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©Marie-Sarah Adenis

Colorer ses vêtements avec des bactéries

Saviez-vous que pour tous ces milliards d’habits produits chaque année, il faut 2 millions tonnes de colorants ? La startup toulousaine Pili s’est attelée au développement d’une solution écologique unique afin de rendre l’industrie du textile plus vertueuse…

Vous vous demandez quel est l’impact environnemental du colorant ? Et bien c’est simple, pour produire 1 kg de colorant seulement, il faut pas moins de 100 kg de pétrole, 9 kg de solvant et plus de 1.000 litres d’eau…

On ne s’étonne pas que l’industrie de la mode s’intéresse de plus en plus au développement d’alternatives. La startup toulousaine Pili propose justement l’une d’entre elles grâce à des micro-organismes qui produisent des colorants naturels renouvelables, comme substitut aux colorants pétrochimiques.

Tout a commencé en 2012, lorsqu’un biologiste et une designer développent un stylo “semi-vivant” grâce à des bactéries qui décomposent des matières végétales comme le sucre ou le bois pour fabriquer de l’encre. En 2015, ils s’associent à un chimiste et un jeune diplômé d’école de commerce pour donner vie à un projet : réduire l’impact environnemental de l’industrie du textile avec une technologie économique et profitable

Le processus de fabrication de Pili a un impact bien moindre sur l’environnement car les micro-organismes n’ont pas besoin de solvants toxiques pour se développer et consomment beaucoup moins d’eau et d’énergie. Leurs procédés de fermentation sont similaires à ceux utilisés dans la fabrication de la bière, du pain, du vin, du fromage ou encore celui de médicaments comme l’insuline. 

Pili travaille aujourd’hui sur sa gamme de couleurs afin d’en créer une centaine… et prévoit d’utiliser des déchets agricoles comme matière première pour nourrir les micro-organismes !

Après deux levées de fond de 2,5 millions d’euros en 2018 puis 3,6 millions en 2019, Pili vise un lancement à grande échelle dans l’industrie du textile d’ici deux ou trois ans.

Pour la petite histoire, le nom “Pili” fait référence aux appendices dont les micro-organismes se servent pour communiquer. Comme quoi, science et poésie peuvent faire bon ménage. 

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