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Demain, la planète ne sera plus une fashion victime

Demain, on reviendra à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Un temps sans fast fashion, un temps où l’on ne regardait pas les étiquettes, où l’on n’avait pas encore réalisé que la mode était une industrie polluante.

Un temps aussi où chacun ou presque savait distinguer filage, maillage, patronage, confection ou façonnage… et où on n’avait pas besoin de dire que c’était Made in France. Ça l’était, un point c’est tout. Où Cholet, Troyes, Romans ou Roubaix étaient synonymes de chemisiers, tricots ou souliers.

Où l’on ne parlait pas encore de “chaîne de valeur” éclatée, de sous-traitants rang 2 ou 3, ou de traçabilité outillée par de la blockchain.

Après des décennies de désindustrialisation (comprendre l’étiolement des bastions du savoir-faire et de l’industrie textile) en France, l’heure semble être au réveil des consciences et à une mode qui se teinte en Bleu Blanc Rouge.

Aujourd’hui, l’industrie textile française emploie environ 100.000 salariés (et la mode au sens large représente environ 580 000 emplois, soit 3,1 % du PIB français). Entre 1996 et 2015, elle a perdu plus de deux tiers de ses effectifs et la moitié de sa production. La France, pays de l’élégance et de la haute-couture importe ainsi 87% de ses vêtements et de ses chaussures (source : Insee ici et ). Pour autant, les comportements sont en train de changer. L’Institut Français de la Mode note depuis deux ans une évolution dans les habitudes des consommateurs : en 2018, 40% des Français auraient renoncé à acheter des vêtements pour des motifs idéologiques et 30 % disent avoir acheté un vêtement d’occasion en 2018, contre 15 % en 2010 (source).

De nombreux acteurs économiques commencent à répondre “présent”. En (re)localisant en France tout ou une partie de leur chaîne de valeur. Et en oeuvrant pour une mode plus responsable, plus éthique, plus durable et plus locale. Cocorico ! Du vêtement au bijou, de la confection à la coloration, de l’approvisionnement en matière première au surcyclage. En essayant d’apporter aux consommateurs une réponse à leur demande, et en les éclairant aussi parfois dans leurs choix.

Car opter pour le Made in France c’est parfois… compliqué. On peut certes s’aider de la technologie mais surtout faire marcher notre matière grise. Savoir lire entre les lignes (designé en France sous-entend que la fabrication est délocalisée) ou le code des douanes (“Made in France” est une mention auto-déclarative, qui en vertu dudit code confère à un produit l’origine du pays dans lequel il a subi sa dernière transformation “substantielle”). 

Comme si nous devions disposer de nos propres algorithmes internes : dois-je choisir un T-shirt recyclé en France ou en coton bio du Pérou ? Une chemise en lyocell ou en lin ? 

Espérons que demain le dilemme ne sera plus aussi cornélien et que “pensé à [nom du pays de votre choix]” ne puisse plus servir d’argument marketing…


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