© Alun Callender

ISHKAR, la plateforme qui soutient l’artisanat des pays en guerre

Quand nous parlons de l’Afghanistan, de la Syrie ou du Mali, nous pensons systématiquement aux conflits qui détruisent ces pays. Rarement à leurs artisans.

Flore de Taisne est la co-fondatrice d’ISHKAR, une plateforme de vente en ligne qui soutient l’artisanat des pays en guerre. Vous y trouverez des bijoux, des verres, des tapis et des photographies réalisés par des artisans afghans, maliens, syriens…

Pourquoi avez-vous décidé de lancer ISHKAR ? 

Nous avons lancé ISHKAR afin de changer la perception des gens sur les pays en guerre. Quand nous parlons de l’Afghanistan, de la Syrie ou du Mali, nous pensons systématiquement aux conflits qui détruisent ces pays. Rarement à leurs artisans et à leur quotidien.

La vente d’accessoires, de photographies et autres produits fabriqués dans ces pays via notre plateforme permet de découvrir la vie des artisans et leurs savoir-faire ancestraux. Mais également d’en apprendre plus sur la culture et le patrimoine historique de ces lieux. Enfin, nous avions envie d’offrir des opportunités économiques à tous ces artisans affectés par la guerre en promouvant la production lente et la qualité des matériaux utilisés.

Pouvez-vous me raconter vos parcours ? Et l’histoire de votre projet ?

Edmund Le Brun, le co-fondateur d’Ishkar et moi avons travaillé en Afghanistan pendant trois ans. Edmund a travaillé pour Turquoise Mountain, une organisation anglaise qui restaure la vieille ville de Kaboul et j’ai travaillé en tant que consultante pour des organisations internationales dont la Banque Mondiale et des agences onusiennes.

En 2014, nous avons commencé à vendre des boutons de manchettes créés par des bijoutiers de la vieille ville de Kaboul à nos amis via Facebook. Deux ans plus tard, nous avons lancé Ishkar avec notre première vente : 4 000 verres d’Herat fabriqués à la main par Ghulam Sekhi, l’un des derniers souffleurs de verre d’Afghanistan.

En deux ans, ISHKAR n’a cessé d’évoluer et nous collaborons désormais avec de nombreux artisans afghans dont des bijoutiers, céramistes, tisserandes, etc. Nous travaillons aussi avec des artistes de renommée internationale dont Amélie Pichard et Frank Gehry. Depuis 2018, nous mettons en avant le travail de photographes venant du Mali, Soudan, Afghanistan afin de leur donner l’opportunité de ne pas seulement couvrir les conflits dans leurs pays – ce qui est très souvent le cas pour ces photographes.

Cette année, nous avons lancé une nouvelle offre : le voyage avec ISHKAR. C’est une expérience unique que nous sommes ravis de pouvoir mettre en place aux côtés de guides locaux. En 2020, nous organisons deux voyages dans la région de Bamiyan, l’une des plus belles régions d’Afghanistan, encore très peu visitée.

© ISHKAR

Où voyez-vous ISHKAR dans 2 ans ?

Nous avons envie qu’ISHKAR soit une plateforme pour les artistes, artisans et photographes venant de pays qui font trop souvent la une des médias à cause des conflits et guerres qui les minent et ainsi de leur permettre de partager une autre vision, plus nuancée de leurs vies et des lieux où ils habitent.

Nous aimerions aussi devenir une agence de voyage de référence, offrant des expériences d’exception et hors des sentiers battus. Nous souhaitons donner l’opportunité à ceux qui le souhaitent de découvrir ces pays et leur histoire, celle que le grand public ne connaît pas.

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Avez-vous commencé à faire vos cadeaux de noël ? Non ? Ça tombe bien, ISHKAR organise un pop-up à Paris du 27 novembre au 7 décembre.

Rendez-vous à la Librairie Voyageurs du Monde, au 48 rue Sainte-Anne (75002 Paris). De 10h à 19h.

© Alex Treadway

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