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Chausser son pied de vigne

Nos poubelles sont principalement garnies de fruits, de légumes, et de restes alimentaires (Source : France Nature Environnement). Depuis quelques années, ce gaspillage est devenu une ressource alternative au cuir animal. 

En s’inspirant du patrimoine de sa région, une Bordelaise a créé sa ligne de chaussures, savoureusement noble…

En 2017, Vegea, la startup italienne spécialisée dans la fabrication de matériaux écologiques, dévoile qu’en produisant 26 milliards de litres de vin par an, on obtient 7 milliards de kilos de résidus de raisins. De ces marcs, Marie Viard-Klein, normalienne et diplômée de l’IAE de Bordeaux, a donné naissance à la sienne : Minuit sur Terre. En prenant comme point de départ son mode de vie adopté depuis quelques années, elle réunit veganisme, mode et éthique dans une même paire de baskets, le tout alimenté par un peu de poésie.

Ça, c’est sur marc de raisin

Épaulée par les  membres de sa famille qui ont joué un rôle fondamental dans la construction de ce projet, animée par son combat pour le bien-être animal, sensible à une mode responsable, durable et moderne puis après avoir finalement suivi quelques cours de dessin, Marie ouvre sa boutique en ligne en 2017. Deux ans plus tard, “Métamorphose” devient la toute première collection française de chaussures conçues à partir de cuir de raisin, certifiées Oeko-Tex et PETA

Pour la fabrication de ses produits, Marie a choisi un atelier situé au Portugal, en confiant ses croquis au savoir-faire ancestral et reconnu de ce pays. Les chaussures sont assemblées à la main par  des artisans qui donnent vie à l’imagination de l’entrepreneuse. D’un style plutôt bohème, les baskets sont entièrement confectionnées avec du cuir de raisin, comme précisé plus haut, mais aussi à partir d’autres tissus végétaux. Le polymère de céréales, par exemple, est utilisé pour les semelles. En prime, cette matière protège des bactéries. 

Aux côtés de sa gamme de chaussures, Minuit sur Terre propose une maroquinerie elle aussi responsable. L’intérieur des sacs est réalisé grâce à la collecte et au recyclage de bouteilles plastiques récupérées dans la mer. Nul besoin d’être vegan pour être tenté par cette démarche. Dans un reportage France 3 Aquitaine, la fondatrice précise que si 75 % de sa clientèle affirme être vegan, il en reste tout de même 25 % qui ne partage pas cette habitude de consommation et qui, pourtant, souhaite défendre la cause environnementale et animale. La sensibilisation au respect de la faune comme de la flore peut donc passer par divers chemins. 

© Minuit sur Terre

“Après la nuit, vient l’aurore…”, en suivant cette parole, Marie a par ailleurs ouvert Aurore sur Terre en 2019, une plateforme de seconde-main qui commercialise les produits Minuit sur Terre déjà portés ou qui présenteraient un léger défaut. Ou comment boucler la boucle sans faire de noeuds !

Avec des accessoires et vêtements élaborés à partir de champignons, d’avocats, d’algues ou encore d’ananas, les initiatives et enseignes sont de plus en plus nombreuses à créer des gammes entièrement végétales. Porteuses d’un certain savoir-upcycler, elles dressent le double portrait éthique et écologique du prêt-à-porter de demain.

Les vegans auraient-ils trouvé un bon moyen de porter l’élégance à la française tout en se déplaçant avec leurs valeurs ? Serait-ce une occasion pour les autres de s’engager en passant par un moyen moins difficile et plus rapide que de changer complètement son alimentation ? C’est en tout cas ce que la créatrice souhaite : démocratiser ce style de vie. En somme : le flexitarisme, jusqu’au bout des pieds !

Enfin, notons qu’à chaque centaine de paires vendues, Minuit sur Terre fait don de 1.000 euros à une association, comme White Rabbit. Un soutien de plus pour la protection des animaux.

Et si on leur lâchait la grappe en préférant la peau de raisin à la leur ? 

Que pensez-vous de cette détection ?

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