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Recharger son véhicule électrique au sel

Lors de la production d’un véhicule électrique, la fabrication de la batterie représente 35 à 41% de son empreinte carbone. En Europe, ce sont seulement 5% de ces batteries qui sont recyclées. 

La startup Tiamat a décidé d’y remédier, en créant un nouveau type de batterie pour véhicules électriques, plus green et moins coûteux…

Trouver une alternative aux batteries au lithium semble en effet nécessaire aujourd’hui. Posant de lourds problèmes écologiques et éthiques, le lithium est  également une ressource extrêmement rare, présente dans moins de 0,06% de la couche terrestre, principalement au Chili, en Bolivie, en Argentine et en Chine.

Tiamat, start-up amiénoise lancée en 2017, a mis en place une initiative pour (enfin) réduire l’impact écologique du secteur automobile, et en particulier des véhicules électriques. Sa solution : des batteries à base de sel, pour remplacer le lithium. Fun fact : dans la mythologie mésopotamienne, Tiamat était le nom donné à l’étendue d’eau salée qui existait au commencement de l’histoire… Représentée par un dragon femelle et considérée comme “mère primordiale universelle”, elle était l’incarnation du chaos.

©Tiamat

Après 6 ans de recherches portées par plusieurs instituts de recherche dont le CNRS, le CEA et le Collège de France, le fondateur Laurent Hubart et son équipe ont réussi à concevoir un produit bien plus efficace et écologique que les batteries au lithium. En 2018, les fondateurs se sont attelés à une levée de fonds… et ont réussi à collecter 3,6 millions d’euros.  Un an plus tard, Laurent a reçu le prix de l’Entrepreneur organisé par EY dans la catégorie Born Global, de la région Nord. Plus récemment, en novembre 2019, c’est le Président de la République lui-même qui a rencontré les fondateurs de la startup et en a profité pour démarrer un bus équipé d’une batterie Tiamat.

Pourquoi remplacer ces batteries (Lithium-Ion) par des batteries au sodium (appelées batteries Sodium-Ion) ? Ressource plus abondante, le sodium est présent dans 2,6% de la couche terrestre, ainsi que dans l’eau de mer sous la forme de chlorure de sodium, et son extraction est bien plus abordable que celle du lithium. Pour le même prix, les batteries se chargent dix fois plus rapidement et ont une durée de vie 3 fois plus longue, presque égale à celle du véhicule. Il serait désormais possible de recharger sa voiture en moins de 5 minutes pour une autonomie de 250 kilomètres.

©Tiamat

Pour l’instant, de premiers tests ont été effectués sur des scooters électriques destinés à la livraison. Une première fabrication de batteries sodium en petites séries sera lancée au cours de l’année 2020 en France, pour ensuite s’étendre à toute l’Europe.  

On espère que ces batteries pourront permettre d’opérer un vrai tournant dans le secteur de l’automobile et permettre à l’électrique d’arrêter de payer l’addition salée du lithium. Elles pourraient également être utilisées dans d’autres secteurs : des robots industriels au stockage d’énergies renouvelables….

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