Demain, devenir invisible sera la clé du bonheur

Demain, étaler sa vie pourrait bien devenir ringard. « Pour vivre heureux vivons cachés » sera alors la devise de la génération invisible.

ON SAIT TOUT DE VOUS : le nombre de vos amis, le nom de votre tante, si vous aimez la glace au chocolat et si vous êtes célibataire. Votre boîte email est envahie de publicités ciblées. Vous twittez, facebookez, scribdisez, linkedinez. Bref, vous êtes surexposé. Normal : nous sommes à l’ère de l’individu-marque et de la sur-médiatisation de l’intime (voir le succès des tabloïds). Pourtant, de temps en temps, vous rêvez de disparaître, d’être invisible pour un temps et de sortir du brouhaha. Et vous n’êtes pas le seul. Il n’y a jamais eu autant de profils facebook supprimés. Ni de procès contre les paparazzis.

DEMAIN, MAITRISER SON INVISIBILITÉ POURRAIT DEVENIR UNE VALEUR FORTE. Contrôler ce qu’on dit de vous et limiter ses interventions sur la «place publique» seront alors des marques de respectabilité. Moins vous serez connu et visible, plus vous serez apprécié. Pour vous aider à disparaître, des agences loueront leurs services pour effacer toutes les traces que vous laissez au quotidien. Le but ne sera pas de disparaître totalement, mais de reprendre le contrôle des informations vous concernant qui sont mises sur la place publique.

CETTE VOLONTÉ DE DISCRÉTION S’INCARNERA DANS TOUS LES DOMAINES. Ce sera le retour des philanthropes discrets qui ne communiquent pas, la mode s’emparera du camouflage pour le décliner façon urbaine, l’architecture laissera de côté la transparence à tout va. «Pour vivre heureux, vivons cachés» pourrait bien devenir alors la devise de la nouvelle génération: la génération invisible.