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Sentir vraiment le sapin

Plutôt que de finir six pieds sous terre, de trôner dans un vase sur une cheminée ou de prendre le risque d’être honoré·e avec maladresse (poke The Big Lebowski), choisissez l’humusation !

Tel un Phénix qui renaîtrait de ses cendres, Recompose développe une alternative écologique aux méthodes traditionnelles : le compost humain…

En France, ce n’est pas pour aujourd’hui car ce mode de sépulture est pour le moment interdit. Mais la question a déjà été abordée en 2016, le débat pourrait donc s’ouvrir à nouveau, d’autant plus que l’idée fait son chemin chez nos voisins belges…

De l’autre côté de l’Atlantique, l’entreprise américaine Recompose est devenue depuis peu la première au monde à créer un système de compostage de corps humains, qui sera officiellement lancé en 2021. La fondatrice Katrina Spade a travaillé pendant plusieurs années sur cette idée, enfin rendue possible par le projet de loi adopté par l’État de Washington qui autorise le compostage humain. Celui-ci entrera en vigueur en mai 2020.

Comment fonctionne ce processus ? La dépouille du défunt est transformée en terreau en moins de 30 jours, et ce, à l’intérieur d’un récipient réutilisable. Celui-ci crée l’environnement idéal pour la décomposition et transformation du corps en sol : le ratio de carbone, le taux d’oxygène, la moisissure ou encore le nitrogen… tout est contrôlé.

Concernant les métaux comme les prothèses ou les dents en or, ces derniers sont filtrés et récupérés avant le compostage, puis recyclés lorsque c’est possible. Une vérification est même effectuée après le compostage. Un mètre cube d’humus est alors créé grâce à ce processus et peut ensuite être récupéré par les proches du défunt afin de cultiver leur terre. 

Le système détruit la plupart des agents pathogènes. Presque tous les corps humains peuvent être transformés en compost. Cependant, si la personne est décédée d’une maladie très contagieuse comme le virus Ebola, son corps ne pourra pas être pris en charge.

Selon Recompose, chaque corps composté permet une économie d’une tonne de CO2. L’entreprise offre donc une nouvelle vie au corps humain tout en créant un cycle respectueux de l’environnement. 

Enfin, au delà des considérations environnementales et de la logique d’économie circulaire que cela induit, cela permet de réaliser aussi de vraies économies puisqu’on évite des coûts liés à l’achat d’un cercueil, aux frais de concession, d’embaumement, de caveau ou encore de crémation.

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