©Benjamin Grosser

L’art à l’ère des machines : la création à l’épreuve de l’IA

Le 13 novembre, nous étions au rendez-vous mensuel du Club Culture & Management dont le thème était l’intelligence artificielle et la création d’oeuvre.
Zoom by Soon sur cette session qui nous a autant intéressés que questionnés…

Difficile aujourd’hui d’évoquer l’innovation et la technologie sans convoquer force algorithmes, intelligences artificielles ou machine learning. Difficile aujourd’hui de citer un pan de l’activité économique qui ne serait bouleversé par ces derniers. Banque, industrie, distribution, marketing, finance ou RH sont impactés ou disruptés par ces évolutions.

L’art et la création font-ils exception ?

Si l’on en croit le Marché, cette entité réifiée dont la “main invisible” permettrait la convergence des intérêts individuels vers l’intérêt collectif, il existerait des oeuvres signées IA. Ainsi, en 2018, Christie’s vendait des oeuvres générées par une intelligence artificielle du collectif Obvious Art plus de 400 000 dollars… 

Pourtant, en première approche, création et intelligence artificielle semblent relever sinon de deux univers, au moins de deux champs lexicaux différents. D’un côté, la singularité, l’émotion, la transgression. De l’autre la programmation, les données, le deep-learning. À l’intersection des deux, la création assistée par la machine, qu’elle se nomme photographie, cinématographie ou musique électronique. Dont la reconnaissance comme création ou comme art n’a d’ailleurs historiquement pas été de soi. 

Avec l’émergence de plus en plus (re)marquée de l’intelligence artificielle dans la musique comme dans l’ensemble des espaces de création artistique, se pose la question de son statut et de sa place. Les droits français et européens s’interrogent. 

Si des lignes de codes peuvent capter des émotions et créer de l’interaction (comme c’est le cas aujourd’hui avec l’artificial creature de la start-up Spoon), si elles permettent à Matchtune, à partir d’une composition musicale, de générer des milliers de morceaux de musique que le compositeur initial n’est plus à même de reconnaître, si un robot artiste peut transformer des rêves en peintures, peut-on vraiment exclure de tracer une frontière étanche entre IA et créateur ?  

Les critères d’originalité et de lien entre l’auteur entendu comme personne physique et l’oeuvre sont aujourd’hui nécessaires pour appréhender le droit d’auteur. Mais seront-ils suffisants pour en exclure les productions par intelligence artificielle ? Si l’on se fonde sur la perception de l’oeuvre par le public ou le consommateur, cela semble plus ardu, ce dernier étant peu à même de distinguer l’oeuvre de l’artiste et la production de l’IA. 

Face à un produit industriel qui ressemble à une oeuvre de l’esprit, le questionnement est encore de mise. Pour d’autres, il ne s’agit pas de jouer l’opposition mais de croire en l’équation humain + machine. Quitte à parler de super-créativité !


Intervenants :

  • Igal Cohen Hadria – CTO et Co-fondateur, avec André Manoukian, de MATCHTUNE ex MUZEEK
  • David El Sayegh – Secrétaire Général de la SACEM, membre du CSPLA (Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique)
  • Annick Teboul – DC chez BETC DIGITAL
  • David Chapon – CMO de SPOON

Modératrice : 

  • Juliette FELIX – HERALD Avocats/Avocate, Responsable Audiovisuel / Cinéma C&M

Le 4 décembre prochain, le Club Culture & Management fêtera ses 20 ans au Centquatre ! Cliquez ici pour en savoir plus.

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