Le média qui cultive votre curiosité
Menu
©University of Toronto Scarborough

Imprimer de l’huile en 3D

Chaque année en France, près de 200.000 tonnes d’huiles usagées sont collectées, dont 170 millions de litres d’huile de cuisson utilisés dans la restauration privée et alimentaire. Un vrai challenge environnemental car ces huiles sont très difficiles à collecter, éliminer ou recycler…

Beaucoup d’initiatives ont vu le jour et proposent désormais des solutions pour upcycler cette matière (grasse)…

Depuis quelques années déjà, de nombreux restaurants et chaînes de restauration rapide, notamment celle dont la mascotte est un grand clown à la perruque rouge font collecter ou recyclent leur huile de friture pour la transformer en biocarburant. Une innovation, qui a dû sembler un peu étrange à l’origine mais dont l’impact écologique est aujourd’hui indiscutable : un litre d’huile valorisé en biocarburant permet d’éviter l’émission de près de 3kg de Co2 (Source).

Mais peut-on faire d’autres choses avec de l’huile de friture ? Oui ! Et notamment de la résine pour les imprimantes 3D… 

Andre Simpson est professeur dans le département de physique et sciences environnementales à l’Université de Toronto. Après quelques tests dans son laboratoire, il se rend compte que certaines molécules trouvées dans l’huile de friture ont des similarités avec celles de la résine pour imprimantes 3D vendue dans le commerce. Mais pourquoi a-t-il voulu tester de l’huile de friture ? Tout simplement parce qu’il s’est dit que la nature pourrait sans doute mieux assimiler des matières grasses naturelles, plutôt que des matériaux synthétiques… et qu’il fallait (enfin) développer une résine plus responsable pour l’environnement.

Parti de ce constat simple, lui et ses équipes de recherche ont contacté des dizaines de restaurants et seul McDonald’s a semblé intéressé et leur a donné 10 litres d’huiles usagées (Source). À partir d’un litre d’huile, l’équipe de chercheurs a pu produire 420 millilitres d’encre d’impression et ont réussi à imprimer une dizaine de petits papillons dont la qualité n’a pas déçue. Ils ont même fait le test d’enterrer quelques papillons dans la terre et le résultat a été impressionnant. Le solide avait déjà perdu 20% de son poids… Espérons que les recherches continuent et que ce nouveau matériau, original et surtout biodégradable soit bientôt disponible à la vente. Et peut-être que plus tard, on préferera faire la queue au McDrive pour y déposer son huile de friture plutôt que venir y chercher son “menu déconfinement”.

Pour les plus motivés, vous pouvez recycler vos huiles usagées et les transformer en savon, détergent et même bougies. Il vous faudra sûrement quelques essais avant de réussir à faire une bougie qui sent bon avec votre huile de sardine… mais le jeu en vaut la chandelle !

Que pensez-vous de cette détection ?

Article suivant

Ça vous plait ? Cultivez votre curiosité avec notre newsletter !