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Remplacer le plastique par des écailles

Face à l’accumulation de déchets, il faut repenser à la manière dont on peut les traiter et surtout les valoriser. Plus jeune, Lucy Hugues était déjà effarée de voir le nombre de résidus plastiques lors de ses escapades sous-marines. 

En 2018, une annonce de l’ONU visant à réveiller les consciences va réveiller en particulier la sienne. 

« D’ici 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans la mer ». Lorsque l’étudiante de 23 ans visite une industrie spécialisée dans la transformation de poisson dans le cadre de son projet universitaire, cette phrase prend un autre sens. En observant de plus près le nombre de déchets organiques produits dans le monde, soit 50 millions de tonnes de poissons « gaspillés » par an (Source : Global Citizen), elle souhaite mettre à profit ses compétences en design pour utiliser le potentiel de ces résidus et en créer un nouveau matériau. 

Après de multiples recherches, tests et prototypes, Lucy donne finalement vie à son projet sous le nom évocateur de MarinaTex. En se tournant principalement vers les entreprises, qui ont pour elle un rôle fondamental à jouer dans cette lutte contre la pollution environnementale, l’étudiante espère voir demain cette matière biodégradable faire partie du quotidien de chacun. Pour conserver sa nourriture, remplacer un emballage lambda ou simplement protéger le reste de son sandwich et éviter de le gaspiller, on peut se munir de ce « tissu » fait d’écailles, d’algues rouges et peaux de crustacés.

© MarinaTex

Aussi solide que flexible, le « plastique » MarinaTex ressemble fortement à celui que l’on connaît bien et que beaucoup ont choisi de bannir. À la seule différence (mais sûrement pas des moindres) qu’il est biodégradable et finit par disparaître au bout de quelques semaines seulement. À la maison, après son usage (unique) il peut être déposé directement dans le compost. 

Et ce pourrait être le substitut de ce qui continue encore aujourd’hui d’abîmer fortement les traits de notre planète. À titre de comparaison, en 65 ans, le monde aurait consommé le poids de 822 000 Tour Eiffel en plastique (Source : Le Parisien). Pour Lucy Hugues, il est urgent d’agir et de faire agir pour limiter cet impact, jusqu’à peut-être un jour disparaître. 

Comme le matériau MarinaTex est élaboré grâce au recyclage de restes alimentaires, il est peu onéreux et pourrait bien être accessible à tous. La fondatrice précise d’ailleurs qu’à partir des restes d’un poisson comme la morue (qui – rappelons le – sont aujourd’hui jetés), il est possible de fabriquer plus de 1.000 sacs !

Pour cette initiative qui sent bon l’air frais de la mer, la jeune diplômée de l’Université de Sussex a raflé le prestigieux prix James Dyson en 2019 qui lui a offert plusieurs aides financières et lui a permis de mener au mieux son projet. 

Pour l’heure, MarinaTex est encore en développement mais ne devrait pas tarder à définitivement voir le jour et rejoindre les nombreuses alternatives portées par une génération jeune et engagée. Quitte à sauver la faune marine, autant commencer par l’empêcher de s’étouffer. 

Pour plus d’informations sur ce nouveau matériau, rendez-vous ici

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