Le monde de demain selon...

... Pierre-Elie de Pibrac

Photographe

 Pierre-Elie de Pibrac

Date

3 mai 2012

Lieu

Opera Gallery, Paris

On trouve chez les Real Life SuperHeroes une envie de solidarité associée à un réalisme sur la société et le monde tels qu’ils sont : ils utilisent les canaux médiatiques existants au profit de leurs actions solidaires, pour les expliquer.

Pierre-Elie, peux-tu nous expliquer ce que tu fais ?
Je suis photographe. Pour mon travail sur les Real Life SuperHeroes (RLSH), je me suis demandé comment, à notre époque, on arrive à avoir besoin de se créer un personnage de super-héros pour aider les gens. J’ai essayé d’y répondre en travaillant sur le rapport entre ces gens que j’ai rencontrés et la matière, entre ce qui les inspire, l’univers dans lequel ils vivent, la ville, et leur moi intérieur. J’ai essayé avec mes œuvres de faire le lien entre les deux et de leur rendre hommage en travaillant sur les matériaux, en modelant des figurines, etc.
Il y a aussi un livre qui sort le 7 juin et qui reprend le travail artistique, des portraits, un comics et des réactions de philosophes, penseurs, etc.

Qu’est-ce que ton travail a révélé de particulier sur ces personnes ?
Elles ont une profonde envie de réaliser des actions de solidarité locale. Aux Etats-Unis – 90% des RLSH sont américains – les aides sociales sont beaucoup organisées par des groupes privés. Les RSLH aident ainsi des gens qu’ils croisent tous les jours dans leur quartier. Ils sont conscients également que pour exister médiatiquement, pour être vu, il faut être original. Ils se sont donc inventé des personnages, mais sans jamais faire aucune leçon de morale ou autre prise de tête. Ca reste ludique et du coup ils réussissent à fédérer. Et ça commence à marcher : il y a deux ans quand je suis allé les voir, il y a en avait 50, aujourd’hui il y en a plus de 400…

Quelles sont d’après toi les trois tendances à l’œuvre aujourd’hui et qui font le monde de demain ?
Je dirais à la fois la solidarité et la volonté de se différencier par tous les moyens possibles qui va parfois jusqu’à une mise en scène de soi. C'est-à-dire de faire des actes extraordinaires. On trouve chez les RLSH une envie de solidarité associée à un réalisme sur la société et le monde tels qu’ils sont : ils utilisent les canaux médiatiques existants au profit de leurs actions solidaires, pour les expliquer. On est là dans la sur-médiatisation.
Il y a aussi une tendance autour de la solidarité. A mon échelle, je vois une solidarité entre artistes autour de projets communs. Des collaborations entre artistes afin de faciliter pour l’un la compréhension d’une technique – pour moi ce fut travailler des matières, faire des figurines. Aujourd’hui, c’est moi qui aide ceux qui m’ont appris, à développer d’autres projets. C’est la notion de collectif, qu’on voit beaucoup en photo, notamment dans un esprit de résistance face à la crise des médias.
Donc solidarité, mise en scène de soi et collectif.

Quelle est la dernière innovation qui t'a vraiment marqué ?
Au niveau artistique, je suis fasciné par l’utilisation des jeux de lumière qui servent à remplir une pièce, comme si des objets y étaient. Un peu comme du light and think. J’aimerais bien utiliser ça plus tard.

Crédit photo : F.Ch. - La Depêche




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