Davaï Davaï, pionnier de la microaventure en France

L’aventure permet de vivre quelque chose de fort, d’authentique, qui donne de la confiance en soi et permet de se sentir plus libre.

Vincent est le co-fondateur de Davaï Davaï, une jeune entreprise qui organise des courses d’aventure. Fort du succès de leur première création, la Mad Jacques Stop – une course en auto-stop qui a rassemblé 2 500 participant·es pour sa troisième édition cette année – l’équipe a mis récemment sur « pied » la Mad Jacques Vélo. Cette nouvelle aventure a eu lieu le week-end du 28-29 septembre 2019, au départ de Paris et vers une destination inconnue…

Nous sommes allés le rencontrer pour en savoir un peu plus sur cette folle aventure qu’est Davaï Davaï.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Vincent, j’ai 31 ans, je viens de Picardie mais je vis à Paris depuis maintenant un certain temps, trop de temps.

Avec toute une équipe, on a monté la Mad Jacques : une course en auto-stop géante, il y a deux ans. Depuis, avec Maëlle mon associée, on a créé Davaï Davaï : une boîte de courses d’aventure qui est notamment en charge de l’organisation de la Mad Jacques Stop et qui organise aussi une course de vélo d’aventure : la Mad Jacques Vélo.

Comment as-tu rencontré Maëlle ?

Je l’ai rencontré parce qu’elle s’est impliquée sur le projet Mad Jacques Stop suite à un Paris-Pékin-Paris en auto-stop. Elle avait les qualités naturelles pour bosser sur un projet comme la Mad Jacques !

On a commencé à travailler ensemble, on s’est rapidement bien entendu et on a décidé de continuer l’aventure.

Vincent aux côtés de Maëlle, son associée.

Davaï Davaï c’est quoi ?

Avec Maëlle on est des voyageurs et on s’est retrouvés à Paris avec un quotidien d’urbains et la frustration de ne plus pouvoir vivre ces moments de voyage. On avait pas envie non plus de tout plaquer ou de griller notre bilan carbone pour partir deux semaines à l’autre bout de la planète. Le constat était simple : dans l’offre touristique pour les citadins, il n’y avait presque rien axé sur l’aventure.

Les projets Mad Jacques sont nés de cette envie de pouvoir vivre l’aventure facilement sur un week-end dans des destinations qui ne sont pas sur-exposées. On préférera toujours aller en Creuse qu’à Barcelone ou sur la Côte d’Azur.

Le projet Mad Jacques a commencé sous un format associatif avec l’association Ça passe ça passe qui est toujours co-organisatrice de l’événement. En lançant la Mad Jacques Stop on s’est dit : « Ok, voyons ce que ça donne ». Résultat, ça a bien pris et du coup, j’ai décidé d’en faire mon métier.

Quel est votre métier ?

Notre métier est de faire des courses d’aventure : on crée des événements, des formats, des sports, on imagine des épopées et ensuite on les commercialise.

Les trois ingrédients de nos événements :

  1. dehors
  2. pas trop loin
  3. effort-réconfort

Ce sont vraiment les trois piliers d’un événement Mad Jacques.

La Mad Jacques Stop, c’est ça : une course en auto-stop qui finit par un festival dans la Creuse. Lors de l’édition 2019, ce sont 2 500 personnes qui sont parties de de toute la France et ont convergé le samedi vers un petit village perdu qui s’appelle Chéniers. Sur place, le festival mélange voyage, musique et terroir local, pendant 24 heures.

Le nouveau né de Davaï Davaï c’est la Mad Jacques Vélo. Les ingrédients sont les mêmes : 48 heures pour essayer de retrouver un petit village perdu au départ de Paris, à vélo. On roule le samedi, puis on fait la fête le soir dans un village bivouac avant de reprendre la route le dimanche jusqu’au village d’arrivée où une grosse fête en mode guinguette, aventure et DJ set attend les participant·es.

Le dépassement est un besoin pour tous et qu’il n’y a pas besoin d’être Mike Horn pour vivre une aventure.

C’est pour qui ?

Pour toute personne qui a envie de sortir de chez soi, de passer plus de temps dehors et n’a pas envie de partir à l’autre bout du monde. Concrètement, nous on ne s’adresse pas particulièrement à des warriors. On pense que le dépassement est un besoin pour tous et qu’il n’y a pas besoin d’être Mike Horn pour vivre une aventure.

On a mis en place des distances par tronçons qui sont faisables : 70km le premier jour et 50km le deuxième jour. Ce sont des distances de base accessibles à des gens qui n’ont pas l’habitude de faire du vélo sur une longue durée.

Cela reste une aventure et nécessite de sortir un peu de sa zone de confort mais c’est ouvert à des gens qui ne sont pas des cyclistes invétérés. Pour les gros mollets, il y a des checkpoints, qui sont autant d’invitations à découvrir les régions qu’on traverse et qui ne sont pas du tout sur l’itinéraire de base. Du coup, la distance maximale le premier jour est de 200 bornes et 150 le deuxième jour. Donc si on veut en baver, on peut.

La différence par rapport à un business plus orienté produit c’est qu’on ne peut pas tester, itérer progressivement.

À quelques jours du départ, comment vous sentez-vous chez Davaï Davaï ?

Là on est dans la période « pré-événement ». Donc on a les mains dans la cambouis, c’est le cas de le dire.

Dans notre métier, il y a la partie communication/marketing et la partie logistique événementielle. L’événementiel est un métier à la fois génial parce qu’il fait vivre quelque chose d’assez intense à plein de gens et dans le même temps, il y a une grosse montée en tension avant l’événement.

Un événement, c’est comme un gros schmilblick avec des centaines et des centaines d’interlocuteurs, dont la moitié n’ont pas de boite mail et n’ont pas forcément l’habitude d’une gestion de projet très rigoureuse. Il faut prendre tout ça et coordonner tout le monde pour que le jour J, à l’instant T, ça se passe comme ça doit se passer.

La différence par rapport à un business plus orienté produit c’est qu’on ne peut pas tester, itérer progressivement. L’événementiel, c’est gros tout de suite, il n’y a pas trop de phase de test.

Côté business : comment ça fonctionne ?

Aujourd’hui, on fonctionne surtout avec des formats grand public. Notre source principale de revenus, c’est la billetterie. Il y a un petit peu de ventes sur place, notamment avec la buvette et aussi quelques partenariats.

On ne fait pas de B2B team building, par contre on fait aussi du B2B2C : des événements en marque blanche pour des entreprises qui ont une communauté, ont envie de l’animer avec un événement et ne savent pas le faire ou n’ont pas envie d’y passer trop de temps.

Avec d’autres acteurs comme Chilowé vous faites partie des ambassadeurs de la microaventure en France : pourquoi est-ce important pour vous ?

On est plusieurs à porter ce discours et c’est chouette. Ça commence à avoir de la résonance. Chez Davaï Davaï on a a trois convictions :

  1. Le besoin de nature est un vrai besoin, qui génère du bien-être. On est dans un monde de plus en plus urbanisé : en 2050, c’est 2/3 de la population qui vivra dans une grande ville. Ce besoin ne va donc faire qu’augmenter. Nous, on veut proposer des solutions aux gens pour qu’ils passent plus de temps dehors et qu’ils aillent dans la nature.
  2. L’écologie : on pense que ce n’est pas bon de prendre l’avion pour aller à l’autre bout de l’Europe pour faire son EVG (NDLR : Enterrement de Vie de Garçon). Ce n’est pas bon de partir une semaine à Kuala Lumpur pour se reposer et on pense qu’il y a tout le potentiel pour vivre des choses fortes en France. On a aussi à cœur d’emmener les gens dans des destinations qui ne sont pas sur-exposées.
  3. L’aventure permet de vivre quelque chose de fort, d’authentique, qui donne de la confiance en soi et permet de se sentir plus libre. On a envie de faire vivre ça. On l’a tous vécu à titre perso dans l’équipe, ça nous a beaucoup apporté, donné beaucoup de confiance et on a envie de faire partager ça à un maximum de gens.

Quels sont les autres projets à venir ?

Nos enjeux pour 2020, ce sont vraiment la Mad Jacques Stop et la Mad Jacques Vélo. Nous allons continuer à pousser ces formats et probablement vers d’autres destinations. Aujourd’hui la Mad Jacques Stop est ancrée en Creuse mais on ne s’interdit pas d’emmener les gens dans d’autres endroits. Pour la première édition de la Mad Jacques Vélo, la destination était secrète, mais il y aura d’autres éditions en 2020.

D’autre part, un des univers qu’on a en tête et qu’on aimerait beaucoup travailler, c’est la découverte aéropostale. Au début du XXème siècle, des hommes partaient dans des avions distribuer du courrier au péril de leurs vies et avaient une chance sur trois d’y rester, tout ça pour distribuer une facture de gaz à l’autre bout de la planète ! On trouve cet état d’esprit assez extraordinaire et on se dit qu’il y a un univers à exploiter.

Où vois-tu Davaï Davaï dans 5 ans ?

C’est dur ! J’ai toujours un peu de mal à me projeter. Ce qui est certain, c’est que Davaï Davaï ne va pas rester à Paris. On va aller dans une ville plus proche de la nature, on se voit bien à la mer ou à la montagne.

Aujourd’hui notre métier c’est l’événementiel mais notre secteur c’est le tourisme et donc cela pourrait potentiellement être de l’hébergement. C’est une des pistes qu’on est en train de creuser : des lieux Davaï Davaï. Ce serait bien dans le prolongement, on aime les choses concrètes. À vrai dire, on se retrouve bien dans le côté opérationnel, un peu « cradingue » de l’événementiel. Il ne faut pas avoir peur de porter des palettes et d’installer des scènes à 3 heures du matin. C’est une dimension qu’on retrouve dans l’hôtellerie, dans la gestion de lieux.

C’est l’heure de la question « Christophe Maé » : il est où le bonheur ?

Le bonheur, il est là ! (NDLR : il montre son coeur. On vous le dit sinon c’est pas clair.)


Vous pouvez d’ores et déjà réserver votre week-end du 1er mai 2020 pour participer à la prochaine édition de la Mad Jacques Vélo !

Retrouvez cette rencontre au format vidéo ici :