l’échelle mondiale : oui en France, cela a tendance à diminuer mais dans d’autres pays comme la Chine ou l’Inde, la demande et donc la production de produits d’origine animale croît fortement.

Je me suis demandé comment sensibiliser les gens à ça. Il y a plein de manières d’agir, de mon côté, j’ai ressenti le besoin d’être dans la production, le processus créatif, et quand j’ai découvert le fromage végétal je me suis dit qu’il y avait vraiment quelque chose à faire. C’est un véritable symbole de la gastronomie française et pour remplir cette mission de sensibilisation, il faut casser les préjugés vis à vis de l’alimentation végétale : quoi de mieux que le fromage ?

Où en êtes vous aujourd’hui et quels projets pour demain ?

Pour le moment je suis seul aux commandes avec un stagiaire qui m’accompagne et j’ai aussi une chargée de communication et une graphiste qui travaillent avec moi. J’espère que l’équipe va grandir car il y a beaucoup de demandes ! Il commence à y avoir un vrai engouement et l’offre est beaucoup plus faible que la demande.

Jusqu’à récemment, nous avions trois fromages végétaux : 2 fetas végétales à base de soja bio français du Sud-Ouest (La Carrée fines herbes et La Carrée olives) et le CamemVert à base de noix de cajou bio, un fromage à croûte fleurie affiné pendant plusieurs semaines. Nous commercialisons aussi du « bacon de coco » qui sont des chips de coco à utiliser en apéritif ou en topping.
Nous avons récemment étoffé la gamme et présenté deux nouvelles tommes affinées selon des techniques fromagères traditionnelles lors du dernier salon Veggie World : le Camemvert à la sauge, et le Bleu de Paname, un fromage à pâte persillée.

Où peut-on vous trouver ?

Jusqu’à il y a peu, la seule manière de nous acheter était de venir sur place à Nanterre (NDLR : le lieu de production) ou de nous retrouver lors de salons. Nous sommes désormais présents sur deux plateformes de circuits-courts : Peligourmet et Le Comptoir Local.

La prochaine étape sera de sortir d’Île de France et d’être présent dans des épiceries vegan et des magasins bios car cela n’était pas encore possible puisque nous attendions de pouvoir produire plus et les résultats de certaines analyses permettant de connaître les durées de conservation et d’obtenir la certification bio que nous avons eu en janvier.
En parallèle nous avons commencé à développer des partenariats avec des restaurateurs qui souhaitent utiliser nos produits.

Quelles sont selon vous les trois grandes tendances du monde de demain ?

Clairement, mais ce n’est pas une surprise : l’alimentation végétale va devenir un véritable raz de marée dans les années à venir, nous n’en sommes qu’aux prémisses.
Une autre grande tendance sera la relocalisation à de nombreux niveaux : relocalisation des moyens de production, des monnaies, de la consommation, etc. Le boom du collaboratif en est un des signes majeurs.
Enfin, et finalement cette tendance englobe les deux précédentes : le mieux vivre ensemble, avec la nature. Tout ce qui va tendre à limiter notre impact sur la planète.

Quel a été votre dernier effet « wahou » ?

La lecture d’Antispéciste d’Aymeric Caron !

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Tomm’ Pousse.

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