Demain, envoyez-vous en l’air avec un nuage

Demain, pour sortir de la sinistrose, la légèreté deviendra une posture morale. Et l’air et les nuages des ressources énergétiques valorisables.

S’ENVOLER SUR SON NUAGE.
Au début de la crise, les tendanceurs, la très reconnue Li Edelkoort en tête, racontaient que toucher le fond, c’est rebondir et que rebondir, c’est décoller, que décoller, c’est l’envol et que l’envol c’est la légèreté, donc la plume, les nuages, etc. Le monde de demain serait donc fait de choses aériennes, légères et volatiles. Un peu comme ce T-shirt en spray à vaporiser directement sur sa peau, ou ce ballon d’hélium en sucre à avaler au resto l’Alinéa à Chicago.

LA LÉGÈRETÉ COMME POSTURE CRÉATIVE.
Demain, l’esprit de pesanteur pourrait bien devenir un délit. Car la légèreté atteindra le stade de véritable savoir-vivre quasi-impératif pour résister à la sinistrose. Une posture morale, un peu à la façon de la frivolité des années 20. « La Lightness » deviendra peut-être même un mouvement artistique ou politique et, tout comme la mélancolie irrigua la littérature du XIXème siècle, elle inspirera la littérature du XXIème (elle inspire déjà les studios Pixar).[##colonne##] Les Picasso des grandes cuisines vous proposeront alors au dessert des nuages de gâteau aux framboises à aspirer avec une paille, comme le fait déjà le Whaf de David Edwards.

LE NUAGE MIEUX QUE LE PÉTROLE.
Demain, le mouvement pour la légèreté poussera à valoriser l’air et les nuages comme ressources énergétiques, pénurie oblige. Cela a déjà commencé avec les éoliennes, ça se poursuivra avec le masque qui transforme l’air que vous expirez en énergie pour votre portable. Le design s’emparera également du vieux concept de lévitation pour l’incarner dans des objets du quotidien, de la lampe lévitante à la TV en suspension. Il y aura alors « l’âge des choses légères » prédit par le visionnaire Thierry Kazazian. Le vieux rêve oublié resurgira-t-il et volera-t-on un jour pour de vrai comme le font la japonaise Natsumi Hayashi et les si poétiques Flying Babys de Rachel Hulin ?

Crédits : Artemide – Elizabeth Messina – Guy Pilet – Grandville – Cotillon moderne