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Faire (vraiment) peau neuve

L’imprimante 3D, l’une des armes essentielles contre la crise sanitaire, n’est désormais plus un gadget. Elle est même devenue une innovation qui nous encourage à croire que la limite entre le réel et la fiction s’estompe.

Depuis quelques années, à travers la planète, plusieurs équipes de scientifiques l’utilisent à des fins médicinales, et le résultat nous laisse parfois béats… 

L’écrivain Eric Fottorino écrivait dans son ouvrage Un territoire fragile (2001) : “La peau se souvient, nous sommes des êtres de tissus”. Cette maxime pourrait faire écho au projet  porté par des chercheurs et chercheuses des quatre coins du monde. Projet peu ordinaire et qui, pourtant, changera le quotidien de beaucoup : l’impression d’une peau synthétique mais à apparence bien humaine. Quand la santé embrasse l’innovation, le résultat est parfois révolutionnaire et c’est peut-être ici une belle preuve. Cette nouvelle pratique chirurgicale et technologique consiste à créer de la chair à partir de vraies cellules du corps humain

Notre peau est composée de trois épaisseurs : en surface l’épiderme, puis le derme et enfin l’hypoderme. Il s’y trouve tout un système où de nombreux vaisseaux sanguins s’entrecroisent et permettent d’uniformiser ses différentes couches. Or, pendant les greffes de peau traditionnelles, le processus effectué par ce que l’on nomme les “cellules endothéliales” n’est plus évident. L’utilisation de l’imprimante 3D pourrait, dans ce contexte, permettre non seulement d’obtenir une peau solide et presque semblable à celle que l’on a sur les os. Mais elle faciliterait aussi l’intégration de ces cellules humaines et donc, de garder l’ente vivante. 

Comment fonctionne ce processus ? Tout simplement comme lorsque l’on crée des mini figurines 3D pour compléter sa collection. Sauf qu’ici, on imprime de la peau pour soigner et recouvrir ses blessures. Ce qui s’apparente à une “bio-encre” est constituée d’hydrogel et de plusieurs éléments essentiels à la création de cette peau artificielle : le kératinocyte pour l’épiderme, le fibroblaste pour le derme et enfin, le collagène qui permet de durcir le tissu. La précision et la vitesse à laquelle l’imprimante travaille permet de répondre à l’urgence en venant déposer la peau neuve directement sur le corps d’un·e patient·e. 

Tous les ans, on compte 8 000 personnes hospitalisées pour brûlures (Source : Santé publique France). Bien que la peau soit aujourd’hui l’unique don, avec le rein, que l’on puisse faire sans être six pieds sous terre, la collecte est encore trop faible pour répondre aux besoins. Ce nouveau virage emprunté grâce à l’imprimante 3D, pourrait rendre plus accessible et moins coûteux la greffe de peau. 

Si les différents tests n’ont pas encore fait leurs preuves sur l’humain, cette recherche offre une vraie lueur d’espoir aux personnes grièvement brûlées. Certains l’acceptent, mais d’autres n’y arrivent pas et ce pourrait être un premier pas vers une reconstruction de soi. Quant aux diabétiques qui souffrent généralement d’infections sévères de la peau, ils pourraient aussi bénéficier de ces greffes de peaux 3.0. 

Grâce à la fabrication additive alimentée par une “bio-encre”, le champ des possibles nous emmène jusqu’aux oreilles imprimées en 3D. Cela laisse entendre que demain, la médecine (comme la “food”) sera sur-mesure, personnalisée et personnalisable

Et un jour peut-être, nous croiserons le chemin d’une Sophia liftée avec cette peau 3D. 

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