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(S’)investir dans la micromobilité

Depuis 2018, année de l’essor des trottinettes électriques en France et notamment à Paris, de nombreuses marques ont vu le jour et ont envahi nos trottoirs : Bird, Lime, Dott, Jump…

Malheureusement ces trottinettes en libre-service sont victimes de nombreux actes de vandalisme… Pony, startup française de micromobilité, a lancé un modèle intéressant qui pourrait permettre d’éviter ces problèmes récurrents.

La startup a été lancée en 2017 à Oxford par deux français, Paul-Adrien et Clara, qui se sont ensuite installés à Angers pour développer leur projet. Leur objectif ? Responsabiliser les utilisateurs afin d’éviter le vandalisme. En effet, en France et notamment à Paris, de nombreux actes de vandalisme visent les biens collectifs tels que les véhicules en free-floating. Typiquement, en ce qui concerne les Vélibs, 60% des réparations sont liées à des actes de vandalisme. Pony, qui semble être une marque de trottinettes et vélos électriques comme une autre, a en fait un business model surprenant : la startup propose de louer un modèle électrique… mais aussi d’en acheter un, en devenant un Pony Angel ! L’utilisateur peut ensuite décider s’il préfère un usage personnel du véhicule ou le laisser en libre-service. Dans ce cas, il récupérera 50% du prix de chaque course. L’autre moitié sera reversée à la startup. 

La startup a déployé une flotte à Oxford, à Angers puis à Bordeaux en juin 2019, après une levée de fonds de 2,2 millions d’euros. Ces opérations se sont avérées fructueuses. La raison de son succès repose également sur le dialogue instauré avec les communes : Pony discute en amont de nombreux problèmes potentiels tel que celui du stationnement. Pour ce qui est du vandalisme, la plupart des dommages sont effectués par des consommateurs peu soucieux de prendre soin du produit, celui-ci ne leur appartenant pas. Une fois utilisé, ils s’en débarrassent et “jettent” le produit sans scrupules. Ainsi, la possibilité de devenir propriétaire d’un véhicule responsabilise nettement les utilisateurs. Pony assure être trois fois moins victime de vandalisme que ses concurrents ! Pour rassurer ses futurs propriétaires, la startup leur offre une garantie de six mois, et assure la recharge et la maintenance de leur véhicule. 

Côté coût, il faut compter 720 euros pour une trottinette électrique et 220 euros pour un vélo. Ceux-ci seront vite rentabilisés si l’acheteur décide de laisser son véhicule en libre-service. L’application Pony Bikes permet aux propriétaires de suivre en temps réel l’activité de leur véhicule. Du déverrouillage au trajet jusqu’au parkage, tout est contrôlable via l’app ! 

Début 2020, la startup a commercialisé un nouveau modèle de véhicule, du jamais vu dans le marché du free floating : le Double-Pony, un vélo deux places. Appartenant à la catégorie du longtail, ou vélo rallongé, il permet à ses utilisateurs d’avoir un passager à l’arrière, un enfant, voir même tout simplement un sac de courses… Son prix à l’achat ? 1550 euros. Paul-Adrien, le co-fondateur, voit le Double-Pony comme une alternative à la voiture individuelle, permettant sur le long terme une diminution du nombre de voitures en ville. Son lancement permet également d’augmenter les interactions sociales au sein de la micromobilité, peu mises en avant aujourd’hui dans ce secteur. 

Pony prévoit de se déployer dans d’autres villes, mais sans précipitation : dialogue avec les communautés et écoute des attentes des utilisateurs sont au programme… Lyon et Paris sont les prochaines villes sur la liste. 

Concept original et bien imaginé, on espère qu’il permettra sur le long terme de réduire conséquemment les actes de vandalisme !

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