Étudier la mode comme une science sociale

À la Casa 93 de Saint-Ouen, les créateurs & créatrices de demain apprennent à penser une mode responsable, durable, inclusive, sociale et solidaire. Et ce n’est pas tout : cette école gratuite favorise aussi l’insertion des jeunes issu·es de zones prioritaires…

Mieux vaut être à bonne école pour se tailler une bonne réputation.

La Casa 93, c’est la mode pour tou·tes et par tou·tes. Cette école installée à Saint-Ouen (93) est la petite soeur francilienne de la Casa Geração Vidigal, créée en 2013 dans une favela de Rio de Janeiro. Et elle entend bien lutter pour une mode plus inclusive, éco-responsable et socialement durable. L’objectif est d’ouvrir le milieu très fermé de la mode aux jeunes issu·es de zones prioritaires.

Les promos, constituées de vingt élèves de 18 à 25 ans, sont formées par des dizaines de créateurs/trices, dans les domaines du luxe aussi bien que du streetwear. La scolarité (sur mesure, forcément) est gratuite pour les deux tiers des élèves, issu·es pour la plupart de Seine-Saint-Denis. Certain·es vont être sélectionné·es pour élaborer une ligne de vêtements “upcyclés”. Leur collection sera ensuite incubée par une marque, puis présentée à la Fashion Week avant d’être mise en vente. Le but est d’apprendre aux élèves à monter et à vendre un projet à la manière d’une startup, dans la catégorie durable & équitable.

L’ambition de la Casa 93 va même au-delà de l’aspect éducation et insertion. Nadine Gonzalez, la cofondatrice du programme, veut que ce vivier de jeunes talents devienne “un laboratoire/observatoire de l’esthétique de la périphérie dans chaque métropole en mutation”.

Quand on vous dit que la mode change…

Que pensez-vous de cette détection ?