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Upcycler vers l’infini dans l’au-delà

Elle avait déjà son imprimante Zéro G personnalisée, mais l’ISS veut aller plus loin encore en se faisant offrir une imprimante 3D destinée à recycler le plastique dans l’espace.

Difficile de l’entendre de la Terre car à quelques 400 km au-dessus de nos têtes, mais la machine Refabricator est bien en train de faire ses preuves. 

Appuyée financièrement par le Small Business Innovation Research appartenant à la NASA, la conception du Refabricator pourrait donner un tout nouvel élan à la conquête de l’espace. Née d’une poignée de main entre la Station Spatiale Internationale et la société privée américaine spécialisée dans l’aérospatial Tethers Unlimited, Inc. en 2015, la machine à recycler prend vie deux années plus tard. 

Les capacités de cette imprimante 3D dépassent largement celles que nous avons à notre portée, ici, sur Terre. En recyclant le plastique utilisé à bord de l’ISS, sans le broyer, celui-ci devient réutilisable, durable – et ce – à l’infini. Aussi, le Refabricator a une autre particularité : le pouvoir de manipuler un plastique particulièrement rigide, ce qui est rarement le cas pour nos imprimantes 3D traditionnelles, bien que les avancées dans ce domaine n’aient pas fini de nous surprendre. 

Le plastique qui sert emballer les stocks emmenés lors de missions spatiales pourrait, par exemple, se voir attribuer une toute nouvelle fonction comme un objet médical, un outil mécanique, une pièce de rechange, en passant simplement entre les mailles du Refabricator, d’ailleurs souvent comparé à un mini réfrigérateur pour sa petite taille. Tout ceci est minutieusement observé et contrôlé depuis notre sol, grâce à une caméra de surveillance. 

Résultat ? Les aventuriers et aventurières pourraient partir bien moins chargé·es qu’en temps normal, puisque la fabrication additive pourrait subvenir à leurs besoins en terme de matériels. Et c’est peu dire que les coûts de réapprovisionnement de l’ISS sont assez… exorbitants. Par exemple, pour ce qui est du véhicule automatique de transfert européen, cela s’élève à environ 43.000€ le kilo pour le ravitaillement (Source), lors d’un voyage dans l’espace estimé dans sa totalité cela atteint près de 30 milliards de dollars (Source : CNN Business) ! La série parodique Space Force, lancée il y a quelques semaines, a fait du coût d’une orange envoyée dans l’espace une scène mémorable (10.000 $). Le recours à l’imprimante 3D directement sur place permettrait donc d’alléger le poids, en même temps que les coûts. 

Plus d’indépendance par rapport à la Terre, plus d’accessibilité, moins de limites, grâce à toujours plus d’innovation, le Refabricator donne un autre souffle au voyage dans l’espace. En revenant aux principes de base de l’impression 3D : réduction des coûts de maintenance et les délais. 

En plus de recycler, de réparer et d’innover, cette technologie pourrait repousser les limites de l’inconnu, voire même de l’impossible. D’ailleurs, la même année de la naissance de cette imprimante 3D made in and for space, la NASA annonçait son souhait d’ouvrir le tout premier Fablab en orbite (Source : NASA). C’est donc un fait : l’espace fait bien encore rêver et booste l’innovation. En termes de tech comme de potentiels. En attendant, on a hâte de connaître la suite des aventures du Refabricator, qui ne devrait pas s’ennuyer puisqu’il a été rejoint récemment par un tout nouveau compagnon, Cimon 2, l’assistant robot des astronautes imprimé… en 3D ! L’impression 3D au carré.

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