journaliste-écrivain et directeur adjoint du journal Marianne
17 mars 2012
32eme Salon du Livre, Paris
Quelles sont d’après vous les trois tendances à l’œuvre aujourd’hui et qui font le monde de demain ?
La première est en lien avec le développement de la sobriété, pour deux raisons. Aussi parce que nous y sommes obligés – en raison de la crise qui s’est ouverte et qui va continuer sous la forme d’une succession de crises. Mais aussi parce que, et plus particulièrement en France, nous avons vécu une période de vulgarité, voire d’obscénité au sens philologique du terme – quand on se met en avant d’une manière inconséquente. Si j’étais cuistre, je dirais plus de jansénisme. Par antithèse du bing-bling.
La seconde tendance, en corrélation avec la première : plus de solidarité, toujours parce que la crise est là.
Et en troisième, je pense que nous allons aller vers plus de réflexion. Nous allons éprouver de plus en plus la nécessité de rassembler ce qui est épars. Car nous sommes tous de plus en plus éparpillés ; on veut de plus en plus nous distraire, c'est-à-dire nous extraire de nous-mêmes. Je pense qu’il va y avoir un autre mouvement, un retour de balancier pour se recentrer sur soi.
Comment voyez-vous l’avenir du livre et de la littérature?
Charles Dantzig vient de sortir une tribune dans Le Monde sur le populisme en littérature [« Du populisme en Littérature », Le Monde, 18 mars 2012 – NDLR] , c'est-à-dire sur la place de la réalité dans la littérature : je pense que ce sera le grand débat en matière de littérature. Autrement dit, où placer la frontière entre la fiction et ce que j’appelle la friction, et comment se positionner par rapport au monde réel.
Quelle est la dernière innovation qui vous a vraiment marqué ?
Le sentiment amoureux.
Crédit photo : SIPA
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Nous allons subir l’influence d’Uranus et de Pluton. Et les domaines liés à Pluton – pétrole, argent, haute finance – vont être complètement bousculés. La société va devoir se réinventer.
32eme Salon du Livre, Paris - 18 mars 2012
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Il s’est passé quelque chose de semblable dans les années 60 déjà, quand brusquement, tout ce qui était connu et commercial est devenu désuet. Les gens étaient fatigués, tout simplement, et ils ont pris un autre rythme. Je pense que nous allons revenir à ce moment là. Les gens voudront de ce luxe là.
32eme Salon du Livre, Paris - 17 mars 2012
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Quand vous ouvrez votre ordinateur, vous ouvrez un livre, et l’écran, c’est encore la page. Donc le format numérique n’a pas encore trouvé son format original. Il est toujours copié sur la page. Nous ne sommes pas encore sortis du livre papier.
32ème Salon du Livre, Paris - 18 mars 2012
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