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Confier à une IA ses problèmes de santé

Protéger sans surveiller ou surveiller sans protéger ? La technologie associée à la santé, comme Doc.Ai, c’est un peu le double visage du Docteur Jekyll.

D’un côté, on profite de l’intelligence artificielle pour qu’elle nous offre un diagnostic complet et quotidien. De l’autre, on permet que ces données soient exploitées et quantifiées à des fins qui nous sont parfois inconnues…

Un couple d’entrepreneurs, Walter et Sam de Brouwe, ont attiré les projecteurs en 2016, lors de la sortie de Doc.AI. Cette plateforme numérique californienne est née de la volonté de permettre à chacun de consulter en temps réel et quotidiennement ses données de santé. C’est un peu comme si vous commenciez votre consultation chez le médecin par un “Ok docteur”.

“Quel est mon taux de cholestérol aujourd’hui ?” “Suis-je en carence de fer ?”. C’est le genre de questions que vous pouvez poser à votre tout nouvel AI. Et pour viser juste, Doc.AI parvient à anticiper les questions que l’utilisateur peut lui adresser. Ce docteur robotisé suit donc ses patients de près, parfois même de trop près. Et c’est là que se dessine une certaine ambiguïté. Car pour que les consultations et suivis soient les plus efficaces possibles, les patients doivent indiquer un maximum d’informations sur eux. Informations exploitables et exploitées.

Si les porteurs de ce projet affirment que l’utilisateur “possède ses données”, on est en droit de se demander si ce n’est pas plutôt le cas inverse. Oui, parce que ce Docteur robot brise les tabous de la vente des données santé, en invitant clairement celles et ceux qui le souhaitent à vendre leurs données pour participer à la recherche médicale. En échange d’une cryptomonnaie, ou de petites cartes cadeaux (n’en déplaise à Amazon), le cobaye patient participe donc à faire avancer la science.

C’est d’ailleurs suite à sa poignée de mains en 2018 avec le gouvernement anglais – précisément le National Health Service (NHS) – qu’Amazon, a pu avoir accès à quelques millions de données santé. Et ce, gratuitement. Ça partait pourtant d’une bonne intention… Puisque la firme voulait simplement rendre son assistant vocal Alexa encore plus performant du côté santé. Les plus concernés étant alors les moins avertis de cette situation, la polémique ne s’est donc pas fait attendre. Mais il en faudrait beaucoup plus pour freiner les ambitions du géant américain qui s’est invité sur ce marché avec Amazon Care. Et, privatisée deviendra la santé.

L’équilibre entre confiance et prévoyance se situe alors dans la prudence, surtout pour ce qui est de la vie privée. L’expérience de l’enseigne américaine Target pose elle aussi quelques questions. L’entreprise de grande distribution s’est tellement intéressée à la grossesse d’une de ses clientes, en lui envoyant des promotions sur des produits pour bébés, que la jeune femme a été contrainte d’annoncer la nouvelle à son père quand ce dernier les a découvert dans la boîte aux lettres familiale.

La question de la propriété des données ne date pas d’hier et elle fait l’objet de débats constants, encore plus avec le développement et le déploiement de l’IA dans le monde. Elle devient d’autant plus sensible lorsqu’elle touche au domaine médical…

Alors, vous êtes tentés pour tracker “librement” vos données santé ? Rendez-vous ici.

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