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Demain, vous vous lancerez dans la BlablablaTech

Demain, vous ne saurez plus où donner de la tech. Un temps ringardisée sous le diminutif techno (cf. les bons vieux cours où l’on apprenait à souder et basta), pimpée par l’expression high tech dans les décennies 80 et 90, rajeunie sans pour autant avoir été vraiment adoptée, avec l’acronyme NTIC (pour Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication), la Tech a désormais envahi notre univers… sémantique.

Avec un T majuscule, elle est américaine, métonymique et renvoie aux entreprises du secteur numérique. Accolée à French, elle est un label et un espoir, celui de mettre sur les rails la startup Nation et d’annoncer le retour de la France et de l’Europe dans la cour des titans que sont les GAFAM. Associée à un domaine ou un secteur d’activité, elle désigne l’ensemble des entreprises, et notamment les startups, visant à utiliser la technologie (digital, intelligence artificielle, etc.) comme avantage comparatif, ou pour créer un nouveau marché, en mode stratégie bleu ocean. Car la tech, vous n’aurez pas manqué de le noter est désormais déclinée à l’envi en Foodtech, Greentech, Deeptech, AdTech (Advertising x Tech), MarTech (Marketing x Tech)… 

Et, une fois n’est pas coutume, appelons-en aux règles de la linguistique (rappelez-vous : base, affixes, suffixes…). La tech en version startup et nouvelle économie est ainsi une base (lexicale) qui permet des compositions et des constructions nombreuses, dessinant une galaxie de secteurs ou sous-secteurs et appelant quasiment à la création d’une nomenclature. Dans le désordre, et sans parti-pris, on a relevé : 

  • les sectorielles : AgriTech, BeautyTech, CultureTech, DeathTech, CivicTech, CleanTech, FinTech…
  • les fonctionnelles : BioTech, DeepTech, LowTech, NanoTech
  • et les pépites incongrues qui ne manqueront pas de faire sourire : ConTech (pour “Construction” bien sûr, ce ne sont pas des technologies de connerie augmentée), SleepTech, SexTech (et pas tape)…

Que dire ? Que la tendance est à la tech, et que le nominalisme, encore une fois a bon dos. Qu’il serait peut-être intéressant de passer fil du rasoir d’Ockham cette nomenclature qui pourrait s’allonger à l’infini. Avec cette règle de parcimonie, joliment énoncée comme suit “ les multiples ne doivent pas être utilisées sans nécessité”, et que l’on doit au philosophe franciscain Guillaume d’Ockham, ayant inspiré Umberto Eco pour son personnage de Guillaume de Baskerville, pas certain que la liste ne soit pas tondue. 

Pour ceux que cette liste n’aurait pas rebutés, on a eu envie de faire l’exercice. À chaque Tech, une mission et un exemple.

  • AgriTech / AgroTech / AgTech (il faudrait se mettre d’accord) : il s’agit dans tous les cas de mettre le digital et la data au service d’une agriculture de précision, moins gourmande en eau par exemple. La startup The Green Data en est un représentant.
  • BeautyTech : être au plus près des consommateurs pour proposer des produits sur mesure (miroir connectée, machine à crème instantanée…) pour, par exemple, mesurer le niveau d’hydratation de votre peau.
  • BioTech : l’un des “dinosaures” de cette liste, les biotechnologies visent à modifier les caractères génétiques d’êtres vivants. Vous savez, les fameux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM).
  • ChurchTech : la Bible a beau avoir plusieurs milliers d’années, il n’empêche qu’on peut aussi mettre de la tech au coeur de sa foi. Preuve en est avec le chapelet 2.0 sorti en 2019 pour se connecter à Dieu.
  • CivicTech : a voté. Nous avons là tout un écosystème de startups qui ambitionnent de (faire) vivre la démocratie autrement, en rapprochant élu·es et citoyen·nes. Fluicity propose par exemple de simplifier la consultation citoyenne…
  • CleanTech / GreenTech : leur objectif commun est de contribuer à un monde plus vertueux et moins carboné. Beaucoup de startups du milieu – comme TIPA, un packaging compostable – sont à découvrir chaque année à l’événement ChangeNOW qui met en lumière ces initiatives positives.
  • ConTech (pour “Construction” bien sûr car, ce ne sont pas des technologies de connerie augmentée) : que ce soit pour assister les chef·fes de chantier, optimiser les coûts ou les délais de livraison ou même bâtir avec l’impression 3D, le secteur est en plein essor !
  • CultureTech : pas encore vraiment consacrée en tant que telle, il s’agit là du mariage parfois surprenant de la technologie et de la culture. En France, la 104factory fait la part belle à ces initiatives.
  • DeathTech : et oui, même les pompes funèbres se font uberiser ! Des startups comme AdVitam se chargent de faciliter au maximum ce moment douloureux quand d’autres innovent pour concurrencer les sépultures traditionnelles.
  • DeepTech : on y trouve ici les jeunes pousses qui disruptent, ce verbe qui n’échappe plus à personne. C’est ici aussi que naissent certains concepts parfois obscurs mais qui font l’innovation : blockchain, intelligence artificielle, informatique quantique… 
  • EdTech : quand l’école est devenue obligatoire en 1882, Jules Ferry n’avait bien entendu jamais eu de tablette tactile entre les mains (spoiler : ça n’arrivera jamais). Aujourd’hui, de nombreuses startups, comme Plume, proposent de nouvelles manières d’apprendre et d’enseigner, avec ou sans écran.
  • FashionTech : en dehors de l’événement éponyme, l’alliance du monde de la mode et des technologies cherche à développer de nouveaux modes de fabrication permettant de mettre sur pied des chaussures connectées ou des soutiens-gorge sur-mesures imprimés en 3D ou à créer des parcours sans couture, par exemple en prenant ses mesures en un clin d’oeil.
  • FemTech : secteur encore récent, mais en plein essor, il rassemble les solutions comme Easyendo, spécifiquement dédiées aux femmes pour les aider à mieux comprendre, suivre et gérer leurs cycles menstruels, leur grossesse… 
  • FinTech : certainement LE 1er de la classe en matière de “BlablablaTech”. Un environnement ultra riche et concurrentiel (la preuve) dans lequel des startups redoublent d’ingéniosité pour simplifier, désintermédier, ou digitaliser le monde de la finance. Le secteur est tellement avancé qu’il a même fait des petits : la WealthTech, dédiée à la gestion patrimoniale ou encore la RegTech, ou quand la technologie se met au service de la réglementation.
  • FoodTech : notre pêché mignon, forcément. De la poudre Feed à boire entre deux réunions au simili oeuf des Merveilloeufs en passant par le synthétiseur de goût, de nombreuses innovations nous sont régulièrement servies sur un plateau… On en redemande.
  • French Tech : cocorico ! Le Made in France façon Tech, tout simplement. À la quête des licornes qui feront notre fierté à l’international. Bien plus qu’une caution ou un label, c’est un véritable écosystème qui s’engage pour l’innovation à la française.
  • GhettoTech : ça pourrait mais en fait non, c’est un genre musical. Rien à voir donc avec l’écosystème de la Tech.
  • HandiTech : en France, une personne sur six est handicapée. Inutile de vous le dire (mais on le fait quand même) : c’est énorme. Pourtant, de nombreuses infrastructures ne tiennent pas compte de leurs spécificités. Les startups de la HandiTech comme Panda Guide sont là pour cela : rendre les plus autonomes possible ces millions de personnes. 
  • HappyTech : vous passerez pas moins de 100.000 heures à travailler, alors autant que ça se fasse dans la joie et la bonne humeur non ? C’est l’objectif des initiatives portées par la HappyTech où les maîtres mots sont la bienveillance et le bien-être, pour une meilleure QVT (Qualité de Vie au Travail, m’voyez). Mais est-ce que Happy, ce n’est pas fini ?
  • InsurTech / AssurTech : cousin éloigné de la FinTech, l’écosystème startups de l’AssurTech entend dépoussiérer un secteur qui en avait sans doute bien besoin. Et ce ne sont pas vos montres connectées et autres outils de self-monitoring qui diront le contraire ! Mais (r)assurez-vous, en Europe, avec le RGPD, vos données personnelles sont entre de bonnes mains. Et si vous êtes à Paris, vous avez sûrement déjà croisé Alan, la star des Assurtech tricolores dans le métro.
  • LegalTech : leur ambition ? Disrupter les métiers du droit (avocats, notaires, comptables…) en automatisant les tâches les plus simples et concentrant l’humain sur les tâches à valeur ajoutée. Et en limitant les barrières à l’entrée pour les consommateurs.
  • LowTech / SlowTech : renvoie à toutes les tech-niques qui ne sont pas tech-nologiques et qui transforment néanmoins les usages ou réussissent à avoir un impact. Chez Soon Soon Soon, on aime beaucoup le Low Tech Mag !
  • MedTech / HealthTech : santé mais avec un grand T, pour tech. En dehors de ce jeu de mot, ce secteur est probablement l’un des plus porteurs dans le vaste univers des startups : implants cérébraux, prothèses, peau ou organes imprimés en 3D, prédiction de maladies avec le big data et l’IA… On en n’est pas encore à la vie éternelle que Google appelle de ses voeux (la DeathTech vous dit merci), mais les progrès en la matière semblent immenses.
  • MonTech : c’est un piège, c’est un village français situé dans le Tarn-et-Garonne.
  • PassTech : toujours pas, ici, c’est juste un magnifique jeu de mots fruité.
  • Pet Tech : retrouver son chat grâce à un collier embarquant une puce GPS, opter pour une gamelle à reconnaissance faciale pour qu’il ne se fasse pas voler ses croquettes… Le futur s’invite aussi chez nos animaux de compagnie, et pas que chez les chats !
  • PropTech : à ne pas confondre avec la ConTech qui est “dans le dur” (aka la construction) la PropTech concerne les jeunes pousses du secteur de l’immobilier. L’idée : ringardiser Stéphane Plaza et mettre en oeuvre de nouvelles façons, toujours plus simples, de vendre, acheter, louer, vivre… D’ailleurs, connaissez-vous le coliving ?
  • RetailTech : il y a 30 ans on se croyait dans le futur en commandant une pizza sur Minitel. Même si techniquement on l’était peut-être un peu, le secteur du Retail a beaucoup, beaucoup changé et changera sans doute encore beaucoup avec les RetailTech, qui visent à transformer toute la chaîne de valeur de la distribution. IA, réalité virtuelle ou augmentée, big data, robotisation… L’expérience magasin (virtuel ou réel) est à l’aube d’une révolution !
  • RHTech : quand vous passerez un entretien avec un robot, vous penserez à nous. C’est mieux qu’avec un vampire et peut-être qu’on fera machine arrière, comme Amazon, mais dans certains domaines des ressources humaines, la digitalisation s’accélère. En veut l’exemple de Lik, une application (pour le R) qui permet d’apprendre entre pairs (pour le H) à mieux gérer des situations managériales. Oui, on a dit ressources humaines.
  • SexTech : vous connaissez le scandale du vibromasseur connecté qui récupérait vos données intimes ? Et bien ce n’est que l’un des exemples d’un marché estimé à plus de 37 milliards de dollars en 2022 (Source : Challenges).
  • SleepTech : nous voulons toutes et tous un vrai sommeil réparateur. Pourtant, nous sommes plusieurs millions a plutôt avoir un sommeil dévastateur… La SleepTech oeuvre pour rendre nos nuits plus douces en nous bordant d’objets connectés, de l’anneau pour faire dodo au doudou qui reproduit les battements de coeur de maman.
  • TravelTech : toutes les entreprises (plateformes, travel companions etc.) qui ont remplacé l’agence de voyage et le bon vieux guide de tourisme. De Airbnb à Magadi
  • WineTech : même si la France n’est PAS le 1er producteur de vin au monde (vous l’ignoriez, avouez-le), elle entend bien combler ce manque en devenant le pays pionnier de la WineTech. On termine en effet cette liste avec le tout dernier-né des “BlablablaTech” qui s’est structuré en début d’année pour promouvoir les innovations dans le secteur du vin. La Tech est là, santé ! Et pour ceux qui sont plutôt spiritueux, par ici il y a de la vodka dans l’air.

Et cette liste n’est pas exhaustive…

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