La fin de l’ère de la cagette en bois

De plus en plus de professionnels de la restauration se plaignent et exigent des solutions alternatives aux emballages à usage unique

Pour préparer la 3ème édition de ChangeNOW qui aura lieu du 30 janvier au 1er février 2020 au Grand Palais, et dont nous sommes partenaires, nous avons interrogé Shu Zhang, l’une des intervenantes. Aux côtés d’Anaïs Ryterband et de Roch Feuillade, elle a créé Pandobac, un service de bacs réutilisables pour le transport professionnel des marchandises alimentaires…

D’où vient l’idée du projet Pandobac ?

Après des études à l’Ecole Centrale Paris, j’ai voulu me lancer dans l’entreprenariat et dans un domaine qui me passionnait : la gastronomie. En 2011, j’ai donc passé un C.A.P. cuisine et j’ai ouvert mon restaurant trois ans plus tard. Pendant que je travaillais au restaurant, j’ai commencé à réfléchir à un projet à impact positif en lien avec celui-ci. L’idée de Pandobac a alors germé : comment réduire les déchets liés à l’emballage dans l’alimentaire ?

Comment fonctionne Pandobac ?

Après avoir vécu de l’intérieur ce problème, mes associés et moi avons voulu créer un service complet et clé en main pour permettre aux professionnels de l’alimentaire de passer facilement de l’emballage jetable à l’emballage réutilisable. Pandobac est une société qui offre un service de packaging réutilisable à des fournisseurs : grossistes, producteurs, coopératives, pêcheurs… bref à tous les acteurs de l’agro-alimentaire qui ont des besoins de conditionnement et de livraison. Nous leur proposons un pack  qui comprend :

  • une étude poussée de leur besoin d’approvisionnement en emballages
  • la mise à disposition de packagings réutilisables adaptés, pour remplacer leurs cartons, cagettes ou le polystyrène
  • le lavage écologique des bacs
  • un outil de suivi des flux de bacs et de gestion des stocks

Notre offre repose sur un système de location, nous gardons la propriété des bacs. Aujourd’hui, nous opérons principalement sur des produits frais parce que ce sont des boucles logistiques très courtes et fréquentes. Il s’agit de flux quotidiens qui sont presque toujours les mêmes.

Quels sont les bénéfices pour vos clients ?

Côté économique, cela va jusqu’à 50% d’économies sur du conditionnement de poisson. Pour le carton, qui est un emballage peu onéreux, nous sommes entre 10 et 20% d’économies. Nos clients économisent également de la place dans leurs entrepôts grâce à la réduction des stocks d’emballages. Mais aujourd’hui, l’argument principal, ce n’est pas tellement l’économie financière, c’est l’impact positif sur leurs propres clients (les restaurateurs notamment). De plus en plus de professionnels de la restauration se plaignent et exigent des solutions alternatives aux emballages à usage unique. Il s’agit donc plutôt de satisfaction et de fidélisation client.

Par ailleurs, une étude d’éco-conception nous a permis de concevoir un bac et un service avec le plus faible impact environnemental, en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie du bac et tous les aspects du service. Les bacs sont en polypropylène pour respecter les normes alimentaires européennes et sont entièrement recyclables en fin de vie, légers et robustes. Ils peuvent faire plusieurs centaines de rotations.

Racontez-nous le trajet d’une pomme avec Pandobac ?

Elle arrive à Rungis via le camion d’un producteur de pommes, très souvent dans des emballages non réutilisables, comme des cagettes en bois ou des cartons. C’est à ce moment-là que le grossiste réalise une opération de manutention en sortant les pommes de leurs emballages pour les répartir dans des emballages Pandobac en fonction des commandes de ses clients. Il va ensuite livrer ses clients et en profiter pour récupérer les bacs de la veille. Il revient ensuite à l’entrepôt, où nous récupérons les bacs pour les laver et les remplacer par des bacs propres. In fine, la chaîne logistique est quasiment identique. Seule s’ajoute l’opération de lavage. Nous avons installé des stations de lavage à proximité des entrepôts de nos clients.

Quelles sont les ambitions de Pandobac ?

Le lancement du service à Rungis date de l’été 2019. Et, nous avons un objectif de développement assez rapide. À commencer par l’implantation dans d’autres zones géographiques. Cela serait absurde de faire des allers-retours entre Paris et Lyon pour nettoyer les bacs d’un client. En nous rapprochant des grossistes en régions, cela nous permettra également d’être plus près des producteurs et des coopératives à qui nous pourrons proposer notre service. Notre objectif est de permettre à toute la chaîne d’approvisionnement d’utiliser des bacs réutilisables.

Par ailleurs nous sommes en train de boucler une levée de fonds qui devrait nous permettre d’ouvrir 6 centres de lavage dans les deux prochaines années. Avec 7 centres de lavage fin 2021, nous maillerons presque tout le territoire français. Nous pourrons ensuite nous exporter à l’international.

Enfin, d’autres secteurs comme le prêt-à-porter sont aussi concernés par cette problématique. Mais leurs chaînes logistiques étant différentes, il faudrait créer un autre service plus spécifique – un modèle sur lequel nous sommes en train de réfléchir.


En savoir plus sur Pandobac ici.

Article suivant

Ça vous plait ? Cultivez votre curiosité avec notre newsletter !