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Savez-vous vraiment définir la Smart City ?

Ville du futur, ville intelligente, ville connectée. Ville tour à tour verte, durable, inclusive ou résiliente.

La ville de demain se pare de cent qualificatifs qui promettent un mieux. Mieux vivre (ensemble), mieux circuler, mieux consommer, mieux concevoir. Et ce, grâce aux innovations, qu’elles relèvent des green tech, des cleantech, des civictech ou encore des constructiontech voire des initiatives… low tech. 

Soon Soon Soon décrypte et analyse les 5 grandes tendances de la ville de demain.

Penser la ville constitue ainsi un enjeu central et un challenge pour le citoyen comme pour les entreprises. Quant aux acteurs publics, ils rivalisent pour figurer en bonne place dans les classements internationaux des villes intelligentes, durables, vertes… Décryptons les recompositions en cours et les stratégies d’innovation sous-jacentes. 

Le terme smart cities, issu de la Silicon Valley, est aujourd’hui le plus communément employé et désigne l’écosystème de dispositifs connectés et de flux digitaux qui permettent d’optimiser les services existants ou de proposer de nouveaux services aux usagers. Smart pour intelligence (artificielle), donc. Et appliquée sur un périmètre large : infrastructures, bâtiments, transports, énergie, services aux citoyens, notamment. L’exemple emblématique ? Le projet mené par Sidewalk Labs (filiale de Google) sur une friche industrielle de Toronto. Commenté, décrié, vilipendé, il s’inscrit dans une perspective holistique et pense la ville comme une unité autonome et globale. Centré sur la data, il conçoit l’urbain comme un écosystème parfaitement intégré, pour habiter, travailler, consommer, se déplacer… Les bâtiments et le mobilier urbain sont connectés, les véhicules, autonomes, les flux, le temps (et l’énergie), économisés ou optimisés.

La smart city n’est donc pas forcément équivalente à la ville durable. Qui renvoie quant à elle spécifiquement aux innovations et initiatives visant à améliorer l’efficacité énergétique des villes et à réduire l’empreinte carbone des activités urbaines et la pollution en général : mise en avant des énergies renouvelables, dispositifs d’économies d’eau, mise en place de fermes urbaines, urbanisme visant à repenser la place du végétal dans l’urbain (canopées, végétalisation du bâti, forêts urbaines…) La smart city est ainsi l’un des visages de la ville du futur que nous commençons à expérimenter.

Dès lors, quelle posture adopter pour définir et cerner la ville et ses enjeux ? Partir des innovations pour comprendre ce qui est en jeu et clarifier le vocable, reconstruire la vision globale à partir des pièces de puzzle éparpillées que nous offrent la technologie ou les startup. Place à une démarche inductive pour identifier des tendances, derrière les termes en vogue.

#city as a service

La ville du futur est une ville de services – ou comment les objets connectés permettent de réinventer l’urbain.

Capteurs, données et algorithmes sont les pierres angulaires d’une ville dans laquelle le service est au cœur. Les citoyens/usagers/consommateurs deviennent des producteurs et des passeurs de données qui permettent aux entreprises et aux organisations de proposer un service optimisé : de la poubelle connectée qui améliore le flux des ramassages aux navettes autonomes ou au trajet de bus optimisé… Dans les services urbains, le spectaculaire croise alors l’ancillaire 2.0. La ville se vit comme un laboratoire d’expérimentation qui ouvre le champ des possibles. Comme avec le Volocopter allemand, l’hélico électrique urbain.

© Volocopter

Dans cet univers de services ou de sur-mesure, la gouvernance et la privacy des données restent des questions essentielles. Les débats autour de l’utilisation de la reconnaissance faciale à des fins de sécurité (en France) ou de paiement (en Chine) en témoignent. 

« City as a service » c’est aussi la version (dé)matérialisée du dilemme facilité / liberté.

#city hub

La ville du futur est une ville de citoyens autonomes – ou comment les innovations conduisent à la désintermédiation.

Après l’économie de plateforme, place à la ville plateforme. Dans la continuité directe des services rendus possibles par la digitalisation, la logique de hub permet une désintermédiation et infine une autonomisation des citoyens et des citadins dans leurs activités quotidiennes. De Citymapper à Too good to go, ou aux applications de troc. La co-construction et l’intelligence collective sont également mobilisées pour permettre aux citoyens d’être acteurs de conception et la mise en place de la ville de demain.

La question devient alors celle de la place et du rôle des pouvoirs publics dans la régulation.

#ville durable

La ville du futur est une ville résiliente – ou comment la technologie permet de préserver l’environnement et les écosystèmes dans le contexte urbain

Au-delà des initiatives scientifiques, technologiques, architecturales ou simplement citoyennes qui visent à penser l’espace urbain (2% des terres) à l’échelle d’une urbanisation massive (55% de la population mondiale aujourd’hui et 68 % en 2050), il semble que l’on assiste à l’émergence d’une véritable pensée de la résilience. Et l’inspiration vient de… l’espace. L’emblématique Interstellar Lab hybride technologies du spatial et innovations terrestres pour concevoir des villages bio-régénératifs. Ces modules de vie sont conçus en circuit fermé pour recycler l’eau, l’énergie et la nourriture nécessaires pour une centaine d’habitants. (Le premier village verra le jour en Californie en 2021)

© Interstellar Lab

Mais cette inspiration venue du ciel touche également IKEA, qui ambitionne de designer l’habitat martien (et de repenser ce faisant la maison terrestre #tinyhouse). Mais si la résilience urbaine est louable, penser la ville à partir d’unités modulaires n’est pas sans poser la question de la frontière entre la ville et le reste des territoires. Ou quand l’innovation doit servir à penser la résilience et la durabilité au niveau global. Sans oublier qu’autonomie et résilience ne doivent pas conduire à l’autarcie et à un monde de frontières entre des unités imperméables.

#coliving

La ville du futur réinvente le collectif – ou comment l’innovation est aussi dans les usages

Dans les innovations qui dessinent la ville de demain on décèle également de nombreuses innovations en co-. Après le co-voiturage et le co-working, apparaît le co-living. Là encore le digital et la data sont centraux et dessinent un autre rapport aux autres. Vous pouvez sélectionner vos co-locataires ou laisser les algorithmes choisir. Ce nouveau rapport au collectif permet de repenser la ville dans sa fonction première autour des échanges. On y retrouve des cuisines partagées, des espaces de discussion ou des jardins collectifs. Le co-c’est aussi la communauté qui revient comme porteuse de sens, de valeurs, d’identités.

Mais dès lors, force est de s’interroger : la ville de demain nous voue-t-elle à une vie uniquement collective ? Où singularité ou l’intimité n’auraient plus leur place ? Le projet mené par Ikea (encore) sobrement intitulé One shared house est à cet égard éclairant. Il nous interroge sur nos préférences et aspirations en matière de vie en commun et donne rendez-vous en 2030 pour vérifier si la réalité aura rejoint les aspirations.

#urbandesign

La ville du futur est belle – ou comment chacun réinvente le beau à l’échelle de la ville

Dans l’imaginaire collectif modelé par les ingénieurs, les architectes ou les urbanistes, la ville de demain est forcément belle. Les projets dessinent des espaces au design croisant innovations et végétal. Comme souvent dans l’histoire, la vision esthétique rejoint la vision intellectuelle. De la Renaissance au Futurisme ou au corbusianisme, la cité et l’habitat sont au coeur des préoccupations. Cette recherche d’esthétique semble également guider la construction de ce que d’aucuns appellent les nouvelles Babylones. Ces villes prétendûment idéales construites à partir de zéro, dans le désert ou sur la mer sont des laboratoires mais envoient également des signaux faibles à la fois sur la conception des rapports humains (fondée sur l’homogamie ou l’endogamie) et sur le rapport de la ville au beau. 

Sous d’autres latitudes, ici en Norvège, le beau et le durable se conjuguent. Le power house a été conçu pour produire plus d’énergie qu’il n’en consomme. De manière plus générale, le recours au végétal dans l’architecture et l’urbanisme est le signe manifeste de ce désir d’allier beauté et durabilité.

© Snøhetta

Et si vous avez encore des doutes sur la place accordée à la question de la ville dans les stratégies d’innovation publiques et privées, un chiffre pour vous convaincre. Au CES de Las Vegas, qui se tenait du 7 au 10 janvier dernier, le nombre d’exposants dédiés à la Smart City était en hausse de … 25% cette année.


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