Demain, les apparences seront toujours trompeuses

Demain, le mirage reprendra du service.

Vous l’aurez appris en regardant un JT présenté par un PPDA 2.0 qui aura lui aussi fait son come back. En direct, vous verrez le pilote (automatique ?) se faufiler entre des drones qui vous éblouiront d’un spectacle aérien de sons et lumières : un « faux d’artifice » !

Dans cette réalité artificielle, même au musée vous ne saurez plus distinguer le vrai du faux. La fratrie de Mona Lisa se sera bien agrandie avec des centaines de milliers de visages aussi familiers qu’inconnus… Vous assisterez à des conférences d’inventeurs qui vous soutiendront mordicus que leurs inventions n’existent pas. Allez comprendre…

En mode Gorafi puissance 1000, certains journalistes vous aideront à développer votre esprit critique en vous faisant croire des choses incroyables, mais fausses. Vous ne leur en voudrez pas puisque vous jouerez tous les jours à chercher la vérité grâce aux techniques qu’on vous aura appris à l’école. Vous aurez obtenu votre brevet de détecteur d’intox avec brio et vous l’exposerez au dessus de votre bureau juste à côté de votre dressing virtuel

Il ne fait pas l’ombre d’un doute, demain vous ferez la lumière sur les deepfakes et les fake news. Mais si comme Saint Thomas vous ne croyez que ce que vous voyez, vous serez bien contrariés…

Alors quoi ?

Sommes-nous définitivement entrés dans l’ère des illusions ? Le règne des avatars ? L’essor du fake sous toutes ses formes est-il le signe d’un renoncement à la quête de vérité et de connaissance chère aux philosophes depuis l’Antiquité ? Dit autrement le fake version 2020 a-t-il changé de nature ou simplement changé de degré ?

Et si la fake news n’était qu’une version amplifiée, accélérée, digitalisée de la recherche d’influence ou de la naissance de la rumeur ? Lesquelles sont aussi vieilles que le monde… L’esprit critique, le discernement et la faculté de penser constituent des réponses tout aussi anciennes, fussent-elles aujourd’hui étayées par la technologie comme avec la startup anti fake news Newsguard.

Et si le fake n’était qu’une poursuite de la recherche artistique de l’imitation de la nature ? Ne peut-on pas voir dans les trompe-l’oeil d’un Cédric Grolet ou plus tech les viandes végétales les descendants de ceux de la Renaissance ?

Et si le fake le plus abouti, la création de visages ou d’humains virtuels (sic) n’était au fond que la version artificiellement intelligente de la question ontologique obsédante parmi toutes (qu’est-ce que l’être ?) et de son pendant métaphysique sur la création ?

Et si au final, le fake n’était pas l’occasion de réaffirmer que ce qui nous caractérise au fond c’est notre faculté de… juger ? Alors demain, face au fake, humain très humain ?

Découvrez ce futur en musique ci-dessous avec la playlist de la rédaction à écouter sans détecteur de mensonges…

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