©Euveka

Robotiser la haute couture

Trop grosse, trop petite, trop de hanches, trop trop trop ! Pour se sentir bien dans sa peau et dans ses vêtements, la startup Euveka a mis sur pied le robot-mannequin modulable Emineo.

Celui-ci s’adapte à presque toutes les morphologies et permet de gagner du temps dans la prise de mesures et de réduire le gaspillage pour vous tailler les plus belles pièces.

En 2011, Audrey-Laure Bergenthal a 23 ans et étudie le droit anglo-saxon à Harvard… mais un jour, elle décide de tout quitter et de se consacrer à sa passion : la mode. La même année et avec un BTS de styliste-modéliste en poche, elle crée Euveka, une entreprise de robotique biométrique.

Après être passée par plusieurs phases de prototypage entre 2011 et 2015, Euveka connaît son véritable essor entre 2016 et 2018. Première levée de fonds à plus d’un million d’euros en 2016, puis signature de deux contrats avec Chanel et Adidas en 2017, Euveka ne cesse de grandir. La même année, Euveka remporte le Prix de l’innovation de l’ANDAM (Association nationale pour le développement des arts de la mode). En 2018, la startup est primée au CES de Las Vegas dans la catégorie « robotique et drone » et devient lauréate du prix Makers décerné par le jury Business O Féminin notamment composé de Clara Gaymard, co-fondatrice de Raise.

L’histoire entre Euveka et Chanel débute en février 2017 au salon Avantex. Portée par Audrey-Laure Bergenthal et Julie de Guerrande (Directrice Coordination Opération chez Chanel), la collaboration entre ce David et ce Goliath aboutira quelques mois plus tard avec la création d’un mannequin Stockman d’un tout nouveau genre : un robot capable de se métamorphoser à la taille et à la forme exacte d’une personne… et ce en moins d’une minute ! Ce robot-mannequin modulable s’adapte aujourd’hui à 80% des morphologies (féminines, pour l’instant).

Cette collaboration permet à Euveka et Chanel de s’ancrer davantage  dans l’écosystème FashionTech grâce à leur technologie révolutionnaire. Avec ce robot-mannequin, la prise des mensurations et les retouches deviennent moins chronophages et produisent 30% de déchets textiles en moins (essentiellement des chutes de tissus). L’utilisation de ce robot permet aussi à Chanel d’adapter très rapidement la confection d’un vêtement et de répondre ainsi aux exigences grandissantes de ses consommateurs à la recherche d’une expérience toujours plus personnalisée et plus premium.

Pour Audrey-Laure Bergenthal, cette collaboration avec Chanel a permis de co-construire un premier produit en s’appuyant sur les connaissances métiers et les retours d’expériences de cette prestigieuse maison et de légitimer cette innovation au sein de l’industrie textile.

Made in France, Euveka produit ses mannequins à Valence (Drôme) et lorsqu’elle sous-traite, c’est au maximum dans un rayon de 10km à la ronde (#empreintecarbone).

Aujourd’hui, l’entreprise entend trouver de nouveaux débouchés, notamment dans le domaine des vêtements hyper-techniques (uniformes de police, treillis militaires, combinaisons aérospatiales, blouses sanitaires, etc.) en les adaptant à la morphologie du beau sexe (le gilet pare-balles n’est, par exemple, pas du tout adapté au corps des femmes).

Le prochain objectif d’Euveka est d’entamer une seconde levée de fonds à hauteur de 10 à 15 millions d’euros et de s’exporter à l’international. Un nouveau bureau est en cours d’ouverture à New-York (et bientôt en Asie).

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