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S’inspirer du passé pour penser la ville de demain

On croirait presque à une parenthèse, un voyage dans le temps. Bienvenue à Ungersheim, au coeur de l’Histoire Alsacienne, où l’on modifie ses habitudes pour montrer l’exemple. Aux portes du village, un panneau rappelle que cette “Commune nature” est en transition. Preuve qu’avec de l’ambition et de l’engagement, les choses peuvent changer…

La transition écologique touche tous les secteurs : de la graine à l’assiette, de l’école au marché de l’emploi, de l’habitat au transport, rien est oublié. C’est devenu, pour le maire de cette commune de 2.200 habitants, la principale raison d’être de son édile. L’idylle en ville.

Hasard ou pas, il a pour nom de famille la traduction allemande d’ »être humain ». Depuis 31 ans, Jean-Claude Mensch, ancien mineur, est un fervent défenseur d’une indépendance énergétique et alimentaire pour son village. Le passage aux années 2000 lui fera réaliser que la planète prend de nouvelles rides. C’est en installant des premiers panneaux solaires sur le toit de la piscine municipale qu’il dessine les premiers pas d’une transition écologique complète. Petit précis d’histoire locale. 

Ungersheim devient peu à peu un musée à ciel ouvert, abritant de nombreuses initiatives et projets dans un but simple et précis : nettoyer l’empreinte carbone jusqu’à ce qu’elle disparaisse complètement. Dès 2010, finis les transports scolaires polluants. C’est une calèche tirée par un cheval qui amène désormais les enfants à l’école, tous impatients d’aller s’instruire (si, si).

Nous voici alors en 2015, et le Maire dévoile avec fierté son tout nouveau projet : la naissance d’un champ de panneaux solaires, 40.000 m2 précisément. Bien que le soleil ne brille pas quotidiennement en Alsace, c’est suffisant pour alimenter le village, et même ses alentours. Et depuis, les choses ne cessent de s’accélérer. 

Le “maire nature” (surnom décerné par le quotidien  Libération), décide alors d’acquérir des terres agricoles en dehors de la commune, pour créer un maraîchage bio : le Jardin du trèfle rouge. Créateur d’emplois et de liens sociaux, c’est aujourd’hui LA ressource alimentaire des cantines scolaires et différents foyers, mais aussi de l’unique restaurant et épicerie en vrac (pas de supérette !) de la commune. 

Autonomie et indépendance sont au fondement de toutes ces décisions. À tel point que le village a aussi conçu sa propre monnaie : des radis, qu’ils pourront “dépenser” pour des produits certifiés bio. Au-delà d’une transition, la ville change donc complètement ses habitudes fondées sur des méthodes ancestrales faisant pourtant écho à un futur proche et préservé.

Enfin, l’éco-hameau conçu en 2016 abrite une bonne vingtaine d’âmes, bénéficiant d’un lieu écologique qui bannit le chauffage et matériaux autres que naturels, en même temps que les produits phytosanitaires pour les espaces verts. Impossible d’y être réveillé par le bruit des tracteurs, puisqu’eux aussi ont dû laisser revenir les chevaux accomplir leurs tâches. 

Entre passé et futur, Ungersheim abrite également l’Ecomusée d’Alsace, reconstitution d’un village alsacien du début du XXe siècle, pour une balade pédagogique grandeur nature. Seule ombre au tableau, la restauration, qui ne tient pas vraiment ses promesses en termes de bio et de local. 

En 2023, on espère ici que toutes les installations seront finalisées. Si tous les Ungersheimois·es ne sont pas convaincus par cette transition ou ne se sentent pas concernés, la majorité est fière de sortir de l’ordinaire et d’inspirer d’autres villages et villes autour. 

Ces initiatives illustrent la célèbre maxime d’Emile de Girardin, “Gouverner c’est prévoir”,  à laquelle le Maire ajoute volontiers “innover”.

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