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Doit-on tout changer pour que rien ne change ?

Bousculer ses certitudes pour être plus innovant.

La citation de Thomas de Lampedusa, usée à l’envi sera-t-elle rendue obsolète par le coronavirus ? Saurez-vous vraiment en finir avec le Guépard ? Car s’il est une affirmation qui ne suscite pas le débat en ces temps troublés, c’est bien que “rien ne sera jamais plus comme avant”. 

Où il est question de santé publique, de rapports sociaux, de citoyenneté, de rapports à l’espace et à la ville. Mais également de travail, de collaboration, ou de leadership. Et d’innovation. 

Le changement ce serait hic et nunc. Urbi et orbi. 

L’époque n’est plus à l’innowashing, l’innovation retrouve ses lettres de noblesse et elle est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Du Président de la République qui enjoint les soignants à être innovants ; des biotech et des laboratoires pharmaceutiques, ou encore des acteurs de l’intelligence artificielle ou de l’impression 3D promouvant leurs solutions. 

L’innovation retrouve sa définition exhaustive et holistique. Elle redevient organisationnelle, procédurale, technologique ou comportementale. Elle prend la forme du détournement, prôné dans la pédagogie Montessori pour stimuler la créativité, quand elle transforme un masque de plongée en respirateur. Et le benchmark, qui ne dit pas son nom, est roi. 

Regarder ailleurs est devenu un réflexe, presque un tic de langage. “À l’italienne”, “la leçon chinoise”, “l’exception suédoise” en sont les manifestations symptomatiques. On parle-là de stratégie sanitaire, mais la portée est bien plus large.

Une fois l’acmé de la crise passé, il faudra sans doute repenser la place de l’innovation dans les entreprises. En tirer les leçons, les enseignements. Bref, faire vraiment ce que chacun promet aujourd’hui et dont on espère que cela ne restera pas lettre morte.

Philippe Kotter, le grand prêtre du marketing et de la conduite du changement doit se frotter les mains. Le déclencheur, première étape dans la démarche qui mène au changement est là. Bien identifié. Il s’appelle COVID-19. Gageons que demain le changement de paradigme de l’innovation prendra trois formes. 

 #utilité 

La question du sens est de retour, avec une acuité d’autant plus forte que la crise passe au tamis de cette notion toutes les activités des entreprises et des citoyens. 

#holistique

Le caractère holistique de l’innovation doit de nouveau être considéré. Les usages, les processus de travail et de production, les produits, les technologies font partie d’un tout et participent chacun à leur manière au changement. 

#pédagogie 

Les experts sont de retour. Leur parole est mise en avant, célébrée, incorporée à tous les éléments de langage. Le raisonnement scientifique avec ses éléments consubstantiels que sont la méthodologie, la rigueur et la data retrouve les faveurs d’un public davantage rompu aux méthodes du like et du hashtag harangueur.

Bienvenue demain donc.

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