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Demain, vous paierez en nature

Au commencement était le troc. Rien de plus concret – un bien pour un autre. Puis pour faciliter les échanges, est née la monnaie.

Rien de plus physique que cette dernière. Au sens propre comme au figuré : les espèces sonnantes et trébuchantes en métal précieux (et plus anciennement le sel, ou les coquillages) ont toujours fait corps avec des expressions imagées qui en disent long sur notre rapport à l’argent. 

Mais si l’on a longtemps clamé la valeur de nos yeux, nos bras et notre postérieur (“ça coûte un bras, la peau des fesses, ou encore les yeux de la tête”), on était loin d’imaginer que notre corps lui-même deviendrait un moyen de paiement. Et si la dématérialisation de la monnaie est ancienne, la sémantique du corporel demeure. Avec l’apparition des monnaies fiduciaires (fiduciaires pour confiance, comprendre les billets), on parle de valeur… faciale. Le billet de banque n’a pas de valeur en soi, il n’a de valeur que parce que vous faites confiance à l’institution qui l’émet. 

Plus récemment, on s’est mis à payer “sans contact” (alors que la puce touche bien le lecteur de carte bleue). Avec le Covid, ce mode de paiement est même devenu la norme… Alors demain, la biométrie sera mature et vous permettra de payer en nature. Et promis, on ne se paie pas votre tête.

Dès à présent, vous pouvez vous authentifier sans effort, et déverrouiller d’un clin d’oeil smartphone, montre ou autre casier. Demain ce sera au tour de votre porte-monnaie d’être biométrique. À coup de paiement par empreinte, par reconnaissance faciale ou rétinienne. En retard sur l’adoption des cartes bancaires, les chinois paient eux déjà de leur personne depuis plusieurs années…

Le cabinet Accenture estime ainsi qu’en 2023, on devrait assister au paiement de 2.000 milliards de dollars par biométrie (17 fois plus qu’en 2018). Après l’internet des objets, place à l’internet des corps : question données, vie privée et sécurité, le débat ne fait que s’ouvrir mais l’innovation, elle, n’attend pas…

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