Le monde de demain selon Charlotte Marchandise

J’ai réalisé plus de choses en 5 ans en tant qu’élue de la ville de Rennes qu’en 20 ans en tant que présidente d’association, parce que les élus ont le pouvoir exécutif, le pouvoir d’agir

Engagée dans la vie associative depuis une vingtaine d’années Charlotte Marchandise a travaillé dans le numérique, l’éducation ou encore l’environnement. En 2014, cette slasheuse quarantenaire est élue (sans parti) à la Mairie de Rennes en tant qu’adjointe déléguée à la santé. « Bisounourse radicale », elle devient en 2017 la candidate citoyenne à la présidentielle suite à la primaire ouverte de LaPrimaire.org. Deux ans ont passé et après l’avoir vu intervenir lors d’événements organisés par Eklore, nous l’avons rencontré à la sortie Ministère des Solidarités et de la Santé où elle nous a raconté cette aventure et bien plus…

Pourquoi faites-vous de la politique ?

Je fais de la politique parce que j’en avais marre d’être contre la politique. J’ai commencé à m’y intéresser dans le cadre de mes activités de présidente d’association et parce que plusieurs personnes de ma famille sont politisées. J’étais élue bénévole d’un mouvement associatif rennais où nous travaillions sur la manière de co-construire les politiques publiques : en y mettant plus de sens et en réfléchissant à d’autres formes de gouvernance et une véritable alliance. C’est par cet engagement qu’en 2014 des listes électorales sont venues me demander de les rejoindre pour les élections municipales. N’étant pas rennaise et n’ayant pas de parti, j’étais étonnée et j’ai d’abord dit non. Cependant, cela m’a fait réfléchir et je me suis dit que sans essayer de mieux faire, c’était facile de critiquer.

Avez-vous eu le sentiment qu’on venait vous chercher pour de « mauvaises » raisons ?

On le voit bien, les groupes politiques sont majoritairement composés d’hommes. Les femmes ont plus de mal à s’engager. Composer des listes paritaires avec des personnes de la société civile, ce n’est pas si simple. On est venu me chercher pour cela mais c’est bien moi qui ai finalement décidé de dire oui, à condition de ne pas venir pour « remplir » ou d’avoir à rejoindre le parti. Il y a beaucoup d’endroits où les personnes de la société civile prennent leur carte du parti dans les 3 mois suivant l’élection. Ce n’est pas qu’ils se trahissent, c’est le manque de statut de l’élu local qui provoque cela.

Pourquoi ?

Le système favorise des dysfonctionnements : nous sommes, pour beaucoup d’élus locaux, mal indemnisés, nous n’avons pas le droit au chômage à la fin de notre mandat et le rôle d’un élu n’est pas toujours très clair. De plus, un élu est souvent mal vu par une grande partie de la société, il est donc difficile de retrouver du travail. En prenant sa carte dans un parti on peut se protéger un peu. Pour ne pas rentrer dans un parti quand on est dans un monde très politique, il faut s’accrocher. Ce n’est pas une question d’individus ou quelques cas isolés qui font la une, le problème est systémique. Pourtant, au niveau du réseau national d’élus que je préside, il y a des personnes issues de la société civile qu’on n’entend pas alors qu’elles ont vraiment des choses intéressantes à dire.

La liste dont vous faites partie est élue, racontez nous.

Je ne m’y attendais pas ! Notre liste a fait 15% et suite à un accord lors de l’entre deux tours avec la liste majoritaire, je me suis retrouvée adjointe à la maire car j’étais la plus expérimentée sur les questions de santé. Cela implique une équipe de 45 personnes, de nombreuses présidences de comités, de faire le lien avec les habitants sur énormément de sujets parfois très techniques… C’est aussi vaste que passionnant !

Faire de la démocratie participative, tout le monde en parle, mais quand il s’agit de le faire réellement, il faut tout réinventer. Parmi les habitants, certains ne se sentent pas à l’aise pour parler en public ou dans des instances très formelles et d’autres ont eu l’habitude de concertations qui ne fonctionnaient pas. Il faut instaurer une nouvelle confiance, basée sur des choses très concrètes. J’ai défini et partagé auprès des rennais mon cadre (échelle municipale), mon budget et ce sur quoi il est possible qu’ils décident. Il a fallu que nous repensions complètement l’action politique et la manière de rendre des comptes.

J’ai décidé d’utiliser les réseaux sociaux au maximum pour partager ma vie d’élue. Cela permet aux gens de savoir ce que je fais et de pouvoir m’interpeller sur un sujet précis. Tout cela participe humblement à créer de nouvelles manières d’être élu. Cela crée de la confiance et montre à quel point un élu local est important : nous décidons de beaucoup de choses, ce dont je n’avais pas conscience avant. À travers cette expérience, j’ai aussi l’occasion de partager mon rapport d’étonnement sur la manière dont est construite l’action publique.

Ce travail d’élue vous occupe à temps plein ?

Les élus font ce qu’ils veulent et c’est un des problèmes liés à ce statut trop flou. En ce qui me concerne je travaillais 70h par semaine la première année. C’était nécessaire pour rencontrer tout le monde et comprendre la complexité de l’action territoriale. Dès 2014 j’ai été élue à la présidence d’un réseau me permettant de faire du plaidoyer (ou « lobbying citoyen ») au niveau ministériel et de faire remonter l’expérience du terrain. Nous construisons ensemble avec des élus de tous bords.

Par la suite, pendant deux ans j’ai travaillé l’équivalent d’un temps plein classique. Pendant la campagne présidentielle je consacrais un jour et demi par semaine à mon mandat et j’ai été remplacée au niveau du réseau.

Depuis, je consacre environ 70 à 80% de mon temps à mon mandat car je dois travailler à côté. En effet, je suis indemnisée à hauteur de 1 400€ par mois pour la ville et 145€ pour la métropole. À 44 ans et avec trois enfants, ce n’est pas assez pour s’en sortir.

Cette fonction est passionnante mais avec la complexité des décrets, des lois et des personnes, à mi-temps, c’est difficile. De plus, comme je ne suis pas fonctionnaire, trouver du travail est compliqué : personne ne veut embaucher un(e) élu(e) et encore moins en temps partiel ! C’est un problème pour beaucoup d’élus locaux.

Après cela, comment LaPrimaire.org est « venue » à vous ?

Ayant travaillé dans le numérique, je suivais cette initiative que je trouvais géniale.

Quand seulement 9% des français font confiance aux partis politiques, il y a une vraie nécessité de les réinventer !
Je ne suis pas contre les partis mais nous avons un problème collectif qui amène aux populismes, à l’abstention – grande gagnante de toutes les dernières élections… Dans ce contexte, LaPrimaire.org était une idée qui me plaisait bien. Il y avait dans ce projet une réelle transparence à toutes les étapes. C’était aussi une démarche avec de vraies innovations comme le jugement majoritaire qui consiste à ne pas voter pour une seule personne mais à évaluer chaque programme. Cela peut vraiment changer radicalement la façon de voter et donc la politique.

Quand la plateforme a ouvert, je suis allée voir qui étaient les candidats. Il y en avait plus de 250 dont seulement 8 femmes. J’ai pris une claque et j’ai décidé de me lancer. J’ai préparé un programme basé sur une méthode plutôt que « Mon Programme pour la France ». À mon sens, c’est cela qui manque : nous travaillons en silos, les ministères ne se parlent pas entre eux, des lois se superposent les unes aux autres sans cohérence… Il faut faire de la politique agile et innovante.

Qu’est-ce que cela a donné ?

À la fin de la première phase pendant laquelle il fallait recueillir 500 parrainages citoyens, je me retrouve 2ème sur 280 candidats. Après un petit moment de panique, je me positionne comme facilitatrice, ce que je fais déjà en tant qu’élue. Ainsi, je fais un appel pour une candidature collective. Plusieurs candidats sont d’accord mais souhaitent que je sois la tête de liste. Je me retrouve donc en première ligne parmi 12 candidats finaux.
Au même moment je préviens l’organisation de LaPrimaire.org que le ou la gagnante n’aura pas les 500 signatures d’élus si nous lançons la campagne le 1er janvier.

Et l’élection finale a lieu le 31 décembre…

J’ai essayé de faire sauter des étapes mais ce n’était pas le projet de tout le monde. Nous avons fait une élection au jugement majoritaire le 31 décembre 2016. Il y a eu 30 000 votants, soit deux fois plus que la primaire d’Europe Écologie Les Verts. ! En terme de couverture médiatique cela pose question car nous n’en n’avons pas eu autant. Le système du jugement majoritaire a permis aux gens de lire les programmes. Ils ont joué le jeu parce que nous faisions appel à leur intelligence. Et j’ai été élue.

Vous devenez donc LA candidate citoyenne de cette présidentielle, quelle est la suite ?

Nous écrivons un livre (en précommande ici) qui raconte cette expérience et sommes en train de créer un wiki qui documente tout ce que nous avons fait. Il n’existe pas de petit guide « Devenir président » !

Début janvier, c’est donc la course aux parrainages! Il faut avoir une équipe et créer un compte de campagne. Cela nous occupe 24/24h, j’ai des rendez-vous avant le petit-déjeuner, je ne trouve pas le temps de faire pipi… C’était aussi une campagne low cost : voyager en seconde, dormir chez l’habitant… C’était intense et plein de personnes superbes ont rejoint la campagne. En revanche, comme nous débattions de tout, tous ensemble, ce n’était pas toujours efficient. Nous avons eu 137 parrainages et le sentiment qu’il ne nous avait pas manqué grand chose. Quand j’ai été interviewée par Yves Calvi sur RTL deux jours avant la fin des parrainages, dans l’heure qui a suivi nous en avons obtenu 18 de la part d’élus que nous n’avions pas démarchés. Si j’avais fait le journal télévisé de 20h, nous aurions eu les 500 parrainages.

Et justement, si vous aviez eu les 500 parrainages ?

Nous aurions monté une équipe complète avec laquelle nous serions partis en tournée. Avec cela nous aurions peut être été plus crédibles. Nous avons écrit un programme (disponible ici) qui citait ses sources, détaillait la manière de mettre en place chaque action, d’où elles venaient, les délais pour les réaliser… Nous voulions que les gens nous croient non pas parce que nous leur faisions des promesses mais parce que nous disions d’où venaient nos propositions et comment nous allions les appliquer.

À Rennes par exemple, je peux expliquer comment et sur quels critères objectifs et collectifs sont prises chacune de mes décisions. L’idée est de renverser la façon dont on fait de la politique : des décisions prises sur des évidences scientifiques, économiques et qui soient réalisables.

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience et quelles sont les perspectives pour la prochaine présidentielle ?

Avant la présidentielle de 2022, il y a les élections municipales de 2020. C’est essentiel d’avoir des maires. D’ailleurs certains sont venus me voir après les élections de 2017 en me disant regretter de ne pas m’avoir parrainée. Le timing est très important !

D’ici là, pour convaincre les électeurs de voter pour des listes citoyennes aux élections municipales il faut commencer à répondre à plusieurs questions : à quoi peut ressembler une ville gérée autrement ? Comment faire plus de démocratie dans les conseils municipaux ? Comment associer les gens aux décisions qui les concernent de façon plus systématique ? Et surtout, comment former les personnes qui veulent se lancer pour les municipales ? Il y a déjà des startups qui abordent ces problématiques, mais il n’y a pas d’élus dans leurs organisations. Qu’elles viennent nous chercher pour que nous partagions nos expériences du terrain !

En parallèle, il faut dès maintenant construire pour la présidentielle. Il est nécessaire que cela soit préparé plus en amont et avec des équipes qui feront émerger des candidat(e)s. Comme le disait Einstein : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré », si on veut changer les choses, il faut de nouvelles personnes.

D’ici la présidentielle, j’aimerais écrire une série télévisée. On dit parfois qu’Obama a été élu notamment parce que dans la série 24h Chrono, il y avait un président noir. Comment créer un nouvel imaginaire, un nouveau récit politique ? J’aimerais bien une uchronie où notre équipe aurait gagnée la présidentielle de 2017. Comment voyons-nous le jardin potager collectif à l’Élysée ? Un 14 juillet qui ne serait pas qu’un défilé de chars mais pourquoi pas des services civiques, des agriculteurs avec des tracteurs, des profs, des infirmiers… ? Une équipe de France de football qui aurait gagné la coupe du monde avec des maillots fabriqués par des adultes, en France et avec du bio ?

Je suis convaincue que les gens ont envie de rêver, qu’ils préfèrent être gentils que méchants. Cela fait un peu basique mais voter facho ne rend pas heureux. Si on le fait, c’est parce qu’on est malheureux et qu’il faut trouver un coupable.

Je veux faire de la politique qui rende les gens heureux.
Lors de mon interview chez Mediapart avec Edwy Plenel, il m’avait dit que j’étais une bisounourse, ce à quoi je lui avais répondu que j’étais « une bisounourse radicale ».

C’est quoi être une bisounourse radicale ?

C’est vouloir du mieux et s’en donner les moyens. Je ne suis pas là à rêver dans mon coin, je m’engage dans l’action politique. Je vous donne un exemple très simple : on ne peut pas être pour la paix et vendre des armes à l’Arabie Saoudite. Il y a des choses qu’il faut radicalement assumer : je suis en faveur de l’écologie ? Je ne fais pas la montagne d’or en Guyane.

Être bisounourse radicale c’est être radicalement pour la paix, radicalement pour l’accueil, radicalement pour le « prendre soin », d’aller radicalement chercher le meilleur des gens, les tirer vers le haut et chercher le consensus.
Le débat doit porter sur ce qui va améliorer la vie quotidienne des gens. Comment réfléchit-on à des solutions collectives, collaboratives et pas forcément économiques, ce que font beaucoup plus les millennials ?

Il faut aussi radicalement associer les gens. On ne fait pas « un peu » de démocratie. Au début c’est compliqué mais si on prend le temps, cela fonctionne beaucoup mieux. Cela permet de construire des choses qui fonctionnent dès le départ. Il faut proposer des modèles variables qui permettent à chacun de s’exprimer. Pourquoi ne pas s’inspirer des jurés d’assises ? Ces derniers sont tirés au sort, ont automatiquement l’autorisation de leur employeur et sont indemnisés (journée de travail, déplacements et logement) pour participer. C’est aussi cela qui rend la participation de toutes et tous possible.

Être bisounourse radicale c’est également comprendre que la vulnérabilité est une chance, que c’est une vraie force. C’est parce qu’on a été vulnérable à un moment donné qu’on peut aussi faire preuve d’empathie envers les plus faibles (NDLR : Malène Rydahl nous apprenait dans son interview ici qu’au Danemark, l’empathie est enseignée à l’école).

Il faut des responsables politiques qui aient les pieds plus ancrés dans la réalité ou qui aient des moyens de médiation qui fonctionnent. Les députés font des concertations et des visites de terrain mais personne ne lit leurs rapports. Il y a de nombreux espaces où nous vivons des expériences démocratiques remarquables mais il faut en rendre compte autrement qu’avec des rapports de 600 pages que les députés eux-mêmes ne lisent pas toujours.

Il faudrait donc plus de vulgarisation ?

Oui, nous savons très bien le faire mais nous n’y allouons pas de moyens. On a souvent le sentiment que les politiques de quartiers sont un peu ternes et poussiéreuses. Comment rendre cela attirant ?

À Paris, dans le 19ème, le Cafézoïde a réussi quelque chose de génial en créant une vraie mixité sociale grâce à une offre (cours, ateliers, etc) intéressante pour tout le monde. On a du mal à proposer des choses qui rassemblent alors que la question de la mixité dans la démocratie est fondamentale, il faut donner envie ! C’est cela que j’aimerais faire : redonner envie de faire de la politique.

Comment innovez-vous ?

L’innovation publique n’est pas forcément numérique. À mon niveau, j’innove en faisant des réunions avec la technique de la « nappe de mariage » par exemple. Le principe : nous installons une grande nappe avec un point de départ et une arrivée, nous donnons des feutres à tous les participants et nous faisons le chemin ensemble. Cela fonctionne et change complètement le rapport à l’écrit. Faire des réunions en marchant pour réfléchir à la façon dont l’espace public est investi, c’est innovant et cela se fait dans beaucoup de quartiers en France avec les marches exploratoires.

L’innovation c’est faire autrement, changer de posture. À la fin des réunions publiques, j’aide à ranger les chaises et certains pensent qu’en tant qu’élue je ne devrais pas le faire. Nous sommes plein d’élus à faire cela mais personne ne le sait. L’innovation politique c’est cela : changer complètement pour montrer que nous sommes au service des citoyens. Damien Carême, le maire de Grande-Synthe en est un très bon exemple.

Ce que je veux également partager concerne le pouvoir : j’ai réalisé plus de choses en 5 ans en tant qu’élue de la ville de Rennes qu’en 20 ans en tant que présidente d’association, parce que les élus ont le pouvoir exécutif, le pouvoir d’agir. Le pouvoir, c’est avoir la possibilité de le hacker et de faire les choses différemment. Cela fonctionne à plein d’endroits, à partir du moment où on n’est pas en campagne pour être réélu. Je suis radicalement pour le mandat unique, pour obliger à renouveler, à changer. Il faut mettre les gens en mouvement et empêcher la professionnalisation de la politique. En revanche, je termine mon mandat dans un an, cela fera 6 ans que je suis élue et je ne vais pas toucher le chômage. Cela incite certains à faire plusieurs mandats de suite.

Si demain vous étiez présidente, quelle serait votre première action ?

Ne plus être présidente le plus vite possible ! C’est à dire se donner 12 mois pour sortir de la Vème république. Nous sommes l’un des derniers pays à avoir un président omnipotent. Tout le monde a des premiers ministres. L’idée serait de repasser à un système plus parlementaire, revoir fondamentalement le fonctionnement politique du pays et faire de l’Elysée un musée de la démocratie vivante. Cette mesure ferait donc de moi la première et la dernière présidentE.

Qu’est-ce qui va changer le monde en mieux selon vous ?

Donner davantage de pouvoir aux femmes. Cela paraît basique mais on sait, que dans beaucoup d’endroits cela a changé la donne. Bien sûr ce n’est pas pour des raisons biologiques mais parce que nous sommes élevées à prendre plus soin des autres, à moins se mettre en avant… Je pense que cela changera radicalement le monde.
La nouvelle génération qui arrive est aussi en train de changer les codes et il faudrait lui donner la parole plus souvent. Les jeunes sont en train de proposer de nouvelles grilles de lecture. Si il y en a qui peuvent sauver le monde, ce sont eux.


Pour en savoir plus sur Charlotte Marchandise, c’est par ici.

Découvrez le documentaire « Moi, Charlotte, Présidente » qui lui a été dédié sur Spicee ici.

Visionnez son intervention à l’événement « Debout Citoyennes » organisé par Eklore en décembre 2018 en cliquant ici.

Vous pouvez également précommander le livre « Bisounours Radicale » par là.